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Les Nations Unies condamne la Tunisie pour des actes de torture pratiqués sur un défenseur des droits de l’Homme

Le Comité contre la Torture des Nations Unies a conclu à la responsabilité de la Tunisie pour des actes de torture dans le cas Ben Salem c. Tunisie, Communication No. 269/2005. Le cas, porté par l’Organisation Mondiale Contre la Torture, a fait l’objet d’une décision lors de la 39ème Session du Comité contre la Torture, tenue à Genève, Suisse, et a été communiqué aux parties le 23 novembre 2007.

M. Ben Salem, le plaignant, est le fondateur de deux organisations tunisiennes de défense des droits de l’Homme – le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) et l’Association Tunisienne de Lutte contre la Torture (ALTT). En avril 2000, alors qu’il assistait à une manifestation en soutien à un collègue dont le passeport avait été confisqué par les autorités tunisiennes, M. Ben Salem, âgé de 67 ans au moment des faits, a été arrêté par des officiers de police en civil et sauvagement frappé, au point de perdre conscience. Après avoir reçu ces coups et alors qu’il était toujours inconscient, il a été conduit à la périphérie de Tunis et abandonné dans une zone désertique. Aujourd’hui, à l’âge de 74 ans, M. Ben Salem continue à souffrir en permanence de traumatismes crânien et du dos, en raison de la violence des mauvais traitements subis.

Peu de temps après l’incident, M. Ben Salem a déposé plusieurs plaintes auprès des autorités judiciaires tunisiennes, qui n’ont entrepris aucune action pour enquêter sur ses allégations. En mai 2005, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) a porté le cas devant le Comité contre la Torture qui a conclu que le traitement subi par M. Ben Salem alors qu’il était aux mains d’agents de la fonction publique constitue  un acte de torture tel que définit à l’article 1 de la Convention contre la Torture. Dans sa décision, le Comité contre la Torture a déclaré que les preuves montrent que les agents tunisiens l’ont torturé dans le but de le punir et de l’intimider, du fait de ses activités en tant que défendeur des droits de l’Homme.

De plus, le Comité contre la Torture a conclu que le fait que les autorités tunisiennes n’aient pas engager d’enquête prompte et effective concernant la plainte de M. Ben Salem, et qu’elles ne lui aient pas ouvert de voie de recours, constitue une violation des articles 11, 12 et 13 de la Convention. Le Comité a précisé que la Tunisie a une obligation d’enquêter et de poursuivre les auteurs de ces actes de torture, ainsi que de fournir des compensations appropriées à M. Ben Salem. En outre, la décision prévoit que la Tunisie a 90 jours pour informer le Comité des mesures qu’elle aura prises afin de mettre en œuvre cette décision.

Cette affaire est d’une importance particulière en ce qu’elle fait partie des rares cas pour lesquels le Comité contre la Torture a conclu que le traitement en question constituait un acte de torture tel que défini à l’article 1 de la Convention. De plus, ce cas est révélateur des pratiques d’intimidation, de harcèlement et de graves persécutions à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme, exercées par le gouvernement tunisien. Des actions judiciaires contre des agents publics qui ont commis des crimes de torture et de mauvais traitements sont inexistantes en Tunisie. L’impunité pour des actes de torture reste donc la règle plus que l’exception.

L’OMCT appelle le Gouvernement de Tunisie à saisir l’opportunité offerte par cette décision de faire valoir sa volonté d’engager un processus afin de mettre un terme aux effroyables constats de violations des droits de l’homme, en donnant pleinement et immédiatement effet à la décision du Comité.

Pour des informations complémentaires, veuillez contacter :

Boris Wijkström

Conseiller juridique à l’OMCT

bw@omct.org

Genève, le 29 novembre 2007

Source  : OMCT


Mohammed Abbou enfin libre !


Reporters sans frontières - Communiqué

24 juillet 2007
Reporters sans frontières se réjouit vivement de la libération, le 24 juillet 2007, de Mohammed Abbou, avocat et défenseur des droits de l’homme.

"Nous sommes extrêmement contents de la libération de Mohammed Abbou. Nous avons une pensée pour son épouse et ses enfants qui vont enfin retrouver leur proche”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Mohammed Abbou n'aurait jamais dû être incarcéré. Près de deux ans et demi de prison et d'innombrables brimades pendant sa détention : il a payé cher le prix de son indépendance et de sa volonté d'informer librement ses concitoyens. Sa femme, Samia Abbou, n'a pas non plus été épargnée par le harcèlement des autorités. Elle a été régulièrement empêchée de rendre visite à son mari et parfois malmenée par les gardiens".

"Nous remercions tous ceux qui sont intervenus en sa faveur, dont le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, qui a évoqué le cas de Mohammed Abbou avec ses interlocuteurs, lors de son récent voyage en Tunisie. Le gouvernement tunisien et son président Zine el-Abidine Ben Ali doivent maintenant cesser de réprimer brutalement les journalistes critiques et les démocrates", a ajouté l'organisation, précisant que le chef de l'Etat tunisien figure parmi les 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.

Joint par Reporters sans frontières Samia Abbou a confirmé que "Mohammed avait été libéré" et qu'"il était en route pour la maison".

Emprisonné depuis le 1er mars 2005 à la prison du Kef, Mohammed Abbou avait été condamné le 29 avril 2005 à trois ans et six mois de prison. Il était accusé d'avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib. Lors du procès, les observateurs présents liaient plutôt la condamnation de l'avocat à un article publié sur Internet quelques jours avant son arrestation, dans lequel il critiquait l’invitation faite à Ariel Sharon d’assister à un sommet de l’ONU organisé à Tunis et dénonçait, sur un ton ironique, la corruption de la famille du Président.


Bureau Maghreb & Moyen-Orient
Reporters sans frontières
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Communiqué - 26 Février 2007
Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme

Maître Jalel Zoghlami est privé de son droit au travail en tant qu’avocat depuis plus d’une année.
Après avoir été inscrit au tableau des avocats par le Conseil National de l’Ordre des avocats, le Procureur Général auprès de la Cour d’Appel de Tunis, adoptant une procédure sans précédent, a fait appel de cette décision empêchant ainsi Maître Zoghlami d’exercer son métier et depuis, la date du procès n’a toujours pas été fixée,
contrairement au reste des affaires concernant les décisions du Conseil de l’Ordre.

Cette procédure fait suite à de nombreux procès entamés au cours de ces dernières années à l’encontre de Monsieur Jalel Zoghlami afin de le sanctionner pour ses opinions et ses activités politiques. La ligue a déjà dénoncé cet acharnement judiciaire .

La LTDH condamne de nouveau la privation de Monsieur Jalel Zoghlami de son droit au travail, appelle à mettre fin à cette injustice et à octroyer à l’intéressé tous ses droits. La ligue exprime toute sa solidarité avec Monsieur Zoghlami et sa famille face à tout ce qu’ils subissent.

Pour le Comité Directeur
Le Président
Mokhtar TRIFI


CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE

Tunis le 27 février 2007

Jalel Zoghlami arbitrairement privé d’exercer sa profession d’avocat

Maître Jalel Zoghlami a été inscrit au barreau de Tunis le 25 novembre 2005 après avoir rempli toutes les conditions requises. Mais il a été privé de son droit à exercer la profession d’avocat par les autorités publiques.

