Les Nations Unies condamne la Tunisie pour des actes de torture pratiqués sur un défenseur des droits de l’Homme
Communiqué LTDH 26/02/2007
Soutien aux magistrats tunisiens du Syndicat de la Magistrature
LTDH Déclaration du 23.08.2006
Pour que vive la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
A la veille du 6ème congrés de la L.T.D.H communiqué CRLDH du 23 mai 2006
Communiqué du centre de Tunis pour l'indépendance de la justice 14.02.2006
Magistrats et avocats français se mobilisent pour leurs confrères tunisiens
Communiqué du centre de Tunis pour l'indépendance de la justice 02.12.2005
Mission d’observation du procès de Mohamed ABBOU à TUNIS - 27 au 29 avril 2005 ( rapport FIDH )
Article de RSF : Confirmation de la peine de Mohammed Abbou lors d'un nouveau "simulacre de procès"
Condamnation de Mohammed Abbou : RSF dénonce une "mascarade de procès"
Les Nations Unies condamne la Tunisie pour des actes de torture pratiqués sur un défenseur des droits de l’Homme
Le Comité contre la Torture des Nations Unies a conclu à la responsabilité de la Tunisie pour des actes de torture dans le cas Ben Salem c. Tunisie, Communication No. 269/2005. Le cas, porté par l’Organisation Mondiale Contre la Torture, a fait l’objet d’une décision lors de la 39ème Session du Comité contre la Torture, tenue à Genève, Suisse, et a été communiqué aux parties le 23 novembre 2007.
M. Ben Salem, le plaignant, est le fondateur de deux organisations tunisiennes de défense des droits de l’Homme – le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) et l’Association Tunisienne de Lutte contre la Torture (ALTT). En avril 2000, alors qu’il assistait à une manifestation en soutien à un collègue dont le passeport avait été confisqué par les autorités tunisiennes, M. Ben Salem, âgé de 67 ans au moment des faits, a été arrêté par des officiers de police en civil et sauvagement frappé, au point de perdre conscience. Après avoir reçu ces coups et alors qu’il était toujours inconscient, il a été conduit à la périphérie de Tunis et abandonné dans une zone désertique. Aujourd’hui, à l’âge de 74 ans, M. Ben Salem continue à souffrir en permanence de traumatismes crânien et du dos, en raison de la violence des mauvais traitements subis.
Peu de temps après l’incident, M. Ben
Salem a déposé plusieurs plaintes auprès des autorités judiciaires
tunisiennes, qui n’ont entrepris aucune action pour enquêter sur ses
allégations. En mai 2005, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)
a porté le cas devant le Comité contre la Torture qui a conclu que le
traitement subi par M. Ben Salem alors qu’il était aux mains d’agents de
la fonction publique constitue un acte de torture tel que définit à
l’article 1 de la Convention contre la Torture. Dans sa décision, le
Comité contre la Torture a déclaré que les preuves montrent que les
agents tunisiens l’ont torturé dans le but de le punir et de
l’intimider, du fait de ses activités en tant que défendeur des droits
de l’Homme.
De plus, le Comité contre la Torture a conclu que le fait que les
autorités tunisiennes n’aient pas engager d’enquête prompte et effective
concernant la plainte de M. Ben Salem, et qu’elles ne lui aient pas
ouvert de voie de recours, constitue une violation des articles 11, 12
et 13 de la Convention. Le Comité a précisé que la Tunisie a une
obligation d’enquêter et de poursuivre les auteurs de ces actes de
torture, ainsi que de fournir des compensations appropriées à M. Ben
Salem. En outre, la décision prévoit que la Tunisie a 90 jours pour
informer le Comité des mesures qu’elle aura prises afin de mettre en
œuvre cette décision.
Cette affaire est d’une importance particulière en ce qu’elle fait
partie des rares cas pour lesquels le Comité contre la Torture a conclu
que le traitement en question constituait un acte de torture tel que
défini à l’article 1 de la Convention. De plus, ce cas est révélateur
des pratiques d’intimidation, de harcèlement et de graves persécutions à
l’égard des défenseurs des droits de l’Homme, exercées par le
gouvernement tunisien. Des actions judiciaires contre des agents publics
qui ont commis des crimes de torture et de mauvais traitements sont
inexistantes en Tunisie. L’impunité pour des actes de torture reste donc
la règle plus que l’exception.
L’OMCT appelle le Gouvernement de Tunisie à saisir l’opportunité offerte
par cette décision de faire valoir sa volonté d’engager un processus
afin de mettre un terme aux effroyables constats de violations des
droits de l’homme, en donnant pleinement et immédiatement effet à la
décision du Comité.
Pour des informations
complémentaires, veuillez contacter :
Boris Wijkström
Conseiller juridique à l’OMCT
bw@omct.org
Genève, le 29 novembre 2007
Source : OMCT
Mohammed Abbou enfin libre !
Reporters sans frontières - Communiqué
24 juillet 2007
Reporters sans frontières se réjouit vivement de la libération, le 24 juillet
2007, de Mohammed Abbou, avocat et défenseur des droits de l’homme.
"Nous sommes extrêmement contents de la libération de Mohammed Abbou. Nous avons
une pensée pour son épouse et ses enfants qui vont enfin retrouver leur proche”,
a déclaré Reporters sans frontières.
“Mohammed Abbou n'aurait jamais dû être incarcéré. Près de deux ans et demi de
prison et d'innombrables brimades pendant sa détention : il a payé cher le prix
de son indépendance et de sa volonté d'informer librement ses concitoyens. Sa
femme, Samia Abbou, n'a pas non plus été épargnée par le harcèlement des
autorités. Elle a été régulièrement empêchée de rendre visite à son mari et
parfois malmenée par les gardiens".
"Nous remercions tous ceux qui sont intervenus en sa faveur, dont le chef de
l'Etat français, Nicolas Sarkozy, qui a évoqué le cas de Mohammed Abbou avec ses
interlocuteurs, lors de son récent voyage en Tunisie. Le gouvernement tunisien
et son président Zine el-Abidine Ben Ali doivent maintenant cesser de réprimer
brutalement les journalistes critiques et les démocrates", a ajouté
l'organisation, précisant que le chef de l'Etat tunisien figure parmi les 34
prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.
Joint par Reporters sans frontières Samia Abbou a confirmé que "Mohammed avait
été libéré" et qu'"il était en route pour la maison".
Emprisonné depuis le 1er mars 2005 à la prison du Kef, Mohammed Abbou avait été
condamné le 29 avril 2005 à trois ans et six mois de prison. Il était accusé
d'avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il
comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux
exactions de soldats américains à Abou Ghraib. Lors du procès, les observateurs
présents liaient plutôt la condamnation de l'avocat à un article publié sur
Internet quelques jours avant son arrestation, dans lequel il critiquait
l’invitation faite à Ariel Sharon d’assister à un sommet de l’ONU organisé à
Tunis et dénonçait, sur un ton ironique, la corruption de la famille du
Président.
Bureau Maghreb & Moyen-Orient
Reporters sans frontières
5 rue Geoffroy-Marie
F - 75009 Paris
33 1 44 83 84 78
33 1 45 23 11 51 (fax)
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Communiqué - 26 Février 2007
Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de
l’Homme
Maître Jalel Zoghlami est privé
de son droit au travail en tant qu’avocat depuis plus d’une année.
Après avoir été inscrit au tableau des avocats par le Conseil National de
l’Ordre des avocats, le Procureur Général auprès de la Cour d’Appel de Tunis,
adoptant une procédure sans précédent, a fait appel de cette décision empêchant
ainsi Maître Zoghlami d’exercer son métier et depuis, la date du procès n’a
toujours pas été fixée,
contrairement au reste des affaires concernant les décisions du Conseil de
l’Ordre.
