Mercenaires de tous bords, Méfiez vous !
Amis des libertés : Gardons la même stratégie et changeons de tactique.
Souvent, on parle des oppressés et des
opprimés en Tunisie, on retient leurs noms et on oublie les oppresseurs et les
mercenaires. On oublie de les citer , ou souvent on les cite très peu , on les
confond assez souvent avec Ben Ali et on parle de régime , de pouvoir et de
dictature. Ceci est vrai en partie, mais il faut savoir que ce régime n’est
debout que parce qu’il est appuyé par des embouts qui doivent sauter. Et pour
les faire sauter, il ne faut pas hésiter, il ne faut pas lésiner sur les moyens,
il faut les dénoncer, leur envoyer des messages et préparer les plaintes contre
eux pour le jour J avant qu’ils changent de discours et avant que le peuple
-clément et miséricordieux- les oublie.
Il est temps de changer de
tactique – dénoncer les oppresseurs au lieu des oppressés – et c’est pour un but
stratégique : Juger TOUS les mercenaires dans un jour qui se rapproche de plus
en plus.
Ces mercenaires opportunistes vont essayer vite fait de retourner leur veste
une fois la situation change. Ce genre de comportement qu’on avait vécu entre
autres en 1987 est un comportement hypocrite qu’il faut anéantir. Des
agissements honteux et des applaudisseurs véreux qu’il faut soigner, éliminer ou
oublier – c’est relatif -.
Pour cela , je lance un appel à toutes les bonnes volontés et à tous les amis et
assoiffés de liberté pour constituer une liste à diffuser le plus largement
possible et qui doit contenir un grand nombre de mafiosi , opportunistes,
incompétents, sbires et voyous de la République.
Hors classe
- Zine El Abidine Ben Ali :
Président illégitime à 99.94%
Institutions
-
Abdallah Kallel : ex-ministre de l'intérieur - voir l'actualité
conçernant l'affaire Kallel en Suisse
-
Fathi Abdennadher
- Ali Chebbi
-
Samira Belhaj Khayache
-
Habib Ammar
-
Abderrahim Zouari
-
Abdelwaheb Abdallah
-
Hédi M'henni : actuel ministre de l'intérieur
- Abdelhamid Slama
- Rafik Belhaj Kacem
-
Ahmed Lyadh Ouderni
- Mohsen El Aroui
- Mohamed Gueddiche
- Lamjed Hamdani
- Sadok El Ouni
- Abdelkerim Azaïz
- Mehdi Hattab
- Omar Ben Mahmoud
- Zouhair Mdhaffar
- Abbes Mohsen
- Abdelaziz Ben Dhia
- Nejib Berriche
- Mohamed Haj Taïeb
- Alya Abdallah
- Leila Khayat
- Mehrez Becheikh
- Kamel Ayadi
- Nabil Sahli
- Mohamed Triki
- Noureddine Ben Farhat
- Abdelaziz Mabrouk
- Othman Ben Arfa
- Abdelaziz Châabane
- Habib Daldoul
- Khelil Belhouane
- Mohamed El Louati
- Bechir Bethabet
- Aïssa Hidoussi
- Mohamed Ben Ezzeddine
- Ghazi Jeribi
- Wahid Braham
- Mounir Ben Miled
- Fraj Daoues
- Adel Boussarsar
– Abdelhakim Khaldi
– Mohamed Chokri Ayachi
– Saïd Khalij
- Ahmed Naïja
- Feriel Beji
- Ahmed Mahjoub
-
Laroussi Bayoudh
-
Oussama Romdhani
-
Chedli Laroussi
-
Khedija Ghariani
Avocats
- Abdejlil Bouraoui
- Mahmoud M'hiri
- Mohamed Habib Aouida
- Lotfi Larbi
- Mohammed Lemkacher
- Habib Achour
- Samir Lâabidi
Forces de sécurité
-
Khaled Ben Saïd
- Walid Bellazreg