Victime d’un harcèlement judiciaire pour son engagement politique, Jalel Ben Brik Zoghlami a été arbitrairement emprisonné à plusieurs reprises entre 2001 et 2005. Le dernier acte de ce feuilleton judiciaire a eu lieu en novembre 2004, la Cour d’appel l’avait condamné à 8 mois de prison ferme à l’issue d’une parodie de justice. Jalel Zoghlami venait d’obtenir son DEA de droit à Paris et la condamnation visait, selon les ONG de droits humains, à l’empêcher d’intégrer le barreau de Tunis.
Après avoir purgé sa peine, Jalel Zoghlami a présenté une demande d’inscription au barreau qui a été acceptée. C’est alors que le ministère public s’oppose à la décision du Conseil de l’ordre de Tunis et fait appel de cette décision le 7 janvier 2006. Mais, contre toute attente, aucune date n’est fixée pour l’audience depuis plus d’un an ; et tant que le tribunal n’a pas statué sur son cas, maître Jalel Zoghlami ne peut exercer sa profession.

Le CNLT
· considère que l’attitude du ministère public viole les droits élémentaires de Jalel Zoghlami.
· Il estime que ce harcèlement judiciaire vise à sanctionner Jalel Zoghlami pour ses opinions et ses activités d’opposant.
· Il exige la levée de cette mesure d’interdiction et l’intégration sans condition de maître jalel Zoghlami au barreau de Tunis.

Pour le Conseil
La porte parole
Sihem Bensedrine


Communiqué de presse du Syndicat de la Magistrature (France)  : Soutien aux magistrats tunisiens

Syndicat de la magistrature

12-14 rue Charles Fourier   75013 PARIS

tel 01 48 05 47 88    fax 01 47 00 16 05

mail : syndicat.magistrature@wanadoo.fr

site : www.syndicat-magistrature.org

Le Syndicat de la magistrature exprime sa solidarité au juge Wassila Kaabi, membre du bureau exécutif de l'association des magistrats tunisiens ( AMT), qui s'est vue interdite de quitter le territoire tunisien pour se rendre à un congrès de l'union internationale des magistrats à Budapest le 27 septembre 2006.

Les magistrats tunisiens ne disposent pas du droit de libre circulation puisqu'ils sont tenus de demander une autorisation au ministre de la justice qui refuse systématiquement à ceux d'entres eux suspectés d'être indépendants. Cette nouvelle violation des droits fondamentaux s'inscrit dans volonté du pouvoir politique tunisien de réduire au silence les défenseurs des droits de l'homme et de placer la justice sous tutelle. Le Syndicat de la magistrature rappelle notamment que :

- Le juge Mokhtar Yahyaoui, révoqué en 2001, s'était également vu interdire de sortir du territoire à plusieurs reprises.

- Au cours de l'année 2005, l'association des magistrats tunisiens était la cible du pouvoir pour avoir osé revendiquer un statut protecteur de l'indépendance de la justice. Les membres du bureau exécutif ont fait l'objet de mutations disciplinaires visant à paralyser toute action.

- Le 1er mars 2005, Me ABBOU était interpellé à Tunis et incarcéré. Il lui était reproché d’avoir publié sur un site internet un article dans lequel il comparait les conditions carcérales en Tunisie à celles dans la prison d’Abu Ghraïb en Irak.

- Au cours de l'année 2006, les pressions et les mesures de persécution se multipliaient à l'encontre des avocats. Le 9 mai 2006, les avocats du barreau de Tunis étaient violemment réprimés par les forces de l'ordre lors d'une manifestation contre un projet de loi visant à placer le recrutement et la formation des avocats sous la tutelle de l'état.

- Le 27 mai 2006, le pouvoir empêchait par la force la Ligue tunisienne des droits de l'homme de tenir son 6ème congrès. Témoin de cet événement, le syndicat de la Magistrature a dénoncé ces violations des droits fondamentaux graves et réitérées commises par le pouvoir exécutif aux différentes instances internationales.

- Le Syndicat de la magistrature réaffirme son soutien au combat pour la défense des droits de l'homme en Tunisie et pour l'indépendance de la justice.


Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l'Homme  

Déclaration  du 23 Août 2006


Plusieurs démarches et initiatives ont vu le jour au cours des dernières semaines sous formes de pétitions, de communiqués, d’interviews et de déclarations de presse axées sur la situation actuelle de la Ligue et ses dangereuses implications.

Le Comité Directeur de la Ligue a eu à évoquer au cours de sa réunion du 22 août 2006, ces différentes manifestations dans la diversité de leurs expressions et de leurs auteurs, et il a jugé nécessaire de rendre publiques les précisions suivantes :

1- La récente multiplication de ces initiatives confirme, une fois de plus, le bien fondé du choix fait par les instances dirigeantes de la Ligue – et clairement exprimé en de multiples occasions au cours de ces derniers mois – quant à la nécessité de tout mettre en œuvre pour dépasser la situation à laquelle la Ligue est confrontée. Il y a eu bien sûr l’interdiction en septembre puis en mai 2006 de la tenue du 6ème congrès national, mais il y aussi l’acharnement du pouvoir visant à paralyser les activités de la Ligue aussi bien au niveau central qu’au niveau régional en imposant notamment un bouclage sécuritaire des plus sévères du siège de la Ligue, la multiplication des entraves pour l’accès aux locaux des sections, y compris pour les responsables dûment élus et l’interdiction arbitraire de toute activité dans ses locaux.

La ligue n’a cessé d’affirmer, face à cette offensive continue, que cet état de fait ne servait ni les intérêts ni ceux de notre pays.

2- Le Comité Directeur ne peut que déplorer l’attitude, pour le moins problématique, d’un grand nombre de médias dont les organes sont systématiquement ouverts – depuis le début de la prise est plus particulièrement au cours des dernières semaines – aux voix favorables aux initiatives et aux prises de positions critiques voire hostiles à la direction de la Ligue sans que la possibilité soit donnée au Président de celle-ci ou aux membres de son Comité Directeur d’exposer le point de vue de notre association sur l’ensemble de questions débattues.

Dans le même temps et outre le large écho médiatique qui leur est accordé par la presse officielle, un groupe d’adhérents a obtenu de disposer tout récemment une salle dans un hôtel pour tenir une réunion consacrée à la Ligue, alors que les structures élues et légitimes de cette dernière se voient opposés systématiquement une fin de non recevoir pour organiser des réunions dans les hôtels ou dans tout autre lieu y compris dans leurs propres locaux.

3- Si le Comité Directeur prend positivement acte de la volonté affirmée par tous les adhérents de la Ligue impliqués de près ou de loin dans ces initiatives de ne pas mettre en cause les structures légitimes issues du 5ème congrès national, il n’en demeure pas loin et qu’ils doivent impérativement être conscients que cela n’est pas suffisant. Il leurs faut en effet, ne pas ignorer ou éluder la nécessité, qui constitue aujourd’hui une priorité absolue, de réclamer et de la façon la plus claire que le pouvoir – en sa qualité de second véritable protagoniste de la crise actuelle - retire les procédures judiciaires engagées contre le Comité Directeur et qu’il lève les entraves et les mesures restrictives mises en place pour paralyser les activités du Comité Directeur légitime et des structures de la Ligue dans les régions.