Cette procédure fait suite à de nombreux procès entamés au cours de ces
dernières années à l’encontre de Monsieur Jalel Zoghlami afin de le sanctionner
pour ses opinions et ses activités politiques. La ligue a déjà dénoncé cet
acharnement judiciaire .
La LTDH condamne de nouveau la privation de Monsieur Jalel Zoghlami de son droit
au travail, appelle à mettre fin à cette injustice et à octroyer à l’intéressé
tous ses droits. La ligue exprime toute sa solidarité avec Monsieur Zoghlami et
sa famille face à tout ce qu’ils subissent.
Pour le Comité Directeur
Le Président
Mokhtar TRIFI
CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN
TUNISIE
Tunis le 27 février 2007
Jalel Zoghlami arbitrairement privé d’exercer sa profession d’avocat
Maître Jalel Zoghlami a été inscrit au barreau de Tunis le 25 novembre 2005
après avoir rempli toutes les conditions requises. Mais il a été privé de son
droit à exercer la profession d’avocat par les autorités publiques.
Victime d’un harcèlement judiciaire pour son engagement politique, Jalel Ben
Brik Zoghlami a été arbitrairement emprisonné à plusieurs reprises entre 2001 et
2005. Le dernier acte de ce feuilleton judiciaire a eu lieu en novembre 2004, la
Cour d’appel l’avait condamné à 8 mois de prison ferme à l’issue d’une parodie
de justice. Jalel Zoghlami venait d’obtenir son DEA de droit à Paris et la
condamnation visait, selon les ONG de droits humains, à l’empêcher d’intégrer le
barreau de Tunis.
Après avoir purgé sa peine, Jalel Zoghlami a présenté une demande d’inscription
au barreau qui a été acceptée. C’est alors que le ministère public s’oppose à la
décision du Conseil de l’ordre de Tunis et fait appel de cette décision le 7
janvier 2006. Mais, contre toute attente, aucune date n’est fixée pour
l’audience depuis plus d’un an ; et tant que le tribunal n’a pas statué sur son
cas, maître Jalel Zoghlami ne peut exercer sa profession.
Le CNLT
· considère que l’attitude du ministère public viole les droits élémentaires de
Jalel Zoghlami.
· Il estime que ce harcèlement judiciaire vise à sanctionner Jalel Zoghlami pour
ses opinions et ses activités d’opposant.
· Il exige la levée de cette mesure d’interdiction et l’intégration sans
condition de maître jalel Zoghlami au barreau de Tunis.
Pour le Conseil
La porte parole
Sihem Bensedrine
Communiqué de presse du Syndicat de la Magistrature (France) : Soutien aux magistrats tunisiens
Syndicat de la magistrature
12-14 rue Charles Fourier 75013 PARIS
tel 01 48 05 47 88 fax 01 47 00 16 05
mail : syndicat.magistrature@wanadoo.fr
site : www.syndicat-magistrature.org
Le Syndicat de la magistrature exprime sa solidarité au juge Wassila Kaabi, membre du bureau exécutif de l'association des magistrats tunisiens ( AMT), qui s'est vue interdite de quitter le territoire tunisien pour se rendre à un congrès de l'union internationale des magistrats à Budapest le 27 septembre 2006.
Les magistrats tunisiens ne disposent pas du droit de libre circulation puisqu'ils sont tenus de demander une autorisation au ministre de la justice qui refuse systématiquement à ceux d'entres eux suspectés d'être indépendants. Cette nouvelle violation des droits fondamentaux s'inscrit dans volonté du pouvoir politique tunisien de réduire au silence les défenseurs des droits de l'homme et de placer la justice sous tutelle. Le Syndicat de la magistrature rappelle notamment que :
- Le juge Mokhtar Yahyaoui, révoqué en 2001, s'était également vu interdire de sortir du territoire à plusieurs reprises.
- Au cours de l'année 2005, l'association des magistrats tunisiens était la cible du pouvoir pour avoir osé revendiquer un statut protecteur de l'indépendance de la justice. Les membres du bureau exécutif ont fait l'objet de mutations disciplinaires visant à paralyser toute action.
- Le 1er mars 2005, Me ABBOU était interpellé à Tunis et incarcéré. Il lui était reproché d’avoir publié sur un site internet un article dans lequel il comparait les conditions carcérales en Tunisie à celles dans la prison d’Abu Ghraïb en Irak.
- Au cours de l'année 2006, les pressions et les mesures de persécution se multipliaient à l'encontre des avocats. Le 9 mai 2006, les avocats du barreau de Tunis étaient violemment réprimés par les forces de l'ordre lors d'une manifestation contre un projet de loi visant à placer le recrutement et la formation des avocats sous la tutelle de l'état.
- Le 27 mai 2006, le pouvoir empêchait par la force la Ligue tunisienne des droits de l'homme de tenir son 6ème congrès. Témoin de cet événement, le syndicat de la Magistrature a dénoncé ces violations des droits fondamentaux graves et réitérées commises par le pouvoir exécutif aux différentes instances internationales.
- Le Syndicat de la magistrature réaffirme son soutien au
combat pour la défense des droits de l'homme en Tunisie et pour l'indépendance de la justice.Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l'Homme
Déclaration du 23 Août 2006
Plusieurs démarches et initiatives ont vu le jour au cours des dernières
semaines sous formes de pétitions, de communiqués, d’interviews et de
déclarations de presse axées sur la situation actuelle de la Ligue et ses
dangereuses implications.
Le Comité Directeur de la Ligue a eu à évoquer au cours de sa réunion du 22
août 2006, ces différentes manifestations dans la diversité de leurs
expressions et de leurs auteurs, et il a jugé nécessaire de rendre publiques
les précisions suivantes :
1- La récente multiplication de ces initiatives confirme, une fois de plus,
le bien fondé du choix fait par les instances dirigeantes de la Ligue – et
clairement exprimé en de multiples occasions au cours de ces derniers mois –
quant à la nécessité de tout mettre en œuvre pour dépasser la situation à
laquelle la Ligue est confrontée. Il y a eu bien sûr l’interdiction en
septembre puis en mai 2006 de la tenue du 6ème congrès national, mais il y
aussi l’acharnement du pouvoir visant à paralyser les activités de la Ligue
aussi bien au niveau central qu’au niveau régional en imposant notamment un
bouclage sécuritaire des plus sévères du siège de la Ligue, la
multiplication des entraves pour l’accès aux locaux des sections, y compris
pour les responsables dûment élus et l’interdiction arbitraire de toute
activité dans ses locaux.
La ligue n’a cessé d’affirmer, face à cette offensive continue, que cet état
de fait ne servait ni les intérêts ni ceux de notre pays.
2- Le Comité Directeur ne peut que déplorer l’attitude, pour le moins
problématique, d’un grand nombre de médias dont les organes sont
systématiquement ouverts – depuis le début de la prise est plus
particulièrement au cours des dernières semaines – aux voix favorables aux
initiatives et aux prises de positions critiques voire hostiles à la
direction de la Ligue sans que la possibilité soit donnée au Président de
celle-ci ou aux membres de son Comité Directeur d’exposer le point de vue de
notre association sur l’ensemble de questions débattues.
Dans le même temps et outre le large écho médiatique qui leur est accordé
par la presse officielle, un groupe d’adhérents a obtenu de disposer tout
récemment une salle dans un hôtel pour tenir une réunion consacrée à la
Ligue, alors que les structures élues et légitimes de cette dernière se
voient opposés systématiquement une fin de non recevoir pour organiser des
réunions dans les hôtels ou dans tout autre lieu y compris dans leurs
propres locaux.