- Abderrahmane Gasmi dit Bokassa
- Ezzeddine Jenayeh
- Hassen Abid,
- Ali Mansour,
- Moncef Ben Guebila,
- Hamadi Hless,
- Ridha Chabbi ,
- Abdelhafidh Tounsi,
- Mahmoud Ben Amor
-
Tarak Bennour
-
Arbi Aïssa
Services pénitentiaires
- Ridha Boubakker
- Kamel Dra'ï
- Abderrazak Sahlaoui
- Fayçal Rommani
- Sahbi Atig
- Imed Ajmi
- Ahmed Lamari
- Imed El Ouni
Journalistes ou pseudo-journalistes
-
Mohamed Ben Ezzeddine
- Zohra Ben Romdhane (La Presse)
- Taïeb Zahhar (Réalités)
- Salah Al Hajja (Assarih)
- Abdelaziz Jeridi (Alhadath)
- Mohammed Ben Salah
- Sofiene Ben Hamida
- Razi Ganzoui
-
Jamila Mejri
-
Noureddine Boutar ( Radio Mosaïque )
Universitaires et intellectuels
-
Sadok Chaabane
- Mongi Safra
- Mezri Haddad
- Zouhair Mdhaffar
-
Mezri Haddad : philosophe RCD
Juges
-
Jedidi Ghenia
- Akram Mnekkebi
- Tahar Selliti
Médecins
-
Mokhtar Zbiba
- Ahmed Ghattas
Industriels et Hommes d’affaires
(voyous affairistes)
-
Neji Mhiri
- Lotfi Abdennadher
- Aziz Miled
- Mongi Loukil
- Abdelhamid Khechine
- Abelkader Hamrouni
- Jalel Ben Aïssa
-
Samira Maherzi
-
Slim Chiboub
-
Slim Zarrouk
- Mohamed Marouene Mabrouk
-
Sofiane Ben Ali
- Kaïs Ben Ali
- Moez Trabelsi
- Taoufik Chaïeb
-
Hachemi Jilani
- Mohamed Mehdi Mlika
- Afif Chiboub
Partis politiques et syndicats
Abdessalem Jrad : Vendeur de l'UGTT
-et à crédit- au régime de son ami Ben Ali
Mohamed Bouchiha : bouffon de la
République à 3.xx % - il l'a cru .
Experts comptables
Derbel, Bouaziz , Yaich,
Boussannouaga, Jerraya, Fourati.
Et plusieurs autres experts
comptables.
Mercenaires de tous bords, je vous ai averti ! |
|
Biographie de Ben Ali
BRÛLANT SECRET
Quel titre pourrait-on donner au roman de la vie de Zine El Abidine Ben Ali? Je
choisirais celui donné par Stefan Zweig à l’une de ses meilleures nouvelles : «
Brûlant secret »
Depuis qu’il est devenu l’étoile montante du régime au milieu des années
quatre-vingt, j’ai commencé à m’intéresser à ce personnage énigmatique, qui
agaçait Bourguiba par son mutisme. Un mutisme assourdissant. Au Fil des années,
en observant ce dictateur de loin, j’ai acquis une quasi-certitude : cet homme
cache un secret. Mais, lequel? Son vrai niveau scolaire? Sa médiocrité
intellectuelle? Ses relations secrètes avec les Américains? Sa mystérieuse
amitié avec Kamel Letaief ? A mesure que Ben Ali montait les échelons du pouvoir,
les points d’interrogations ne faisant qu s’ajouter les uns aux autres.
J’ai parfois l’impression que le tentaculaire système sécuritaire qu’il a bâti
au fil des années n’a pour mission, en résumé, que de veiller à ce que ce secret
reste secret! Les exemples ne maquent pas.
Pourquoi Ben Ali a-t-il fait assassiner l’étudiant Marwan Ben Zineb en 1989?
Pourquoi a-t-il fait incendier les locaux de Kamel Letaief dans la banlieue de
Soukra? Quelle est la nature des dossiers secrets que ce dernier détient encore?
Pourquoi maintient-il sa première femme Naima Kefi enfermée du palais de
Carthage? Que sait-elle de lui? Pourquoi son dossier de Saint-Cyr a-t-il
disparu?