4- Le Comité Directeur insiste en effet qu’il est illusoire de continuer à prétendre que la situation actuelle de la Ligue et la conséquence de divergences internes et de l’absence présumée de dialogue dans ses rangs. Ce type d’allégations procède d’une forme d’autisme et de négation d’une réalité pourtant connue de tous et de toutes et dont les tenants et les aboutissants sont avérés aussi bien au niveau national qu’au plan international. Cette réalité se résume à un certain nombre de mesures pratiques et concrètes dont le pouvoir assume l’entière responsabilité, allant jusqu’à l’interdiction de la commémoration du 29èmme anniversaire de la fondation de la LTDH ou la tenue d’une cérémonie de présentation des condoléances à la suite du décès de notre cher défunt Adel Arfaoui, membre de notre Comité Directeur. Au nombre de ces mesures arbitraire, il convient d’accorder à la place qu’elle requiert à la grave décision discrétionnaire de fermeture des locaux des sections de la Ligue sans aucune justification juridictionnelle, légales ou même administratives. A cela s’ajoutent les dizaines de procédures judiciaires engagées contre la Ligue, la rétention du courrier de notre organisation et le blocage de son site Internet ainsi que toute sorte d’entraves et les agressions violentes dont un certain nombre de nos responsables et de nos militants ont été l’objet.

5- La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme a été, et continue à être, la seule association non professionnelle où cohabitent, au niveau de l’adhésion et des prises de responsabilités, toutes les sensibilités intellectuelles et politiques présentes sur la scène nationale. Cette situation – qui est une source de fierté pour toutes celles et tous ceux qui se réclament de la Ligue – rejaillit positivement sur l’image de notre pays et continue à faire de notre association un acquis national qu’il faut préserver et renforcer en paroles et en actes.

Il est normal, dans ces conditions, que la Ligue connaisse des débats internes et des divergences d’approches, d’appréciation et de prises de position entre les uns et les autres ; Les choix qui engagent la Ligue étant le fruit de la recherche constante d’un consensus conforme aux normes et aux principes relatifs aux droits humains sur les quels notre association fonde son engagement.

La Ligue est particulièrement soucieuse de promouvoir et de défendre en son sein le droit à la différence comme pourraient en témoigner tous ceux qui ont pu suivre de près ses activités au cours de ces dernières années et notamment à l’occasion des travaux préparatoires du 6èmme congrès qui devait se réunir en septembre 2005. Ce soucis du respect de la pluralité et de la diversité a prévalu tout particulièrement lors des conférences régionales organisées à cette occasion à Bizerte, Mahdia, Jendouba, Gabès et Tunis et regroupant l’ensemble des comités de sections. Tout comme cela a été illustré de façon constante lors de la tenue des différentes sessions du Conseil National marqués par le sérieux et la profondeur de leurs délibérations sur tous les sujets et tous les axes relatifs aux activités de la Ligue, à ses méthodes de gestion, à son positionnement sur la scène nationale, à ses relations internationales ainsi qu’aux questions liées au financement de ses activités. En témoignent aussi les projets de documents et de résolutions préparés pour être soumis au 6ème congrès en vue de leur discussion, de leur amendement et de leur adoption par les congressistes au nom de l’ensemble de nos adhérents.

6- Privilégiant le débat contradictoire et novateur, tout en veillant à se conformer aux principes et aux normes qui sont nos repères fondamentaux, le Comité Directeur ne prétend pas être infaillible.

Lors de notre prise de position, nous pouvons avoir eu tort ou raison mais tout ce que nous décidons est susceptible d’être débattu et remis éventuellement en cause de façon organisée à l’intérieur des structures de la Ligue et dans le cadre d’une dynamique d’échanges et de confrontations démocratiques fondée sur des acquis auxquels nul ne peut déroger.

Cela concerne le « tâayoush» c à d le « vivre ensemble » entre membres de la Ligue, la recherche constante du consensus, l’autonomie des décisions de la Ligue et la volonté de la voir jouer effectivement son rôle de défense des droits humains et de diffusion de la culture de ces droits . Le CD a d’ailleurs rappelé dans ses déclarations en maintes circonstances qu’en fermant les locaux de la Ligue, l’un des objectifs recherché par le pouvoir est de tenter d’isoler les instances d’encadrement de notre association par rapport aux adhérents et par rapport aux citoyens qui ont eu à apprécier particulièrement au cours des dernières années l’apport des réunions des conférences organisées dans ces locaux.

Ainsi, le Comité Directeur n’a-t-il cessé de réclamer avec insistance, que soit levé le siège sécuritaire imposé aux locaux de la Ligue afin que se rétablisse ce contact, si positif et si fécond, entre les responsables de nos structures, les adhérents mais aussi l’ensemble qui ont été intéressés par nos activités.

7- Le Comité Directeur considère qu’il est par ailleurs de son devoir d’apporter une fois de plus des éclaircissements des questions qui ont été dans certains milieux une source de controverses plus ou moins spontanées. Il s’agit de la question des rapports avec les partenariats extérieurs et la question du financement provenant de sources étrangères.

- Sur le premier point le Comité Directeur se contente de rappeler les développements consacrés à cette question dont le projet de document qui devait être soumis au congrès en septembre 2005. Il y est notamment mis l’accent sur le fait que « les Comités Directeurs qui se sont succédés à la tête de la Ligue ont accordé une importance cruciale à la consolidation de la place et du rang de la LTDH dont les partenariats et les réseaux arabes, méditerranéen, africaines et internationaux des organisations non gouvernementales (ONG) intervenant dans le domaine des droits humains. Dans cette entreprise, la LTDH a établi en son capital militant et rayonnement local et régional. Le renforcement de la place et du rang de la Ligue au niveau international demeure une priorité de la direction de la Ligue dans la mesure où l’action pour la promotion et la protection des droits humains procède d’un engagement aux références étiques et juridiques universelles ».

- Les relations avec les instances étatiques gouvernementales et les représentations diplomatiques étrangères doivent être régies, quant à elles, par une démarche claire et dénuée de toute ambiguïté. Les relations doivent, en effet, être exclusivement de type protocolaire, écartant tout ce qui peut être perçu comme des relations de connivence avec des gouvernements étrangers.

- Les militants de la Ligue sont aussi concernés que tous les autres citoyens par la préservation de l’indépendance de décision et de souveraineté nationales car ils apprécient pleinement les sacrifices consentis par les générations qui nous ont précédés pour réaliser l’indépendance de notre pays. A ce titre, ils sont naturellement jaloux d’en préserver le prestige et les intérêts supérieurs. Aussi prennent-ils totalement leurs responsabilités en ce domaine, assumant leur rôle avec toute la vigilance requise à l’égard des positions officielles des gouvernements étrangers qui sont naturellement tributaires de considérations fondées sur leurs intérêts étatiques propres.
Peut-on être plus clair que nous le sommes dans le refus de toute forme d’ingérence et de toute instrumentalisation de la Ligue de la part de tout gouvernement étranger ou représentation de toute diplomatique quel qu’ils soient ? Et peut-on être plus clair dans la détermination, qui est la notre, à assumer en tant que Ligue une approche nationale fondée sur la préservation du prestige et des intérêts supérieurs de notre pays ?