3- Si le Comité Directeur prend positivement acte de la volonté affirmée par
tous les adhérents de la Ligue impliqués de près ou de loin dans ces
initiatives de ne pas mettre en cause les structures légitimes issues du
5ème congrès national, il n’en demeure pas loin et qu’ils doivent
impérativement être conscients que cela n’est pas suffisant. Il leurs faut
en effet, ne pas ignorer ou éluder la nécessité, qui constitue aujourd’hui
une priorité absolue, de réclamer et de la façon la plus claire que le
pouvoir – en sa qualité de second véritable protagoniste de la crise
actuelle - retire les procédures judiciaires engagées contre le Comité
Directeur et qu’il lève les entraves et les mesures restrictives mises en
place pour paralyser les activités du Comité Directeur légitime et des
structures de la Ligue dans les régions.
4- Le Comité Directeur insiste en effet qu’il est illusoire de continuer à
prétendre que la situation actuelle de la Ligue et la conséquence de
divergences internes et de l’absence présumée de dialogue dans ses rangs. Ce
type d’allégations procède d’une forme d’autisme et de négation d’une
réalité pourtant connue de tous et de toutes et dont les tenants et les
aboutissants sont avérés aussi bien au niveau national qu’au plan
international. Cette réalité se résume à un certain nombre de mesures
pratiques et concrètes dont le pouvoir assume l’entière responsabilité,
allant jusqu’à l’interdiction de la commémoration du 29èmme anniversaire de
la fondation de la LTDH ou la tenue d’une cérémonie de présentation des
condoléances à la suite du décès de notre cher défunt Adel Arfaoui, membre
de notre Comité Directeur. Au nombre de ces mesures arbitraire, il convient
d’accorder à la place qu’elle requiert à la grave décision discrétionnaire
de fermeture des locaux des sections de la Ligue sans aucune justification
juridictionnelle, légales ou même administratives. A cela s’ajoutent les
dizaines de procédures judiciaires engagées contre la Ligue, la rétention du
courrier de notre organisation et le blocage de son site Internet ainsi que
toute sorte d’entraves et les agressions violentes dont un certain nombre de
nos responsables et de nos militants ont été l’objet.
5- La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme a été, et
continue à être, la seule association non professionnelle où cohabitent, au
niveau de l’adhésion et des prises de responsabilités, toutes les
sensibilités intellectuelles et politiques présentes sur la scène nationale.
Cette situation – qui est une source de fierté pour toutes celles et tous
ceux qui se réclament de la Ligue – rejaillit positivement sur l’image de
notre pays et continue à faire de notre association un acquis national qu’il
faut préserver et renforcer en paroles et en actes.
Il est normal, dans ces conditions, que la Ligue connaisse des débats
internes et des divergences d’approches, d’appréciation et de prises de
position entre les uns et les autres ; Les choix qui engagent la Ligue étant
le fruit de la recherche constante d’un consensus conforme aux normes et aux
principes relatifs aux droits humains sur les quels notre association fonde
son engagement.
La Ligue est particulièrement soucieuse de promouvoir et de défendre en son
sein le droit à la différence comme pourraient en témoigner tous ceux qui
ont pu suivre de près ses activités au cours de ces dernières années et
notamment à l’occasion des travaux préparatoires du 6èmme congrès qui devait
se réunir en septembre 2005. Ce soucis du respect de la pluralité et de la
diversité a prévalu tout particulièrement lors des conférences régionales
organisées à cette occasion à Bizerte, Mahdia, Jendouba, Gabès et Tunis et
regroupant l’ensemble des comités de sections. Tout comme cela a été
illustré de façon constante lors de la tenue des différentes sessions du
Conseil National marqués par le sérieux et la profondeur de leurs
délibérations sur tous les sujets et tous les axes relatifs aux activités de
la Ligue, à ses méthodes de gestion, à son positionnement sur la scène
nationale, à ses relations internationales ainsi qu’aux questions liées au
financement de ses activités. En témoignent aussi les projets de documents
et de résolutions préparés pour être soumis au 6ème congrès en vue de leur
discussion, de leur amendement et de leur adoption par les congressistes au
nom de l’ensemble de nos adhérents.
6- Privilégiant le débat contradictoire et novateur, tout en veillant à se
conformer aux principes et aux normes qui sont nos repères fondamentaux, le
Comité Directeur ne prétend pas être infaillible.
Lors de notre prise de position, nous pouvons avoir eu tort ou raison mais
tout ce que nous décidons est susceptible d’être débattu et remis
éventuellement en cause de façon organisée à l’intérieur des structures de
la Ligue et dans le cadre d’une dynamique d’échanges et de confrontations
démocratiques fondée sur des acquis auxquels nul ne peut déroger.
Cela concerne le « tâayoush» c à d le « vivre ensemble » entre membres de la
Ligue, la recherche constante du consensus, l’autonomie des décisions de la
Ligue et la volonté de la voir jouer effectivement son rôle de défense des
droits humains et de diffusion de la culture de ces droits . Le CD a
d’ailleurs rappelé dans ses déclarations en maintes circonstances qu’en
fermant les locaux de la Ligue, l’un des objectifs recherché par le pouvoir
est de tenter d’isoler les instances d’encadrement de notre association par
rapport aux adhérents et par rapport aux citoyens qui ont eu à apprécier
particulièrement au cours des dernières années l’apport des réunions des
conférences organisées dans ces locaux.
Ainsi, le Comité Directeur n’a-t-il cessé de réclamer avec insistance, que
soit levé le siège sécuritaire imposé aux locaux de la Ligue afin que se
rétablisse ce contact, si positif et si fécond, entre les responsables de
nos structures, les adhérents mais aussi l’ensemble qui ont été intéressés
par nos activités.
7- Le Comité Directeur considère qu’il est par ailleurs de son devoir
d’apporter une fois de plus des éclaircissements des questions qui ont été
dans certains milieux une source de controverses plus ou moins spontanées.
Il s’agit de la question des rapports avec les partenariats extérieurs et la
question du financement provenant de sources étrangères.
- Sur le premier point le Comité Directeur se contente de rappeler les
développements consacrés à cette question dont le projet de document qui
devait être soumis au congrès en septembre 2005. Il y est notamment mis
l’accent sur le fait que « les Comités Directeurs qui se sont succédés à la
tête de la Ligue ont accordé une importance cruciale à la consolidation de
la place et du rang de la LTDH dont les partenariats et les réseaux arabes,
méditerranéen, africaines et internationaux des organisations non
gouvernementales (ONG) intervenant dans le domaine des droits humains. Dans
cette entreprise, la LTDH a établi en son capital militant et rayonnement
local et régional. Le renforcement de la place et du rang de la Ligue au
niveau international demeure une priorité de la direction de la Ligue dans
la mesure où l’action pour la promotion et la protection des droits humains
procède d’un engagement aux références étiques et juridiques universelles ».
- Les relations avec les instances étatiques gouvernementales et les
représentations diplomatiques étrangères doivent être régies, quant à elles,
par une démarche claire et dénuée de toute ambiguïté. Les relations doivent,
en effet, être exclusivement de type protocolaire, écartant tout ce qui peut
être perçu comme des relations de connivence avec des gouvernements
étrangers.
- Les militants de la Ligue sont aussi concernés que tous les autres
citoyens par la préservation de l’indépendance de décision et de
souveraineté nationales car ils apprécient pleinement les sacrifices
consentis par les générations qui nous ont précédés pour réaliser
l’indépendance de notre pays. A ce titre, ils sont naturellement jaloux d’en
préserver le prestige et les intérêts supérieurs. Aussi prennent-ils
totalement leurs responsabilités en ce domaine, assumant leur rôle avec
toute la vigilance requise à l’égard des positions officielles des
gouvernements étrangers qui sont naturellement tributaires de considérations
fondées sur leurs intérêts étatiques propres.