Qui est Zine El Abidine Ben Ali? Quels sont les clefs qui pourraient nous aider
à déchiffrer sa personnalité? Si l’Histoire ne l’avait pas projeté au devant de
la scène politique tunisienne, il n’aurait attiré l’attention d’aucun
journaliste ni écrivain. Il serait aussi effacé et insignifiant que son collègue
de Saint-Cyr Mustapha Hacicha, l’officier qui commande le détachement militaire
d’honneur de la Présidence.
Trois événements majeurs ont marqué la carrière de Ben Ali :
· Son mariage avec Naima El Kefi.
· Sa nomination par Hedi Nouira en 1978 comme Directeur Général de la Sûreté
· Sa désignation comme Premier ministre par Bourguiba le 2 octobre 1987
Je vais, tout d’abord, tenter de dresser un portrait psychologique de ce petit
dictateur. Les biographes officiels de tous les dictateurs évitent toujours
d’évoquer ce volet essentiel qui peut nous aider à comprendre «ces malades qui
nous gouvernent. »
Toutes les sources, y compris ses biographies officielles en arabe et en
français, admettent que Ben Ali est né au sein d’une famille très pauvre de
Hammam Sousse le 3 septembre 1936. Son père était gardien au port de Sousse. La
famille était nombreuse et ses ressources limitées. La pauvreté n’est pas une
tare puisque personne ne choisit son lieu de naissance ni ses parents. Mais chez
certaines personnes la misère vécue pendant l’enfance peut laisser des traces
indélébiles et marquer la personnalité à jamais. Elles se traduisent par un
sentiment de frustration et d’une rancune inconsciente contre le destin.
Cette frustration peut rester latente pendant des années, mais dès qu’elle
trouve une « voie d’évacuation » elle s’exprime par des actes, qui jugés de
l’extérieur paraissent puérils. On comprendra plus tard, en examinant ses
actions et ses passions (construction des palais de Hammamet et Sidi Bou Saïd,
goût marqué pour la pompe et le luxe, folles soirées à Hammamet etc.) que Ben
Ali appartient à cette catégorie d’individus.
Les biographes officiels utilisent l’origine modeste de Ben Ali comme moyen de
propagande populiste : Ben Ali veut, sans aucun doute, gagner la sympathie des
couches pauvres du peuple.
La seule chance de Zine E-Abidine de sortir de la misère c’était les études. Il
réussit cahin-caha ses études primaires, mais sa médiocrité devient apparente
lorsqu’il débarque au Lycée de Garçons de Sousse. Garçon timide et réservé, il
passe inaperçu par ses profs et ses collègues. Son dossier ayant disparu
quelques jours après le putsch du 7 novembre 1987, il est difficile de savoir
son niveau scolaire réel. A-t-il été renvoyé à sa quatrième ou à sa cinquième
année d’études secondaires? Est-il un président bac moins trois ou bac moins
deux? Mystère.
Les biographies officielles parlent d’activités de résistance contre l’occupant
français pour expliquer son renvoi du Lycée. Or, ce passé de militant a été
inventé de toutes pièces quelques années après son accession au pouvoir.
Nous sommes au milieu des années cinquante, Ben Ali n’a pas encore 18 ans
lorsqu’il voit son avenir compromis. Il est acculé au chômage et au
désœuvrement. Il est plein de ressentiment envers sa condition sociale et ses
capacités intellectuelles très moyennes. Rien n’est plus pénible pour un
médiocre que d’être conscient de sa propre médiocrité. L’adolescent Zine
El-Abidine, révolté contre tous ses handicaps hérités et acquis, est encore
présent dans les comportements du petit dictateur d’aujourd’hui.
En psychologie comme en physique rien ne se perd rien ne se créé tout se
transforme. Tournant en rond, Zine El-Abidine craint de rater son « décollage
social. » Plusieurs jeunes Tunisiens de l’époque sont sortis de la misère grâce
aux études. Il a raté cette chance. En plus, il ne dispose pas des qualités d’un
autodidacte. Il ne s’intéresse ni aux livres ni aux arts. L’on remarquera
quelques décennies plus tard la haine que voue Ben Ali aux intellectuels, aux
écrivains et aux scientifiques. Un proverbe arabe dit : « On est toujours
l’ennemi de ce qu’on ignore » Le monde de l’esprit, de la réflexion, des arts et
de la littérature est complètement étranger à Ben Ali.