- Le second niveau est relatif à la question du financement provenant de sources étrangères. Cette question, faut-il le rappeler avec insistance, a été débattue en maintes occasions au sein des structures de la Ligue et le Comité Directeur a eu l’occasion à réitérer à plusieurs reprises sa position constante en la manière. Celle-ci consiste à dire clairement que la Ligue n’appelle pas au recours au financement extérieur dans la mesure où elle a préconisé – et qu’elle préconise toujours – la promulgation d’une loi sur le financement des associations à partir des ressources budgétaires de l’État tout comme cela se pratique pour les partis.
Ce financement doit toutefois être codifié légalement. Il doit être équitable et il ne doit en aucune manière se fonder dans les critères d’allégeance au pouvoir.

Le Comité Directeur est d’autant plus choqué par l’accusation de «financement extérieur » lancée contre la Ligue que nul n’ignore que nombre d’associations proches, ou mises sur le compte, du pouvoir et du parti gouvernemental bénéficient de financements étrangers y compris ceux provenant de sources qui sont, pour le moins que l’on puisse dire, suspectes.

8- Sur un tout autre plan, le Comité Directeur tient à rendre hommages aux anciens dirigeants de la Ligue, présidents et membres des comités directeurs et aux personnalités nationales de tous les milieux qui ont pris l’initiative de créer une commission nationale de soutien à la LTDH.

Le Comité Directeur leur réitère l’expression de sa gratitude et réaffirme sa pleine et totale disposition à travailler et à coopérer avec cette commission nationale afin de tout mettre en œuvre pour favoriser les conditions les meilleures de développement de notre association dont l’authenticité, l’ancrage national et le rayonnement international doivent tant aux efforts et aux sacrifices consentis par des générations successives de militants et de militantes.

Le Comité Directeur tient enfin à réaffirmer à ces « anciens » de la Ligue ainsi qu’à tous les militants de la Ligue et, par delà eux, à l’ensemble de l’opinion nationale, sa totale disponibilité à remplir pleinement son rôle pour contribuer à sortir la Ligue de la situation dangereuse à laquelle elle est confrontée et qui constitue une grave menace pour son existence en tant qu’institution et pour son avenir.

Aussi réitérons nous notre appel au pouvoir en vue de l’ouverture d’un dialogue responsable et approfondi qui abordera l’ensemble des problèmes en débat, l’objectif de ce dialogue étant de sauvegarder la Ligue en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme indépendante de toute obédience et jouant pleinement son rôle de protection des droits humains et des libertés fondamentales.

Pour le Comité Directeur
Le Président
Mokhtar TRIFI

Source : Tunisnews


Tunisie: le verdict du procès de la LTDH reporté à octobre


AP | 08.07.06 | 16:43

TUNIS (AP) -- Le tribunal de 1ère instance de Tunis a renvoyé samedi au 14 octobre prochain le verdict du procès intenté contre le comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) par des membres de cette organisation proches du parti au pouvoir, a-t-on appris de source judiciaire.
Ce nouveau report prolonge de plus de trois mois le marathon judiciaire enclenché depuis septembre dernier à la suite d'une plainte déposée par une vingtaine de membres de la LTDH qui accusent la direction actuelle d"'abus de pouvoir et de violation du règlement intérieur de la ligue". Ils contestent les fusions "illégales" de sections opérées par le comité directeur dans le but, selon eux, de les en exclure.
Alors que le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, ne cesse de marteler que cette contestation est "noyautée" par le pouvoir dans le but de "mettre au pas" l'organisation, les autorités nient toute interférence dans cette affaire, parlant de "crise interne" à la Ligue.
Dans un premier jugement en référé, le tribunal avait suspendu la tenue du congrès de la LTDH initialement prévu en septembre, en attendant l'examen de l'affaire au fond. Fixées au 28 mai dernier, en dépit de cette décision de justice, ces assises avaient été interdites par les autorités.
Toujours est-il que le renvoi à octobre du prononcé du verdict devrait donner le temps à de nouvelles tractations en vue de rechercher une solution à cette crise. Selon l'un des plaignants, Me Chédli ben Younès, une initiative serait en cours dans ce sens, impliquant notamment d'anciens dirigeants de la LTDH. AP


Tunisie: grève de protestation du Conseil de l'ordre des avocats

TUNIS (AP) -- Les membres du Conseil national de l'ordre des avocats tunisiens (CNOAT) ont débuté samedi une grève de la faim pour "défendre les droits des avocats et leurs revendications professionnelles", selon un membre du conseil, Me Chawki Tabib.
Les journalistes ont été empêchés par les forces de l'ordre d'accéder à la Maison du barreau, située en face du palais de justice de Tunis, où se déroule la grève. Aucun incident n'a cependant été enregistré.
Joint par téléphone, le bâtonnier Abdessattar ben Moussa, a déclaré que cette manifestation, qui se poursuivra pendant deux jours, vise essentiellement à "défendre l'indépendance de la profession" et à "protester contre les agressions subies par les avocats et la violation mardi dernier par les forces de l'ordre des locaux du conseil et des bureaux du bâtonnier".
Cette grève prend le relais d'un sit-in observé pendant plus de deux semaines par des avocats qui dénonçaient une loi controversée récemment adoptée par le Parlement. Selon le CNOAT, la loi instituant le premier institut de formation des avocats "porte atteinte à l'indépendance du barreau" et n'a pas pris en compte les propositions formulées par la corporation.
Deux représentants du barreau de Paris, Mes Jean-René Farthouat et Dominique Tricaud, se trouvent à Tunis en signe de solidarité avec leurs confrères tunisiens. Ils comptaient aussi assister avec l'eurodéputée Verte Hélène Flautre à l'ouverture du congrès de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH).
Mais celui-ci n'a pu se tenir, l'accès au siège central de la Ligue situé dans le quartier d'El Omrane, dans la périphérie de Tunis, ayant été bloqué par les forces de l'ordre dans l'après-midi. De vifs échanges ont opposé le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, aux policiers qui interdisaient l'accès du siège à des diplomates américains et européens et autres invités.
Ce congrès est officiellement suspendu par décision de justice en attendant le verdict prévu le 3 juin dans le procès opposant des membres de la LTDH, pour l'essentiel proches du pouvoir, au comité directeur de la Ligue. AP

Source Nouvel Observateur


Pour que vive la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
Exigeons la tenue de son 6ème Congrès

Une fois de plus La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) se trouve dans un moment crucial dans sa longue histoire de combat pour le triomphe de la culture démocratique et le respect des droits du citoyen. Le régime vient en effet de lui dénier son droit légitime d’organiser son 6éme congrès prévu pour les journées du 27et 28 mai 2006 à Tunis. A la veille de la tenue du congrès décidée unanimement par le conseil national de l’association, un huissier vient d’informer officiellement sa direction que le congrès sera interdit d’avoir lieu. Ceci confirme l’éventuelle intervention des forces de l’ordre pour entériner cette décision.

Depuis son dernier congrès en 2000, la LTDH n’a cessé d’être la cible privilégiée d’attaques, d’harcèlements et de répression tout azimut de la part du régime tunisien. Quatre grandes étapes ont jalonné cette escalade méthodique et programmée pour la mettre au pas et entraver par tous les moyens le fonctionnement normal de ses structures.

Après avoir, dans un premier temps tenté d’invalider les résultats du 5éme congrès en décrétant la nullité de sa tenue par le recours devenu « classique » à la justice, aux ordres du régime, à l’instigation de 4 adhérents qui intentèrent un procès monté de toute pièce, il s’est attelé dans un deuxième temps à l’organisation d’un travail de sape systématique des élections au niveau des sections locales. Pour ce faire il n’a épargné aucun recours, de l’envoi de barbouzes à sa solde, à la provocation, à l’intimidation, aux agressions physiques contre les militants, et même aux pressions exercées sur les propriétaires des sièges des sections locales pour les contraindre à résilier leur bail de location etc.