Peut-on être plus clair que nous le sommes dans le refus de toute forme
d’ingérence et de toute instrumentalisation de la Ligue de la part de tout
gouvernement étranger ou représentation de toute diplomatique quel qu’ils
soient ? Et peut-on être plus clair dans la détermination, qui est la notre,
à assumer en tant que Ligue une approche nationale fondée sur la
préservation du prestige et des intérêts supérieurs de notre pays ?
- Le second niveau est relatif à la question du financement provenant de
sources étrangères. Cette question, faut-il le rappeler avec insistance, a
été débattue en maintes occasions au sein des structures de la Ligue et le
Comité Directeur a eu l’occasion à réitérer à plusieurs reprises sa position
constante en la manière. Celle-ci consiste à dire clairement que la Ligue
n’appelle pas au recours au financement extérieur dans la mesure où elle a
préconisé – et qu’elle préconise toujours – la promulgation d’une loi sur le
financement des associations à partir des ressources budgétaires de l’État
tout comme cela se pratique pour les partis.
Ce financement doit toutefois être codifié légalement. Il doit être
équitable et il ne doit en aucune manière se fonder dans les critères
d’allégeance au pouvoir.
Le Comité Directeur est d’autant plus choqué par l’accusation de
«financement extérieur » lancée contre la Ligue que nul n’ignore que nombre
d’associations proches, ou mises sur le compte, du pouvoir et du parti
gouvernemental bénéficient de financements étrangers y compris ceux
provenant de sources qui sont, pour le moins que l’on puisse dire,
suspectes.
8- Sur un tout autre plan, le Comité Directeur tient à rendre hommages aux
anciens dirigeants de la Ligue, présidents et membres des comités directeurs
et aux personnalités nationales de tous les milieux qui ont pris
l’initiative de créer une commission nationale de soutien à la LTDH.
Le Comité Directeur leur réitère l’expression de sa gratitude et réaffirme
sa pleine et totale disposition à travailler et à coopérer avec cette
commission nationale afin de tout mettre en œuvre pour favoriser les
conditions les meilleures de développement de notre association dont
l’authenticité, l’ancrage national et le rayonnement international doivent
tant aux efforts et aux sacrifices consentis par des générations successives
de militants et de militantes.
Le Comité Directeur tient enfin à réaffirmer à ces « anciens » de la Ligue
ainsi qu’à tous les militants de la Ligue et, par delà eux, à l’ensemble de
l’opinion nationale, sa totale disponibilité à remplir pleinement son rôle
pour contribuer à sortir la Ligue de la situation dangereuse à laquelle elle
est confrontée et qui constitue une grave menace pour son existence en tant
qu’institution et pour son avenir.
Aussi réitérons nous notre appel au pouvoir en vue de l’ouverture d’un
dialogue responsable et approfondi qui abordera l’ensemble des problèmes en
débat, l’objectif de ce dialogue étant de sauvegarder la Ligue en tant
qu’organisation de défense des droits de l’homme indépendante de toute
obédience et jouant pleinement son rôle de protection des droits humains et
des libertés fondamentales.
Pour le Comité Directeur
Le Président
Mokhtar TRIFI
Source : Tunisnews
Tunisie: le verdict du procès de la LTDH reporté à octobre
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AP | 08.07.06 | 16:43
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TUNIS (AP) -- Le tribunal de 1ère instance de Tunis a
renvoyé samedi au 14 octobre prochain le verdict du procès intenté contre le
comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) par des
membres de cette organisation proches du parti au pouvoir, a-t-on appris de
source judiciaire.
Ce nouveau report prolonge de plus de trois mois le marathon judiciaire
enclenché depuis septembre dernier à la suite d'une plainte déposée par une
vingtaine de membres de la LTDH qui accusent la direction actuelle d"'abus de
pouvoir et de violation du règlement intérieur de la ligue". Ils contestent les
fusions "illégales" de sections opérées par le comité directeur dans le but,
selon eux, de les en exclure.
Alors que le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, ne cesse de marteler que
cette contestation est "noyautée" par le pouvoir dans le but de "mettre au pas"
l'organisation, les autorités nient toute interférence dans cette affaire,
parlant de "crise interne" à la Ligue.
Dans un premier jugement en référé, le tribunal avait suspendu la tenue du
congrès de la LTDH initialement prévu en septembre, en attendant l'examen de
l'affaire au fond. Fixées au 28 mai dernier, en dépit de cette décision de
justice, ces assises avaient été interdites par les autorités.
Toujours est-il que le renvoi à octobre du prononcé du verdict devrait donner le
temps à de nouvelles tractations en vue de rechercher une solution à cette
crise. Selon l'un des plaignants, Me Chédli ben Younès, une initiative serait en
cours dans ce sens, impliquant notamment d'anciens dirigeants de la LTDH. AP
Tunisie: grève de protestation du Conseil de l'ordre des avocats
TUNIS (AP) -- Les membres du Conseil national de l'ordre des avocats
tunisiens (CNOAT) ont débuté samedi une grève de la faim pour "défendre les
droits des avocats et leurs revendications professionnelles", selon un membre du
conseil, Me Chawki Tabib.
Les journalistes ont été empêchés par les forces de l'ordre d'accéder à la
Maison du barreau, située en face du palais de justice de Tunis, où se déroule
la grève. Aucun incident n'a cependant été enregistré.
Joint par téléphone, le bâtonnier Abdessattar ben Moussa, a déclaré que cette
manifestation, qui se poursuivra pendant deux jours, vise essentiellement à
"défendre l'indépendance de la profession" et à "protester contre les agressions
subies par les avocats et la violation mardi dernier par les forces de l'ordre
des locaux du conseil et des bureaux du bâtonnier".
Cette grève prend le relais d'un sit-in observé pendant plus de deux semaines
par des avocats qui dénonçaient une loi controversée récemment adoptée par le
Parlement. Selon le CNOAT, la loi instituant le premier institut de formation
des avocats "porte atteinte à l'indépendance du barreau" et n'a pas pris en
compte les propositions formulées par la corporation.
Deux représentants du barreau de Paris, Mes Jean-René Farthouat et Dominique
Tricaud, se trouvent à Tunis en signe de solidarité avec leurs confrères
tunisiens. Ils comptaient aussi assister avec l'eurodéputée Verte Hélène Flautre
à l'ouverture du congrès de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme
(LTDH).
Mais celui-ci n'a pu se tenir, l'accès au siège central de la Ligue situé dans
le quartier d'El Omrane, dans la périphérie de Tunis, ayant été bloqué par les
forces de l'ordre dans l'après-midi. De vifs échanges ont opposé le président de
la LTDH, Me Mokhtar Trifi, aux policiers qui interdisaient l'accès du siège à
des diplomates américains et européens et autres invités.
Ce congrès est officiellement suspendu par décision de justice en attendant le
verdict prévu le 3 juin dans le procès opposant des membres de la LTDH, pour
l'essentiel proches du pouvoir, au comité directeur de la Ligue. AP
Source Nouvel Observateur
Pour que vive la Ligue Tunisienne des Droits de
l’Homme
Exigeons la tenue de son 6ème Congrès
Une fois de plus La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
(LTDH) se trouve dans un moment crucial dans sa longue histoire de combat pour
le triomphe de la culture démocratique et le respect des droits du citoyen. Le
régime vient en effet de lui dénier son droit légitime d’organiser son 6éme
congrès prévu pour les journées du 27et 28 mai 2006 à Tunis. A la veille de la
tenue du congrès décidée unanimement par le conseil national de l’association,
un huissier vient d’informer officiellement sa direction que le congrès sera
interdit d’avoir lieu. Ceci confirme l’éventuelle intervention des forces de
l’ordre pour entériner cette décision.