Baccouche faiseur de présidents
On dit que la chance ne sourit qu’une fois. Pourtant, elle a souri à Zine
Al-Abidine au moins trois fois!
Ironie du destin : celui qui a changé la vie de Ben Ali et lui a ouvert la voie
de l’ascension sociale sera trente ans plus tard renvoyé du poste de Premier
ministre et calomnié par la presse de caniveau. Hédi Baccouche, jeune militant
du Neo-Destour issu de Hammam Sousse, emprisonné par les Français au centre de
détention de Zaarour en 1952, jouit déjà en 1956, date de l’indépendance, du
prestige nécessaire pour aider Zine El-Abidine à joindre les rangs de la jeune
armée tunisienne. Le Destour était à l’époque en train de préparer une liste de
candidats sélectionnés pour une formation militaire en France. Comment expliquer
l’ingratitude de Ben Ali envers son bienfaiteur? Il faut avoir recours à la
psychologie pour comprendre la logique de l’ingratitude. L’Histoire pullule de
cas de tyrans et dictateurs ingrats. Le calife Abou Jaafar Al-Mansour a
assassiné celui qui l’a mis sur le trône, Abou Muslim El-Khorassani. Le premier
calife fatimide El Mehdi a réservé le même sort à son bienfaiteur, propagandiste
et bras droit Abou Abdillah.
Celui qui nous rend un service nous oblige. Plus le service est grand plus la
dette psychique est importante. Consciemment ou inconsciemment nous nous sentons
« petits » envers nos bienfaiteurs. L’ingratitude devient flagrante lorsque l’on
souffre déjà de sentiments d’infériorité. Or, tous les dictateurs, sans
exception, souffrent de sentiments d’infériorité. Ceux qui leur ont tendu la
main en période de difficulté, seront un jour « punis » d’avoir été «
supérieurs».
Staline, le pauvre séminariste de Georgie dont le père était un cordonnier
alcoolique, n’a fait en humiliant, emprisonnant et exécutant ceux qui l’ont aidé
à écarter son rival Trotski, que régler une dette psychologique insupportable.
Ben Ali n’échappe pas à la règle. Il se sent inférieur à Baccouche pour deux
raisons :
· Il était son intercesseur lorsqu’il a voulu joindre l’armée tunisienne.
· Il a non seulement obtenu son bac mais il a réussi ses études universitaires.
Ben Ali part donc en France avec d’autres jeunes tunisiens pour recevoir une
formation militaire. De retour à Tunis, il est immédiatement affecté au service
du général Kefi. Les circonstances de sa rencontre avec la fille du général ne
sont mentionnées par aucun de ses biographes. S’agit-il d’une véritable histoire
d’amour? Ben Ali a-t-il joué l’amoureux par arrivisme? Quel que soit la réponse,
son mariage avec la fille du « patron » ouvre au jeune officier des horizons
nouveaux. Sans cet heureux mariage, Ben Ali ne serait pas général en 1987. Ses
anciens collègues de Saint-Cyr étaient à cette époque colonels (Habib Ammar) ou
lieutenants-colonels (Mustapha Hachicha.). Grâce à son beau-père il va être
toujours sur la liste des militaires stagiaires envoyés en France ou aux USA.
L’adolescent frustré du milieu des années cinquante n’a plus à se plaindre : En
1964 il est à 28 ans le Directeur de la Sécurité Militaire. Le renseignement
correspond très bien à la personnalité timide et repliée de Zine El-Abidine. Il
n’a pas beaucoup de fréquentations et son poste le met un peu à l’écart des
chefs de l’armée. Il reste peu connu jusqu’à 1978.
Si feu Hedi Nouira ne l’avait pas invité en janvier1978 à quitter sa tenue
militaire et à devenir Directeur Général de la Sûreté au Ministère de
l’Intérieur, Ben Ali serait maintenant un paisible retraité de l’armée inconnu
de 99,94% des Tunisiens. Le Destin en a voulu autrement. Son passage au
Ministère de l’Intérieur va révéler Ben Ali à lui-même et aux Tunisiens.