Vint ensuite le gel de ses ressources financières sous prétexte de non-solution de litige juridique. Une ruse cousue de fil blanc dont le but inavoué était d’asphyxier financièrement la LTDH, de la mettre hors d’état de nuire et de l’empêcher de poursuivre normalement ses activités.

Déterminée et résolue à défendre coûte que coûte son droit à l’existence, la LTDH n’en pas moins continué à opposer contre vent et marée une résistance farouche, revendiquent avec force, tour à tour son droit et à tenir son congrès et à mener sa mission conformément aux objectifs qu’elle s’était tracée depuis sa création en 1978.

Devant cette détermination, le régime a fait monter d’un cran l’escalade répressive en décrétant en ultime recours, et dans le mépris le plus total des principes élémentaires de la liberté d’association garantie par la loi et par les conventions internationales, l’interdiction de la tenue du 6éme congrès de la LTDH.

Il va sans dire que son obstination à vouloir liquider à tous prix l’un des derniers bastion de la culture démocratique en Tunisie augure d’un vaste projet de destruction du reste réseau associatif et l’éradication des derniers espaces de parole et d’action, déjà fragilisés par la longue durée de répression systématique inscrite au cœur de la politique de ce régime depuis sa prise du pouvoir. Cette nouvelle tentative de main mise sur les canaux qui alimentent notre résistance quotidienne à la dictature fait également suite à d’autres tentatives qui ont successivement visé l’association des magistrats, le syndicat des journalistes et le barreau des avocats afin de les domestiquer définitivement pour en faire des instruments dociles au service de sa politique répressive.

Nous Tunisiennes et Tunisiens de France et d’Europe :

v Saluons le courage et l’abnégation des ligueurs qui ont su imposer au pouvoir, dans un admirable élan de combativité, leur propre calendrier, au lieu de subir le sien comme nous le faisions depuis des lustres.

v Soutenons la LTDH dans son combat légitime pour la tenue de son congrès.

v Dénonçons fermement la politique répressive du régime tunisien à l’encontre des composantes de la société civile et les différentes agressions policières exercées actuellement contre les avocats et les militants de droit de l’Homme en Tunisie.

v Appelons les citoyen(ne)s tunisien(ne)s et les ami(e)s démocrates de la Tunisie à exprimer leur solidarité avec la LTDH dans son combat de longue haleine.

v Organisons une permanence de solidarité et de vigilance avec la L.T.D.H le samedi 27 mai à partir de 12h au siège de l’Association des Tunisiens en France (ATF), 130 rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris .

Signataires:

Abdellatif BEN SALEM, Anouar KANZARI, Mohamed-Lakdhar ELLALA, Tarek BEN HIBA, Ied DAHMANI, Mohamed SMIDA, Nadia CHAABANE, Rabeh ARFAOUI, Abdessattar BEJI, Khmaïes KSILA, Omaya SEDDIK, Naceur ELFAHEM, Fathi TLILI, Soufiane MAKHLOUFI

Source  www.tunisnews.net   24.05.2006


C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie

A la veille du 6eme congrès de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) et au lendemain de celui de la section tunisienne d’Amnesty International, la répression policière s’abat de nouveau sur les avocats tunisiens


Comme annoncé précédemment par l’Ordre national des avocats tunisiens et réitéré par M. le Bâtonnier Ben Moussa (communiqués du 09/05/06), les avocats tunisiens étaient appelés, mardi 23 mai 2006, à manifester à l’échelle nationale leur rejet catégorique de la loi scélérate portant création de l’institut de formation des futurs avocats ; celle-ci fut en effet votée en catimini (le 9 mai 2006) par une Assemblée nationale dépourvue de légitimité car réduite à une servile boite de résonance des décisions arbitraires du Parti-Etat-RCDiste au pouvoir (voir Communiqué du CRLDHT du 9 mai 2006).

Parallèlement aux graves atteintes portées à nouveau à l’intégrité physique et morale des avocats dans l’enceinte même du Palais de justice le jour du vote de ladite loi, et le sit-in permanent qui s’en est suivi, ainsi qu’à la grève de la faim enclenchée par une trentaine d’avocates, les avocats ont dû affronter, le mardi 23 mai 2006, des «forces de l’ordre» en nombre impressionnant qui , après les avoir encerclés au niveau de l’esplanade du Palais de justice de Tunis, les ont «chargés» ensuite avec une rare brutalité : prés d’une vingtaine d’avocats se sont ainsi vus mettre à terre, roués de coups de pieds et de matraques (sans parler des obscénités et autres vulgarités, désormais familières) : Me Saïda Garrach, Me Abderrazak Kilani (membre du Conseil National), Me Ayachi Hammami, Me Samir Dilou, Me Khaled Krichi, entre autres, ont été, à des degrés divers, gravement blessés ; Me Abderraouf Ayadi s’est vu, quant à lui, déchiré sauvagement sa robe d’avocat… preuve s’il en était besoin du mépris haineux que voue ce régime à la profession d’avocat !

Pire encore, cette journée –incontestablement une des plus sombres de l’histoire du despotisme tunisien– s’est poursuivie par l’effraction du bureau du Bâtonnier suivie d’une échauffourée entre les bandes de policiers et les membres du Conseil national présents sur place qui ont en vain essayé d’empêcher les agresseurs de saccager le bureau du Bâtonnier et d’emporter avec eux, tels des vandales, les documents confidentiels appartenant à l’Ordre national des avocats.

Ces atteintes scandaleuses, d’une gravité sans précédent, perpétrées lâchement par les autorités tunisiennes à l’endroit d’une entité représentative démocratiquement élue (le Conseil national de l’ordre des avocats tunisiens / CNOAT) et contre l’ensemble de la profession arrivent au lendemain de l’expulsion de Yves Steiner, représentant de la section suisse d’Amnesty international. Celui-ci assistait à l’assemblée générale de la section tunisienne dont le président, Hichem Osman, a été transféré de Sousse à Tunis pour être interrogé par la police sur les travaux de l’assemblée de la section. Ces atteintes s’ajoutent à l’arbitraire qui ne cesse de s’abattre sur la LTDH, dont la tenue du 6ème Congrès (prévu pour les 27 et 28 du mois en cours) demeure hypothéqué par une décision politique, totalement infondée, maquillée sous les oripeaux d’une « ordonnance de référé-suspension ».

Force est de constater, encore une fois, que le régime liberticide s’attaque à nouveau aux deux organisations intimement liées à la défense des droits et libertés des citoyens tunisiens (réduits à des « sujets » passifs de l’arbitraire) : l’Ordre national des avocats tunisiens et la Ligue tunisiennes des droits de l’homme, dont les rôles respectifs dans la défense de l’Etat de droit véritable (c-à-d démocratique), du procès équitable, des libertés fondamentales, de la démocratie, de l’autonomie des organisations de la société civile, etc. les placent dans la ligne de mire d’un régime anti-démocratique qui ne tolère pas qu’on s’écarte un tant soit peu de sa ligne !

Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), tout en dénonçant avec une extrême indignation la poigne de fer imposée par la dictature aux composantes démocratiques et militantes de la société civile tunisienne ;

Réitère son soutien total et inconditionnel aux avocats tunisiens et à leurs organes légitimes dans leur combat contre l’exclusion, la répression et le dénigrement dont ils sont l’objet notamment de la part du ministre de la Justice ; celui-ci tentant vainement de jeter le discrédit sur eux à travers une compagne médiatique de diffamation.

Assure Yves Steiner, Hichem Osman, les responsables et les membres de la section tunisienne d’Amnesty international de son entière solidarité et soutien et dénonce les actions d’intimidation dont ils ont été la cible.

Exprime à la LTDH son soutien indéfectible dans sa lutte exemplaire pour préserver son indépendance ainsi que la tenue, aux dates prévues, de son 6ème Congrès ; il l’assure de tous ses efforts pour développer la mobilisation internationale. C’est dans ce cadre que le CRLDHT a poursuivi les contacts et les démarches avec ses partenaires français, européens et tunisiens, afin de mobiliser les ONG internationales et les personnalités pour se rendre en Tunisie en signe de solidarité et de soutien avec la LTDH, les avocats et tous les défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie. De même, plusieurs initiatives publiques sont prévues en France et en Europe.

Paris, le 23 mai 2006

C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l'Homme

21ter rue Voltaire - FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
contact@crldht.org / www.crldht.org


 

CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE

RUE 8002 ESPACE TUNIS IMMEUBLE A MONTPLAISIR 1002 TUNIS

Tel: 00216 71 950.400 / 00216 71 950.420      Portables : 00216 98 667 463 / 00216 98 327 175

Fax: 00216 71 950.370   E-mail akilani@gnet.tn


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Tunis le 2006/2/14

COMMUNIQUE
 


LE CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE, porte à la connaissance de l'opinion publique que les deux affaires qui étaient pendantes devant le Tribunal de Première Instance de Tunis sous les N° 62565/2 et N° 62872/2 suite aux actions engagées l'une par le Bureau Légitime de l'Association des Magistrats Tunisiens représentée par son Président Monsieur Ahmed RAHMOUNI et l'autre par les Magistrats adhérents de l'Association Leila Bahria, Mohamed Khelifi et Hammadi Ra hmani et tendant à annuler les Travaux de l'AGE du 4/12/2005 tenue à l'appel des "putschistes" et organisée par le Ministère de la Justice" ont été radiées par le Tribunal à l'audience du 13/2/2006 suite aux demandes présentées par les demandeurs sus-indiqués.
Après avoir pris connaissance des motifs joints aux demandes de radiation présentées par écrit au Tribunal et qui mettent l'accent sur ce qui suit :
*Un rappel des événements que l'association a vécu depuis l'élection de son bureau exécutif lors du congrée du 12/12/2004 et notamment :
+Le refus du Ministre de la justice et des droits de l'homme d'ouvrir un dialogue avec le bureau démocratiquement élu pour avoir dénoncé le projet de loi portant réforme du statut des Magistrats.
+Le "putsch" annoncé suite au communiqué du bureau du 2/3/2005 dénonçant la violation du palais de justice par la police politique et les atteintes aux droits de la défense et les agressions à l'encontre des avocats le jour de la présentation de Maître Mohamed Abbou devant le juge d'instruction.
+L'éviction du bureau exécutif par effraction des locaux de l'Association situés au Palais de Justice sur instruction du Ministre Béchir Takkari et en violation de toutes les lois et tous les règlements.
+L'expédition punitive à l'encontre des membres représentgf atifs de l'Association et tous ceux qui les avaient soutenus par le biais des mutations abusives.
+Les violations flagrantes de la loi lors des référés intentés en vue des suspendre la tenue de l'AGE du 4/12/2005 et notamment le refus du juge Belgacem Barreh dont le nom figure sur la liste des magistrats signataires du document présenté comme étant "la pétition" ayant retiré la confiance au Bureau Exécutif de se récuser de lui-même conformément à l'art 250 du C.P.C.C. Le dit-juge ayant exprimé son opinion sur le litige en se rangeant du coté des "putschistes"
+La volonté exprimée par le Tribunal de juger les deux affaires d'une manière expéditive en refusant les demandes de renvoi des avocats afin de leur permettre de présenter de nouveau moyens de défense. (La première audience s'est tenue le 26/12/2005).
+Après avoir enfin rappelé que le Premier Président de ce même Tribunal a appelé à une AGE des Magistrats de TUNIS le 3/3/2005 pour dénoncer le Bureau Exécutif de leur association élu démocratiquement et rendu un communiqué avec l'entête du Ministère de la Justice et du Tribunal de Première instance de TUNIS.
+Considérant que les conditions d'un procès juste et équitable ne sont plus réunies, demandent pour toutes ces raisons la radiation des deux affaires.

Le Centre de TUNIS pour l'Indépendance de la Justice tient :
1)A saluer le courage du Bureau Exécutif Légitime de l'Association des Magistrats représenté par Monsieur Ahmed Rahmouni et tous les magistrats qui ont soutenus leur structure légitime.
2)A exprimer toute sa compréhension quant aux raisons ayant motivées ces demandes de radiation et notamment le souci exprimé par ces courageux et honorables Magistrats de préserver l'Honneur de la Justice de leurs pays.
3)A rappeler que le combat pour l'Indépendance de la Justice dans notre pays ne fait que commencer et appelle l'opinion publique à être vigilante et continuer à soutenir tous les Courageux Honorables Magistrats dans leur combat légitime pour que triomphe les Valeurs Républicaines en Tunisie.

Le Président
Mokhtar YAHYAOUI


 

Magistrats et avocats français se mobilisent pour leurs confrères tunisiens

 

 AFP, jeudi 15 décembre 2005

PARIS - Les principales organisations de magistrats et d'avocats français ont lancé jeudi un appel en faveur de leurs confrères tunisiens "qui luttent pour la démocratisation de leur pays et pour l'indépendance de la justice".

Le Syndicat de la magistrature, l'Union syndicale des magistrats, FO-Magistrature, la Conférence des bâtonniers et l'Ordre des avocats de Paris "conjurent" la France, l'Union européenne et les organisations internationales "d'intervenir avec la plus grande fermeté auprès du gouvernement tunisien pour qu'il mette fin aux entraves" à l'exercice des libertés fondamentales.

Au cours d'une conférence de presse à Paris, des témoignages ont été apportés sur "le harcèlement et la répression" dont sont victimes avocats et magistrats défenseurs des droits de l'Homme en Tunisie.

"C'est devenu quelque chose de banal que des avocats se fassent agresser", a déclaré l'avocate tunisienne militante des droits de l'Homme, Radhia Nasraoui, qui a raconté comment des confrères s'étaient fait agresser "dans la rue ou au sein même des palais de justice", avaient eu leur bureau saccagé ou leurs clients découragés de venir les voir.

Elle a cité le cas des défenseurs de l'avocat Mohamed Abbou, condamné en avril à trois ans et demi de prison pour "délit d'opinion", qui "n'ont pas le droit d'obtenir une copie du dossier ou de rendre visite à leur client".

Le secrétaire général de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme, Khemais Ksila, qui vit en exil en France, a expliqué que "la situation n'avancera pas à l'intérieur (du pays) sans la solidarité internationale".