Depuis son dernier congrès en 2000, la LTDH n’a cessé d’être la cible
privilégiée d’attaques, d’harcèlements et de répression tout azimut de la part
du régime tunisien. Quatre grandes étapes ont jalonné cette escalade méthodique
et programmée pour la mettre au pas et entraver par tous les moyens le
fonctionnement normal de ses structures.
Après avoir, dans un premier temps tenté d’invalider les résultats du 5éme
congrès en décrétant la nullité de sa tenue par le recours devenu « classique »
à la justice, aux ordres du régime, à l’instigation de 4 adhérents qui
intentèrent un procès monté de toute pièce, il s’est attelé dans un deuxième
temps à l’organisation d’un travail de sape systématique des élections au niveau
des sections locales. Pour ce faire il n’a épargné aucun recours, de l’envoi de
barbouzes à sa solde, à la provocation, à l’intimidation, aux agressions
physiques contre les militants, et même aux pressions exercées sur les
propriétaires des sièges des sections locales pour les contraindre à résilier
leur bail de location etc.
Vint ensuite le gel de ses ressources financières sous prétexte de
non-solution de litige juridique. Une ruse cousue de fil blanc dont le but
inavoué était d’asphyxier financièrement la LTDH, de la mettre hors d’état de
nuire et de l’empêcher de poursuivre normalement ses activités.
Déterminée et résolue à défendre coûte que coûte son droit à l’existence, la
LTDH n’en pas moins continué à opposer contre vent et marée une résistance
farouche, revendiquent avec force, tour à tour son droit et à tenir son congrès
et à mener sa mission conformément aux objectifs qu’elle s’était tracée depuis
sa création en 1978.
Devant cette détermination, le régime a fait monter d’un cran l’escalade
répressive en décrétant en ultime recours, et dans le mépris le plus total des
principes élémentaires de la liberté d’association garantie par la loi et par
les conventions internationales, l’interdiction de la tenue du 6éme congrès de
la LTDH.
Il va sans dire que son obstination à vouloir liquider à tous prix l’un des
derniers bastion de la culture démocratique en Tunisie augure d’un vaste projet
de destruction du reste réseau associatif et l’éradication des derniers espaces
de parole et d’action, déjà fragilisés par la longue durée de répression
systématique inscrite au cœur de la politique de ce régime depuis sa prise du
pouvoir. Cette nouvelle tentative de main mise sur les canaux qui alimentent
notre résistance quotidienne à la dictature fait également suite à d’autres
tentatives qui ont successivement visé l’association des magistrats, le syndicat
des journalistes et le barreau des avocats afin de les domestiquer
définitivement pour en faire des instruments dociles au service de sa politique
répressive.
Nous Tunisiennes et Tunisiens de France et d’Europe :
v Saluons le courage et l’abnégation des ligueurs qui ont su imposer au pouvoir,
dans un admirable élan de combativité, leur propre calendrier, au lieu de subir
le sien comme nous le faisions depuis des lustres.
v Soutenons la LTDH dans son combat légitime pour la tenue de son congrès.
v Dénonçons fermement la politique répressive du régime tunisien à l’encontre
des composantes de la société civile et les différentes agressions policières
exercées actuellement contre les avocats et les militants de droit de l’Homme en
Tunisie.
v Appelons les citoyen(ne)s tunisien(ne)s et les ami(e)s démocrates de la
Tunisie à exprimer leur solidarité avec la LTDH dans son combat de longue
haleine.
v Organisons une permanence de solidarité et de vigilance avec la L.T.D.H le
samedi 27 mai à partir de 12h au siège de l’Association des Tunisiens en France
(ATF), 130 rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris .
Signataires:
Abdellatif BEN SALEM, Anouar KANZARI, Mohamed-Lakdhar ELLALA, Tarek BEN HIBA,
Ied DAHMANI, Mohamed SMIDA, Nadia CHAABANE, Rabeh ARFAOUI, Abdessattar BEJI,
Khmaïes KSILA, Omaya SEDDIK, Naceur ELFAHEM, Fathi TLILI, Soufiane MAKHLOUFI
Source www.tunisnews.net 24.05.2006
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de
l'Homme en Tunisie
A la veille du 6eme congrès de la Ligue tunisienne pour la
défense des droits de l’homme (LTDH) et au lendemain de celui de la section
tunisienne d’Amnesty International, la répression policière s’abat de nouveau
sur les avocats tunisiens
Comme annoncé précédemment par l’Ordre national des avocats tunisiens et réitéré
par M. le Bâtonnier Ben Moussa (communiqués du 09/05/06), les avocats tunisiens
étaient appelés, mardi 23 mai 2006, à manifester à l’échelle nationale leur
rejet catégorique de la loi scélérate portant création de l’institut de
formation des futurs avocats ; celle-ci fut en effet votée en catimini (le 9 mai
2006) par une Assemblée nationale dépourvue de légitimité car réduite à une
servile boite de résonance des décisions arbitraires du Parti-Etat-RCDiste au
pouvoir (voir Communiqué du CRLDHT du 9 mai 2006).
Parallèlement aux graves atteintes portées à nouveau à l’intégrité physique et
morale des avocats dans l’enceinte même du Palais de justice le jour du vote de
ladite loi, et le sit-in permanent qui s’en est suivi, ainsi qu’à la grève de la
faim enclenchée par une trentaine d’avocates, les avocats ont dû affronter, le
mardi 23 mai 2006, des «forces de l’ordre» en nombre impressionnant qui , après
les avoir encerclés au niveau de l’esplanade du Palais de justice de Tunis, les
ont «chargés» ensuite avec une rare brutalité : prés d’une vingtaine d’avocats
se sont ainsi vus mettre à terre, roués de coups de pieds et de matraques (sans
parler des obscénités et autres vulgarités, désormais familières) : Me Saïda
Garrach, Me Abderrazak Kilani (membre du Conseil National), Me Ayachi Hammami,
Me Samir Dilou, Me Khaled Krichi, entre autres, ont été, à des degrés divers,
gravement blessés ; Me Abderraouf Ayadi s’est vu, quant à lui, déchiré
sauvagement sa robe d’avocat… preuve s’il en était besoin du mépris haineux que
voue ce régime à la profession d’avocat !
Pire encore, cette journée –incontestablement une des plus sombres de l’histoire
du despotisme tunisien– s’est poursuivie par l’effraction du bureau du Bâtonnier
suivie d’une échauffourée entre les bandes de policiers et les membres du
Conseil national présents sur place qui ont en vain essayé d’empêcher les
agresseurs de saccager le bureau du Bâtonnier et d’emporter avec eux, tels des
vandales, les documents confidentiels appartenant à l’Ordre national des
avocats.
Ces atteintes scandaleuses, d’une gravité sans précédent, perpétrées lâchement
par les autorités tunisiennes à l’endroit d’une entité représentative
démocratiquement élue (le Conseil national de l’ordre des avocats tunisiens /
CNOAT) et contre l’ensemble de la profession arrivent au lendemain de
l’expulsion de Yves Steiner, représentant de la section suisse d’Amnesty
international. Celui-ci assistait à l’assemblée générale de la section
tunisienne dont le président, Hichem Osman, a été transféré de Sousse à Tunis
pour être interrogé par la police sur les travaux de l’assemblée de la section.
Ces atteintes s’ajoutent à l’arbitraire qui ne cesse de s’abattre sur la LTDH,
dont la tenue du 6ème Congrès (prévu pour les 27 et 28 du mois en cours) demeure
hypothéqué par une décision politique, totalement infondée, maquillée sous les
oripeaux d’une « ordonnance de référé-suspension ».