Un apprenti bourreau
L’armée tunisienne, à part les deux dates tragiques du 26 janvier 1978 et du 2
janvier 1984, est dans son ensemble un corps sain qui respecte les règles
strictes de l’honneur militaire. Elle n’a jamais été impliquée dans des actes de
torture, d’exécutions sommaires ou de coups tordus. Il en est autrement pour les
forces de l’ordre.
Le passage de Ben Ali du militaire au sécuritaire va le transformer en un
monstre et révéler les points cachés de sa personnalité. Le Ministère de
l’Intérieur a été depuis les années Bourguiba, une école de vulgarité et de
bassesse. La médiocrité intellectuelle de Ben Ali va trouver un terrain propice
pour s’exprimer. C’est le coup de foudre : Enfin une spécialité qui n’exige rien
d’autre que la cruauté, le sadisme et la manipulation des instincts primitifs
des hommes. Le culte du secret, rattaché à de telles fonctions, s’accorde très
bien avec sa timidité et sa nature réservée. L’honorable officier et père de
famille va devenir un superviseur de bordels publics, un gérant de réseaux
d’indicateurs et de mouchards et l’instigateur d’opérations louches contre les
opposants. Bref, il retrouve ses « vraies racines » au sein de ce Ministère
malfamé.
Ben Ali quitte l’Intérieur pour les Affaires étrangères comme ambassadeur à
Varsovie suite aux événements tragiques de Gafsa en 1980. Mais son « exil » ne
durera pas plus que quatre ans. Le Premier ministre de l’époque, Mohamed M’zali
avait besoin de lui après les émeutes sanglantes de janvier 1984. Après sa
nomination en tant que Directeur de la Sûreté, puis comme secrétaire d’État à
l’Intérieur, il donna l’image d’un cadre dynamique et efficace. En quittant,
tard le soir, son bureau il dévale en quelques secondes les marches du Ministère
de l’Intérieur et regagne en toute vitesse la limousine noire qui l’attend
moteur en marche.
L’irrésistible ascension de Ben Ali
Le général Ben Ali va profiter de l’état de crise de la société tunisienne et du
système bourguibien pour asseoir son influence au sein du plus important
ministère en Tunisie. Il devient tellement puissant au fil des mois qu’il ose
espionner son « patron » Mohamed M’zali. Zine El-Abidine commence à venger ses «
années de braise» Il se sent maître d’un appareil redoutable qui tient toutes
les commandes du pays. Les étudiants du milieu des années quatre-vingt se
rappèleront toujours de la férocité avec laquelle il matait leurs
manifestations. C’est le début des méthodes musclées qui caractériseront
quelques années plus tard le système Ben Ali. Le recrutement intensif de
policiers et d’indicateurs commence aussi avec Ben Ali ministre de l’Intérieur.
Avec la destitution de M’zali et la nomination d’un Premier ministre sans
envergure, Rachid Sfar, Ben Ali commence à espérer tenir un rôle majeur dans
l’ère de l’après-Bourguiba. Il ne croyait pas encore être à la hauteur de la
Présidence. Sans l’appui de Hédi Baccouche et Habib Ammar, il n’aurait jamais eu
l’audace de destituer Bourguiba. Ses complices disent qu’il était très anxieux
la veille du coup d’État et que ce sont eux qui ont essayé de le rassurer quant
à l’issue heureuse du putsch.
Un président qui n’en croit pas ses yeux
Tous ceux qui ont suivi les évènements du 7 novembre 1987 ont vu un Ben Ali
nerveux et peu sûr de lui. Il n’a jamais rêvé de monter aussi haut dans la
hiérarchie du pouvoir. Lorsque la « bande des trois » a préparé le coup, on
s’est mis d’accord pour que la présidence incombe, quelques mois plus tard, à
Baccouche. Ben Ali ne serait présidant que parce que, d’après la Constitution,
c’est le Premier ministre qui succède au président en cas d’incapacité. Il
céderait ensuite sa place au plus « politisé » des trois, Hédi Baccouche.