Pierre Lyon-Caen, avocat général honoraire à la Cour de cassation, plus haute instance judiciaire française, et membre du Syndicat de la Magistrature (gauche), a plaidé en faveur de l'Association des magistrats tunisiens et de l'Ordre des avocats tunisiens, "victimes de mesures contraires aux engagements internationaux souscrits par la Tunisie".

 


COMMUNIQUE

CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE

LE CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE, informe, l'opinion publique, qu'après le jugement de rejet rendu le 01/12/2005, suite à l'action en référé introduite par le bureau légitime de l'Association des Magistrats Tunisiens, tendant à la suspension de l'AGE Elective, convoquée par le comité provisoire "putchiste" dirigé par Monsieur Khaled Abbas, trois magistrats adhérents : Mme Leila Bahria, Mr. Ahmed Khlifi et Mr Hamadi Rahmani ont introduit un nouveau référé d'heure à heure tendant à suspendre l'Assemblée Générale Elective.

L'affaire a été fixée par le président du Tribunal de Première Instance de Tunis devant la chambre présidée par le juge Mr Belgacem Barrah dont le nom figure sur la liste des magistrats signataires du document présenté comme étant "la pétition" ayant retiré la confiance au bureau exécutif légitime de l'association présidé par Mr Ahmed Rahmouni.

A l'audience du 02/12/2005, les avocats conduits par leur Bâtonnier Maître Abdessatar Ben Moussa ont en application de l'article 248 de code de Procédure Civile et commerciale, récusé le juge Monsieur Barrah pour avoir précédemment exprimé une opinion dans le litige; puisque en signant la dite "pétition", il s'était rangé dans le camp des défendeurs.

Ne pouvant ignorer ces faits, le juge aurait dû en application de l'article 250 du même code se récuser de lui même mais au lieu de cela, il a demandé aux avocats de plaider sur le fonds; chose qui a été refusé par les avocats des demandeurs.

Le jugement a été mis en délibéré pour demain le 03/12/2005.

D’autre part il est porté à la connaissance de l’opinion publique que les magistrats : Ahmed Rahmouni, Assia Labidi et Leila Bahria ont étés convoqué à se présenter au prés de l’inspection générale des affaires judiciaire auprès du ministère de la justice demain samedi 03 décembre 2005. Les convoqué sont tous des membres actifs des structures légitimes de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT).

La réunion de soutien à l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) organisé par la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et prévu pour aujourd’hui n’a pu être tenu à cause de son interdiction par la police dont des effectifs importants ont barré tous les accès au siège de la LTDH et empêché tous ceux qui se sont déplacés pour cette raison d’entrer.

Le Président du Centre

Mokhtar Yahiaoui

Tunis le 02/12/2005
 


Mission d’observation du procès de Mohamed ABBOU à TUNIS - 27 au 29 avril 2005 -   Rapport de la FIDH du 23/08/2005

Rapport de mission de Dorothée Le FRAPER du HELLEN Avocat près la Cour d’appel de MONTPELLIER mandatée par la FIDH et la CIJ

A la demande de la Commission Internationale de Juristes (CIJ) et de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), je me suis rendue à Tunis (TUNISIE) du 27 au 29 avril 2005 pour assister, en qualité d’observateur judiciaire, au procès de Maître Mohamed ABBOU, avocat au Barreau de Tunis, qui se tenait le 28 avril devant le Tribunal de première instance de Tunis, chambre correctionnelle.

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Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Les avocats ne sont pas en vacances


Les avocats tunisiens ne lâchent pas du lest. Leur détermination à mener jusqu’ à terme leur combat, pour la libération de leur collègue Mohamed Abbou arbitrairement et illégalement emprisonné depuis le premier mars dernier et pour défendre l’honneur de leur profession, est demeurée intacte.
Après le camouflet qu’ils ont lucidement infligé à certains avocats, qui oeuvrent depuis quelque temps pour la déstabilisation de leur corps d’appartenance qui a su échapper à l’emprise d’un régime redoutablement possessif, et ce après la décision digne et courageuse du Conseil de l’ordre de suspendre pour deux ans de leurs activités en tant qu'avocats Dalila Mrad et son mari Hedi Haj Sassi pour « l’ensemble de leur basse œuvre » au sein de la Profession depuis la première plainte à leur encontre en 2002.
Hier, plusieurs avocats ont répondu présents à l’appel au rassemblement devant le ministère de la justice lancé par le Comité de Défense de Mohamed Abbou.
Sans surprise, un nombre impressionnant de policiers étaient présents sur les lieux et ont utilisé la force pour disperser les manifestants qui ont pu tout de même crier des slogans en faveur de leur confrère Mohamed Abbou et condamnant les atteintes systématiques à l’indépendance de la justice.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou condamne fermement les nouvelles atteintes à l’intégrité physique et morale des avocats.
Il réitère son soutien et sa sympathie aux juges tunisiens de l’Association des Magistrats Tunisiens, et à leur tête leur Président l’honorable juge Ahmed Rahmouni, dans leur quête d’indépendance et de probité.
Le Comité rappelle tous ceux qui ont manifesté leur solidarité à Mohamed Abbou  que cet « avocat de la liberté » est encore injustement derrière les barreaux. Il les invite à poursuivre la mobilisation jusqu’à sa libération inconditionnelle et au-delà la libération de tous les prisonniers dont Abbou n’est malheureusement que le dernier d’une longue et triste liste.
Paris, le 08 juillet 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou 

TunisNews du 08.07.2005

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Me Abbou reste au trou

Par Christophe AYAD     samedi 11 juin 2005 

L'avocat tunisien, condamné en avril à trois ans et demi de prison, a vu sa peine maintenue par la cour d'appel de Tunis, vendredi, à l'issue d'un procès émaillé d'incidents. Tous les avocats de la défense se sont retirés en protestant contre l'absence de conditions pour un «jugement équitable». Pour le barreau tunisien, Mohamed Abbou, 39 ans, a été condamné dans le cadre d'un «procès politique pour délit d'opinion» : il avait critiqué l'invitation de Ben Ali à Sharon au Sommet mondial sur la société de l'information, en novembre à Tunis, et comparé les prisons de son pays à celle d'Abou Ghraib. Les avocats tunisiens ont observé 52 jours de sit-in, avant d'y mettre fin le 26 mai.

Source : Libération

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Article paru dans le Nouvel Obs du 10.06.05