Force est de constater, encore une fois, que le régime liberticide s’attaque à
nouveau aux deux organisations intimement liées à la défense des droits et
libertés des citoyens tunisiens (réduits à des « sujets » passifs de
l’arbitraire) : l’Ordre national des avocats tunisiens et la Ligue tunisiennes
des droits de l’homme, dont les rôles respectifs dans la défense de l’Etat de
droit véritable (c-à-d démocratique), du procès équitable, des libertés
fondamentales, de la démocratie, de l’autonomie des organisations de la société
civile, etc. les placent dans la ligne de mire d’un régime anti-démocratique qui
ne tolère pas qu’on s’écarte un tant soit peu de sa ligne !
Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT),
tout en dénonçant avec une extrême indignation la poigne de fer imposée par la
dictature aux composantes démocratiques et militantes de la société civile
tunisienne ;
Réitère son soutien total et inconditionnel aux avocats tunisiens et à leurs
organes légitimes dans leur combat contre l’exclusion, la répression et le
dénigrement dont ils sont l’objet notamment de la part du ministre de la Justice
; celui-ci tentant vainement de jeter le discrédit sur eux à travers une
compagne médiatique de diffamation.
Assure Yves Steiner, Hichem Osman, les responsables et les membres de la section
tunisienne d’Amnesty international de son entière solidarité et soutien et
dénonce les actions d’intimidation dont ils ont été la cible.
Exprime à la LTDH son soutien indéfectible dans sa lutte exemplaire pour
préserver son indépendance ainsi que la tenue, aux dates prévues, de son 6ème
Congrès ; il l’assure de tous ses efforts pour développer la mobilisation
internationale. C’est dans ce cadre que le CRLDHT a poursuivi les contacts et
les démarches avec ses partenaires français, européens et tunisiens, afin de
mobiliser les ONG internationales et les personnalités pour se rendre en Tunisie
en signe de solidarité et de soutien avec la LTDH, les avocats et tous les
défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie. De même, plusieurs
initiatives publiques sont prévues en France et en Europe.
Paris, le 23 mai 2006
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l'Homme
21ter rue Voltaire - FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
contact@crldht.org / www.crldht.org
CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA
JUSTICE
RUE 8002 ESPACE TUNIS IMMEUBLE A MONTPLAISIR 1002 TUNIS
Tel: 00216 71 950.400 / 00216 71 950.420
Portables : 00216 98 667 463 / 00216 98 327 175
Fax: 00216 71 950.370
E-mail akilani@gnet.tn
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Tunis le 2006/2/14
COMMUNIQUE
Magistrats et avocats français se mobilisent pour leurs confrères tunisiens
AFP, jeudi 15 décembre 2005
Le Syndicat de la magistrature, l'Union syndicale des magistrats,
FO-Magistrature, la Conférence des bâtonniers et l'Ordre des avocats
de Paris "conjurent" la
Au cours d'une conférence de presse à
"C'est devenu quelque chose de banal que des avocats se fassent agresser", a déclaré l'avocate tunisienne militante des droits de l'Homme, Radhia Nasraoui, qui a raconté comment des confrères s'étaient fait agresser "dans la rue ou au sein même des palais de justice", avaient eu leur bureau saccagé ou leurs clients découragés de venir les voir.
Elle a cité le cas des défenseurs de l'avocat Mohamed Abbou, condamné en avril à trois ans et demi de prison pour "délit d'opinion", qui "n'ont pas le droit d'obtenir une copie du dossier ou de rendre visite à leur client".
Le secrétaire général de la Ligue tunisienne de défense des droits
de l'Homme, Khemais Ksila, qui vit en exil en
Pierre Lyon-Caen, avocat général honoraire à la Cour de cassation, plus haute instance judiciaire française, et membre du Syndicat de la Magistrature (gauche), a plaidé en faveur de l'Association des magistrats tunisiens et de l'Ordre des avocats tunisiens, "victimes de mesures contraires aux engagements internationaux souscrits par la Tunisie".
COMMUNIQUE
CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA
JUSTICE
LE CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE, informe, l'opinion
publique, qu'après le jugement de rejet rendu le 01/12/2005, suite à
l'action en référé introduite par le bureau légitime de l'Association
des Magistrats Tunisiens, tendant à la suspension de l'AGE Elective,
convoquée par le comité provisoire "putchiste" dirigé par Monsieur
Khaled Abbas, trois magistrats adhérents : Mme Leila Bahria, Mr. Ahmed
Khlifi et Mr Hamadi Rahmani ont introduit un nouveau référé d'heure à
heure tendant à suspendre l'Assemblée Générale Elective.
L'affaire a été fixée par le président du Tribunal de Première Instance
de Tunis devant la chambre présidée par le juge Mr Belgacem Barrah dont
le nom figure sur la liste des magistrats signataires du document
présenté comme étant "la pétition" ayant retiré la confiance au bureau
exécutif légitime de l'association présidé par Mr Ahmed Rahmouni.
A l'audience du 02/12/2005, les avocats conduits par leur Bâtonnier
Maître Abdessatar Ben Moussa ont en application de l'article 248 de code
de Procédure Civile et commerciale, récusé le juge Monsieur Barrah pour
avoir précédemment exprimé une opinion dans le litige; puisque en
signant la dite "pétition", il s'était rangé dans le camp des
défendeurs.
Ne pouvant ignorer ces faits, le juge aurait dû en application de
l'article 250 du même code se récuser de lui même mais au lieu de cela,
il a demandé aux avocats de plaider sur le fonds; chose qui a été refusé
par les avocats des demandeurs.
Le jugement a été mis en délibéré pour demain le 03/12/2005.
D’autre part il est porté à la connaissance de l’opinion publique que
les magistrats : Ahmed Rahmouni, Assia Labidi et Leila Bahria ont étés
convoqué à se présenter au prés de l’inspection générale des affaires
judiciaire auprès du ministère de la justice demain samedi 03 décembre
2005. Les convoqué sont tous des membres actifs des structures légitimes
de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT).
La réunion de soutien à l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT)
organisé par la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et prévu
pour aujourd’hui n’a pu être tenu à cause de son interdiction par la
police dont des effectifs importants ont barré tous les accès au siège
de la LTDH et empêché tous ceux qui se sont déplacés pour cette raison
d’entrer.
Le Président du Centre
Mokhtar Yahiaoui
Tunis le 02/12/2005
Mission d’observation du procès de Mohamed ABBOU à TUNIS - 27 au 29 avril 2005 - Rapport de la FIDH du 23/08/2005
Rapport de mission de Dorothée Le FRAPER du HELLEN Avocat près la Cour d’appel de MONTPELLIER mandatée par la FIDH et la CIJ
A la demande de la Commission Internationale de Juristes (CIJ) et de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), je me suis rendue à Tunis (TUNISIE) du 27 au 29 avril 2005 pour assister, en qualité d’observateur judiciaire, au procès de Maître Mohamed ABBOU, avocat au Barreau de Tunis, qui se tenait le 28 avril devant le Tribunal de première instance de Tunis, chambre correctionnelle.
Comité International pour la Libération
de Mohamed Abbou
Les avocats ne sont pas en
vacances
TunisNews du 08.07.2005
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Par Christophe AYAD samedi 11 juin 2005
L'avocat tunisien, condamné en avril à trois ans et demi de prison, a vu sa peine maintenue par la cour d'appel de Tunis, vendredi, à l'issue d'un procès émaillé d'incidents. Tous les avocats de la défense se sont retirés en protestant contre l'absence de conditions pour un «jugement équitable». Pour le barreau tunisien, Mohamed Abbou, 39 ans, a été condamné dans le cadre d'un «procès politique pour délit d'opinion» : il avait critiqué l'invitation de Ben Ali à Sharon au Sommet mondial sur la société de l'information, en novembre à Tunis, et comparé les prisons de son pays à celle d'Abou Ghraib. Les avocats tunisiens ont observé 52 jours de sit-in, avant d'y mettre fin le 26 mai.