Voilà donc le pauvre garçon timide, le raté des années cinquante, qui devient
président. « Un président malgré lui » ou presque. Ben Ali, l’homme de l’ombre,
est intimidé par les cameras et les projecteurs. Il s’y habituera avec le temps.
Il souffre de ne pouvoir lire correctement ses discours. Sa diction est
lamentable. Bourguiba était parfois agacé par cet homme taciturne et peu
éloquent. Malgré les efforts de ses « encadreurs », Ben Ali ne s’est guère
amélioré. Tous ceux qui ont suivi son discours improvisé devant les directeurs
des journaux « indépendants » en mai 2000 ont été choqués par la pauvreté de ses
idées et de son vocabulaire. C’est, ironiquement, son accession au pouvoir
suprême qui l’a démasqué et rendu visible sa médiocrité. Celui qui a posé la
question : « qui pense pour Ben Ali? » a bien compris que ce président est
intellectuellement vide. Ceci explique le pouvoir exorbitant qu’exercent
certains conseillers du président. Ben Ali a toujours besoin d’un « président
bis. » Cette fonction est assumée, aujourd’hui, par Abdelwahab Addallah,
l’éminence grise de Carthage.
Une jeunesse éternelle
Certains ont remarqué qu’au fil des années Ben Ali a changé : Il est devenu
obsédé par son look, a pris l’habitude de se faire teindre les cheveux, a
divorcé de sa première femme Naima Kefi pour épouser une femme plus jeune, s’est
fait construire deux palais, organise des soirées dignes des milles et une nuit
à Hammamet, tente de devenir président à vie etc.
Ben Ali a-t-il vraiment changé? Je ne le crois pas, on ne change pas de
personnalité à l’age de cinquante ans. Il faut faire un flash back aux années
quarante et cinquante pour comprendre le Ben Ali de 2001. Ce pauvre gamin pas
très beau, timide, maladroit et peu doué pour les études a enfin trouvé
l’occasion de prendre sa revanche sur le destin. Il n’a jamais osé espérer, même
dans ses rêves, devenir le maître absolu de la Tunisie. La majorité des
Tunisiens ne savent pas que leur président est un adolescent de soixante-cinq
ans. La présidence lui a donné la chance de venger toutes les frustrations de
son enfance.
Possédant déjà une villa à deux étages à Kantaoui, Ben Ali ne s’est pas contenté
de faire construire un palais de rêve a Merazka, une région touristique située
entre Nabeul et Hammamet, mais il a pris possession d’un terrain militaire à
Sidi Dhrif pour construire un second palais. Pour quelle raison a-t-il besoin de
plusieurs palais? Pourquoi se prend-il, durant ses folles soirées au palais de
Hammamet pour Haroun Al-Rachid? C’est tout simplement pour combler un vide
intérieur. N’étant ni intellectuel ni dilettante, il ne peut combler ce vide que
par l’accumulation des richesses, les plaisirs charnels et l’extase du pouvoir.
Le pouvoir est comme les drogues dures : il crée une accoutumance qui dégénère
en dépendance. Non seulement on ne peut plus arrêter, mais on augmente petit a
petit la dose nécessaire pour atteindre l’extase. Ben Ali ne peut plus arrêter.
Il se trouve maintenant dans un stade de dépendance avancé. Le pouvoir ou la
mort, un jeu du quitte ou double, une recherche effrénée de paradis artificiels
qui se révéleront les anti-chambres de Géhennes. Bourguiba junior a dit,
quelques jours après le 7 novembre 1987 : « Ben Ali a sauvé Bourguiba de
lui-même ». Malheureusement pour Ben Ali pas l’ombre d’un sauveur à l’horizon..
C’est Mephistopheles qui l’attend quelque part, caché dans les recoins de l’un
de ses palais. A force de jouer l’ « invulnérable » on ne fait plus partie du
royaume des hommes, Hadès devient plus proche que Gaia.
Quelqu’un a dit : « le pouvoir est le meilleur aphrodisiaque ». Pourtant, l’on
oublie qu’Éros est le jumeau de Tétanos.
OMAR KHAYYAM 25.09.2004 sur
Forum TuneZine
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