Source : Libération
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Article paru dans le Nouvel Obs du 10.06.05
TUNIS (AP) -- Le procès de l'avocat dissident tunisien
Mohamed Abou devant la cour d'appel de Tunis a été marqué vendredi par
des rebondissements qui ont débouché sur le retrait des avocats de la
défense, a constaté l'Associated Press sur place.
«Nous avons décidé de nous retirer parce que les conditions d'un procès
équitable sont inexistantes», a justifié le bâtonnier Abdessattar Ben
Moussa.
Bien avant l'ouverture du procès, un cordon sécuritaire renforcé
filtrait l'entrée de l'enceinte judiciaire, donnant lieu à des heurts
entre avocats et forces de l'ordre.
Me Abou avait été condamné en première instance, le 28 avril dernier, à
3 ans et demi d'emprisonnement dans deux affaires distinctes. La peine a
été confirmée vendredi soir par la présidente de la cour, Faïza Snoussi.
L'avocat dissident avait écopé de deux ans de prison pour «agression»
d'une consoeur lors d'une réunion d'avocats. Dans la deuxième affaire,
qui lui a valu 18 mois de prison, il était poursuivi pour «publication
d'écrits de nature à troubler l'ordre public» et «outrage à
l'institution judiciaire», à la suite de deux articles publiés sur
Internet.
L'un comportait une critique virulente du pouvoir pour l'invitation
adressée au Premier ministre israélien Ariel Sharon à participer au
Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) prévu en novembre
prochain à Tunis. L'autre comparait les prisons tunisiennes à celle
d'Abou Ghraïb, en Irak, où des soldats américains ont torturé et humilié
des prisonniers irakiens.
Dès le début du procès qui se déroulait dans une salle archicomble, en
présence de nombreux diplomates occidentaux notamment de France, des
Etats-Unis, d'Espagne, Des Pays-Bas et de Finlande et d'observateurs
d'organisations non-gouvernementales (FIDH, Amnesty International et
Reporters sans frontières) et de barreaux étrangers, un incident a
éclaté entre la défense et la présidente de la cour.
En demandant à l'accusé de répondre aux questions «en s'en tenant aux
faits», la juge a provoqué les protestations des avocats de la défense
qui estimaient que leur client avait «le droit de s'expliquer» sur les
circonstances de «l'agression» dont il était accusé contre une consoeur.
Jugeant que le climat qui prévalait ne lui permettait plus de «diriger
l'audience dans des conditions normales», la présidente de la cour a
levé la séance et ordonné de faire évacuer la salle.
Après plusieurs suspensions, la séance a repris en milieu d'après-midi.
Mécontents de voir nombre de leurs collègues devant plaider empêchés
d'accéder à la salle d'audience, les avocats ont décidé de se retirer.
Peu après, la juge annonçait la confirmation du jugement de première
instance. AP
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Article paru dans Le Monde du 15.05.05
Depuis le 5 avril, les avocats tunisiens observent un sit-in de protestation à la Maison du barreau, face au palais de justice, à Tunis. Ils protestent ainsi contre l'arrestation de leur confrère, Me Mohammed Abbou. Cet avocat de 39 ans a été condamné le 28 avril à trois années et demie de prison après avoir critiqué sur Internet le président Ben Ali et l'invitation faite au premier ministre israélien, Ariel Sharon, à se rendre au sommet mondial de l'information (SMI), organisé par l'ONU en novembre à Tunis.
Pour avoir volé au secours de son confrère Abbou, un deuxième avocat, Me Fawzi Ben Mrad, est sous les verrous depuis le 3 mai. Il a été condamné à quatre mois de prison pour « outrage à magistrat ». Quatre autres avocats sont par ailleurs menacés de radiation pour le même motif, mais dans le cadre de poursuites disciplinaires réclamées par le parquet. L'ordre des avocats devait se réunir, samedi 14 mai, en assemblée générale extraordinaire, pour décider de la suite à donner au mouvement de protestation. - (Corresp.)
Source http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-900809,0.html
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قصر العدالة شارع باب بنات تونس
تونس في 14 ماي 2004
لائـحـة
إن الجلسة العامة الخارقة للعادة التي عقدتها الهيئة الوطنية للمحامين بتونس يوم 14/05/2005 تطبيقا لاحكام الفصل 53 من القانون المؤرخ في 07/09/1989 المنظم لمهنة المحاماة وبرئاسة العميد الأستاذ عبد الستار بن موسى وبعد استعراضها للاعتداءات الخطرة التي طالت المحاماة أفرادا وهياكل في المدة الأخيرة والتي اتخذت نسقا تصاعديا وغير مسبوق.
بعد استعراضها للاعتداء الذي تعرض له العميد يوم 16 مارس 2005 من قبل قاضي التحقيق الثاني بالمحكمة الابتدائية بتونس.
وبعد استعراضها لمحاكمة الأستاذ محمد عبو الذي أوقف من اجل التعبير عن رأيه وما اتسمت به من هضم فظيع لحقوق الدفاع ومن مسّ صارخ بشروط المحاكمة العادلة وخرق لأبسط قواعد الإجراءات وتنفيذ عاجل.
وبعد استعراضها لمحاكمة الأستاذ فوزي بن مراد وما مثلته من اعتداء صارخ على حصانة المحامي حين أدائه لرسالته وما تميزت به من استعجال وهدر لحقوق الدفاع وتنفيذ حيني للعقاب.
وبعد استعراضها للاعتداء الذي تعرضت غليه الأستاذة سنية بن عمر من طرف مدير السجن المدني بالكاف واحد معاونيه وما تبعه من فتح تتبعات جزائية ضدّها.
وبعد وقوفها على مطلب الوكيل العام لدى محكمة الاستئناف بتونس الموجه إلى السيد رئيس الفرع الجهوي للمحامين بتونس قصد إحالة الأساتذة راضية النصراوي وعبد الرؤوف العيادي والعياشي الهمامي وسنية بن عمر على مجلس التأديب.
وبعد تدارسها للبيان الصادر عن المجلس الأعلى للقضاء المجتمع بصورة استثنائية يوم 03 ماي 2005.
وبعد استعراضها لمآل المطالب المهنية وما شهدته من تعثر في إنجاز الإصلاحات الجوهرية
1- تعبر عن إدانتها للاعتداء الذي طال رمز المحاماة من قبل قاضي التحقيق الثاني بالمحكمة الابتدائية بتونس وتؤكد أنه يمثل اعتداء على كافة المحاميات والمحامين وهي سابقة خطيرة لم تشهد المحاماة والقضاء لها مثيلا.
2- تعبر الجلسة العامة عن تضامنها ومساندتها لعميد الهيئة الوطنية للمحامين وتطالب باتخاذ الإجراءات التأديبية اللازمة ضدّ المعتدي وإرجاع الاعتبار لمز المحاماة التونسية.
3- تطالب بإطلاق سراح الزميلين محمد عبو وفوزي بن مراد وإيقاف التتبعات الجزائية ضدّ الزملاء المذكورين أعلاه والرجوع في مطلب الوكالة العامة لدى محكمة الاستئناف بتونس والقاضي بفتح تتبع تأديبي ضدّ الاستاتذة راضية النصراوي وسنية بن عمر وعبد الرؤوف العيادي وعياشي الهمامي.
4- تطالب من السلط العمومية وضع حدّ نهائي للاعتداءات على المحامين ولتدخل أعوان الأمن من غير الضابطة العدلية في المحاكم.
5- تطالب بتنقيح القانون المنظم لمهنة المحاماة فورا وخاصة الفصل 46 بما يضمن حصانة المحامي أثناء مرافعاته وعند تقديمه لتقاريره وبما يؤمن للمحامي حرمته الجسدية والمعنوية وحرمة مكتبه.
6- تطالب من السلط المعنية الإسراع بإصدار النصوص القانونية والترتيبية التي تضمن توسيع مجال عمل المحامي وتحقق بقية مطالب المحامين المشروعة والمتعلقة بإحداث معهد للمحاماة يكون المدخل الوحيد للمهنة ويؤمن التكوين الأساسي والمستمر كتوفير التغطية الاجتماعية والصحية لكافة المحامين دون المس من استقلالية المهنة.
7- تثمن كافة النضالات التي خاضها المحامون من اجل الدفاع عن كرامة المحامي واستقلالية المهنة كما تقرر الجلسة العامة خوض النضالات التالية:
· التجمعات الدورية والمستمرة بكافة المحاكم التونسية
· مقاطعة التساخير
· مقاطعة الإعانات العدلية
· الامتناع عن الترافع أمام الدوائر الجنائية
· إضراب الجوع
· وتفوض الجلسة العامة لمجلس الهيئة الوطنية للمحامين ضبط تاريخ وكيفية تنفيذ هذه الأشكال النضالية واتخاذ أشكال نضالية أخرى كلما اقتضت الحاجة.
Tunisnews du 19/05/2005
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Condamnation de Mohammed
Abbou : RSF dénonce une "mascarade de procès"
(RSF/IFEX) - L'avocat Mohammed Abbou a été condamné, dans la nuit du 28 au 29 avril 2005, à trois ans et six mois de prison. Il a été reconnu coupable d'une agression physique datant de 2002 et d'avoir diffusé "de fausses informations" sur Internet. RSF dénonce une "mascarade de procès".
"Mohammed Abbou a été condamné à l'issue d'un procès qui a bafoué les règles les plus élémentaires du droit. Les charges retenues contre lui sont sans fondement. Il est en réalité sanctionné pour avoir critiqué sur Internet la corruption du pouvoir tunisien. L'ironie est cruelle : il sera en prison lorsque s'ouvrira à Tunis, en novembre 2005, le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), une conférence sur la circulation de l'information sur le Réseau. Nous appelons les États démocratiques à conditionner leur venue au SMSI à la fin de la répression de l'Internet tunisien et à la libération de Mohammed Abbou".
L'avocat, qui avait été arrêté le 1er mars, a été jugé dans le cadre de deux affaires. Il a été condamné à deux ans de prison pour avoir prétendument agressé physiquement l'un de ses confrères, en 2002, lors d'une conférence. Les avocats de Abbou ont refusé de plaider concernant ce dossier, dont ils n'ont pris connaissance que quelques jours avant l'audience. Selon la militante des droits de l'homme et avocate Radhia Nasraoui, "aucun élément tangible n'est venu appuyer cette accusation, à part une attestation médicale non signée et sans valeur juridique. De nombreux témoins auraient pu attester qu'aucune agression n'a été commise lors de cette conférence de 2002".
Dans le second dossier, Abbou a été condamné à un an et demi de prison pour avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il comparait les tortures infligées en Tunisie à des prisonniers politiques aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib. Toutefois, selon de nombreux observateurs présents au procès, sa condamnation serait due en réalité à un autre article, publié sur Internet quelques jours avant son arrestation, dans lequel il critiquait l'invitation faite à Ariel Sharon d'assister au SMSI et dénonçait, sur un ton ironique, la corruption de la famille du Président. Selon un autre de ses avocats, Ayadi Raous, Abbou est aujourd'hui "l'otage personnel de Ben Ali". ______________________________________________________________________________________________________________________
Paris, le 13 mai 2004
Mohamed Abbou : encore une leçon de dignité
Le Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou informe l’opinion publique nationale et internationale que Maître Abbou a décidé de mettre fin à sa grève de la faim.
Il a annoncé cette décision à sa femme qui est allée lui rendre visite hier à la prison du Kef. L’avocat kidnappé et illégalement emprisonné depuis le premier mars dernier, a pris cette décision après que ses avocats lui aient recommandé de le faire. Mohamed Abbou a par ailleurs confirmé à son épouse et son avocate Leila Ben Mahmoud que la revendication principale de sa grève de la faim était d’améliorer la situation de ses co-détenus et de leur permettre l’accès au soin.
Admiré à l’extérieur de la prison, Mohamed Abbou l’est aussi à l’intérieur. Ses co-détenus et ses geôliers lui vouent respect et admiration.
Toutefois, les autorités carcérales continuent de le priver de ses correspondances. Toutes les lettres, qu’il doit recevoir de sa femme ou qu’il lui envoie, ne parviennent jamais à leur destination.
Il est inadmissible que le régime tunisien continue ses basses besognes à l’encontre de Mohamed Abbou en le privant lui et sa famille des seuls droits qui lui restent : maintenir des liens avec sa famille.
Le Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou dénonce ses pratiques d’un autre temps, il condamne par ailleurs fermement la répression policière de la délégation qui a voulu rendre une visite de sympathie et de solidarité à la famille de l’autre avocat illégalement emprisonné : Faouzi Ben Mrad.
Le Comité Intenational pour la Libération de Mohamed Abbou réclame la libération immédiate et inconditionnelle des deux avocats et la fin du harcèlement de Maître Sonia Ben Amor, et au-delà, l’arrêt de la campagne de dénigrement qui vise à discréditer les avocats libres.
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou
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Paris, le 09 mai 2005
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Paris, le 09 mai 2005
Et la campagne
continue… Le CILMA reçu au siège de l’UMP
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Les avocats ne sont plus seuls
La résistance héroïque des avocats est en train de faire école.
Les journalistes indépendants viennent d’emboîter le pas à leurs concitoyens.
Lotfi Hajji président du syndicat des journalistes tunisiens est en butte à un harcèlement de tous les instants, et ce depuis la publication d’un communiqué puis d’un rapport cinglant sur la situation alarmante de la presse tunisienne présenté au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ce vendredi 6 mai.
Aujourd’hui encore, il a été à nouveau convoqué (par téléphone) par les policiers zélés de la Sécurité de l’État qui lui ont proféré comme à l’accoutumée des menaces et des propos orduriers.
D’autre part Naji Bghouri, l’un des trois journalistes (Mohsen Abderrahmane et Ziad Heni) de la très officielle Association des Journalistes Tunisiens qui viennent de rompre le silence, a été arrêté pendant de longues heures aujourd’hui et interrogé sur le rapport édifiant qu’ils viennent de rendre public et dans lequel ils épinglent le manque d’indépendance et de professionnalisme de la presse tunisienne.
Naji Bghouri a été remis en liberté après qu’on lui ait notifié des charges qui ressemblent à l’épée de Damoclès : diffamation d’instances publiques et judicaires, incitation des citoyens à la rébellion…
Les journalistes sont montés au créneau et font preuve d’un courage et d’une dignité qui forcent le respect et appellent le soutien.
La bravoure des avocats est en train de faire tâche d’huile auprès de Tunisiens plus que déterminés à sortir de leur léthargie et défendre leur droit à la liberté et à la démocratie.
Il est à remarquer que toutes ces manifestations de résistance à l’arbitraire sont suivies de près et avec attention (selon nos amis à Tunis) par les chancelleries occidentales qui s’intéressent de plus en plus à ce sursaut de dignité.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou exprime son soutien indéfectible aux journalistes dans leur quête de liberté et appelle à maintenir la pression jusqu’à la libération de Mohamed Abbou et Faouzi Ben Mrad.
Paris, le 07 mai 2005