TUNIS (AP) -- Le procès de l'avocat dissident tunisien Mohamed Abou devant la cour d'appel de Tunis a été marqué vendredi par des rebondissements qui ont débouché sur le retrait des avocats de la défense, a constaté l'Associated Press sur place.
«Nous avons décidé de nous retirer parce que les conditions d'un procès équitable sont inexistantes», a justifié le bâtonnier Abdessattar Ben Moussa.
Bien avant l'ouverture du procès, un cordon sécuritaire renforcé filtrait l'entrée de l'enceinte judiciaire, donnant lieu à des heurts entre avocats et forces de l'ordre.
Me Abou avait été condamné en première instance, le 28 avril dernier, à 3 ans et demi d'emprisonnement dans deux affaires distinctes. La peine a été confirmée vendredi soir par la présidente de la cour, Faïza Snoussi.
L'avocat dissident avait écopé de deux ans de prison pour «agression» d'une consoeur lors d'une réunion d'avocats. Dans la deuxième affaire, qui lui a valu 18 mois de prison, il était poursuivi pour «publication d'écrits de nature à troubler l'ordre public» et «outrage à l'institution judiciaire», à la suite de deux articles publiés sur Internet.
L'un comportait une critique virulente du pouvoir pour l'invitation adressée au Premier ministre israélien Ariel Sharon à participer au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) prévu en novembre prochain à Tunis. L'autre comparait les prisons tunisiennes à celle d'Abou Ghraïb, en Irak, où des soldats américains ont torturé et humilié des prisonniers irakiens.
Dès le début du procès qui se déroulait dans une salle archicomble, en présence de nombreux diplomates occidentaux notamment de France, des Etats-Unis, d'Espagne, Des Pays-Bas et de Finlande et d'observateurs d'organisations non-gouvernementales (FIDH, Amnesty International et Reporters sans frontières) et de barreaux étrangers, un incident a éclaté entre la défense et la présidente de la cour.
En demandant à l'accusé de répondre aux questions «en s'en tenant aux faits», la juge a provoqué les protestations des avocats de la défense qui estimaient que leur client avait «le droit de s'expliquer» sur les circonstances de «l'agression» dont il était accusé contre une consoeur.
Jugeant que le climat qui prévalait ne lui permettait plus de «diriger l'audience dans des conditions normales», la présidente de la cour a levé la séance et ordonné de faire évacuer la salle.
Après plusieurs suspensions, la séance a repris en milieu d'après-midi. Mécontents de voir nombre de leurs collègues devant plaider empêchés d'accéder à la salle d'audience, les avocats ont décidé de se retirer. Peu après, la juge annonçait la confirmation du jugement de première instance. AP

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Les avocats en lutte pour leur indépendance

 

Article paru dans Le Monde du 15.05.05

Depuis le 5 avril, les avocats tunisiens observent un sit-in de protestation à la Maison du barreau, face au palais de justice, à Tunis. Ils protestent ainsi contre l'arrestation de leur confrère, Me Mohammed Abbou. Cet avocat de 39 ans a été condamné le 28 avril à trois années et demie de prison après avoir critiqué sur Internet le président Ben Ali et l'invitation faite au premier ministre israélien, Ariel Sharon, à se rendre au sommet mondial de l'information (SMI), organisé par l'ONU en novembre à Tunis.

Pour avoir volé au secours de son confrère Abbou, un deuxième avocat, Me Fawzi Ben Mrad, est sous les verrous depuis le 3 mai. Il a été condamné à quatre mois de prison pour « outrage à magistrat ». Quatre autres avocats sont par ailleurs menacés de radiation pour le même motif, mais dans le cadre de poursuites disciplinaires réclamées par le parquet. L'ordre des avocats devait se réunir, samedi 14 mai, en assemblée générale extraordinaire, pour décider de la suite à donner au mouvement de protestation. - (Corresp.)

Source   http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-900809,0.html

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النص الحرفي للائحة التاريخية الصادرة عن الجلسة العامة الخارقة

للهيئة الوطنية للمحامين المنعقدة يوم 14 ماي 2005 بتونس

 

الهيئة الوطنية للمحامين

قصر العدالة شارع باب بنات تونس

                                                                     

تونس في 14 ماي 2004

 

لائـحـة

 

إن الجلسة العامة الخارقة للعادة التي عقدتها الهيئة الوطنية للمحامين بتونس يوم 14/05/2005 تطبيقا لاحكام الفصل 53 من القانون المؤرخ في 07/09/1989 المنظم لمهنة المحاماة وبرئاسة العميد الأستاذ عبد الستار بن موسى وبعد استعراضها للاعتداءات الخطرة التي طالت المحاماة أفرادا وهياكل في المدة الأخيرة والتي اتخذت نسقا تصاعديا وغير مسبوق.

بعد استعراضها للاعتداء الذي تعرض له العميد يوم 16 مارس 2005 من قبل قاضي التحقيق الثاني بالمحكمة الابتدائية بتونس.

وبعد استعراضها لمحاكمة الأستاذ محمد عبو الذي أوقف من اجل التعبير عن رأيه وما اتسمت به من هضم فظيع لحقوق الدفاع ومن مسّ صارخ بشروط المحاكمة العادلة وخرق لأبسط قواعد الإجراءات وتنفيذ عاجل.

وبعد استعراضها لمحاكمة الأستاذ فوزي بن مراد وما مثلته من اعتداء صارخ على حصانة المحامي حين أدائه لرسالته وما تميزت به من استعجال وهدر لحقوق الدفاع وتنفيذ حيني للعقاب.

وبعد استعراضها للاعتداء الذي تعرضت غليه الأستاذة سنية بن عمر من طرف مدير السجن المدني بالكاف واحد معاونيه وما تبعه من فتح تتبعات جزائية ضدّها.

وبعد وقوفها على مطلب الوكيل العام لدى محكمة الاستئناف بتونس الموجه إلى السيد رئيس الفرع الجهوي للمحامين بتونس قصد إحالة الأساتذة راضية النصراوي وعبد الرؤوف العيادي والعياشي الهمامي وسنية بن عمر على مجلس التأديب.

وبعد تدارسها للبيان الصادر عن المجلس الأعلى للقضاء المجتمع بصورة استثنائية يوم 03 ماي 2005.

وبعد استعراضها لمآل المطالب المهنية وما شهدته من تعثر في إنجاز الإصلاحات الجوهرية

 

1-        تعبر عن إدانتها للاعتداء الذي طال رمز المحاماة من قبل قاضي التحقيق الثاني بالمحكمة الابتدائية بتونس وتؤكد أنه يمثل اعتداء على كافة المحاميات والمحامين وهي سابقة خطيرة لم تشهد المحاماة والقضاء لها مثيلا.

2-        تعبر الجلسة العامة عن تضامنها ومساندتها لعميد الهيئة الوطنية للمحامين وتطالب باتخاذ الإجراءات التأديبية اللازمة ضدّ المعتدي وإرجاع الاعتبار لمز المحاماة التونسية.

3-        تطالب بإطلاق سراح الزميلين محمد عبو وفوزي بن مراد وإيقاف التتبعات الجزائية ضدّ الزملاء المذكورين أعلاه والرجوع في مطلب الوكالة العامة لدى محكمة الاستئناف بتونس والقاضي بفتح تتبع تأديبي ضدّ الاستاتذة راضية النصراوي وسنية بن عمر وعبد الرؤوف العيادي وعياشي الهمامي.

4-        تطالب من السلط العمومية وضع حدّ نهائي للاعتداءات على المحامين ولتدخل أعوان الأمن من غير الضابطة العدلية في المحاكم.

5-        تطالب بتنقيح القانون المنظم لمهنة المحاماة فورا وخاصة الفصل 46 بما يضمن حصانة المحامي أثناء مرافعاته وعند تقديمه لتقاريره وبما يؤمن للمحامي حرمته الجسدية والمعنوية وحرمة مكتبه.

6-        تطالب من السلط المعنية الإسراع بإصدار النصوص القانونية والترتيبية التي تضمن توسيع مجال عمل المحامي وتحقق بقية مطالب المحامين المشروعة والمتعلقة بإحداث معهد للمحاماة يكون المدخل الوحيد للمهنة ويؤمن التكوين الأساسي والمستمر كتوفير التغطية الاجتماعية والصحية لكافة المحامين دون المس من استقلالية المهنة.

7-        تثمن كافة النضالات التي خاضها المحامون من اجل الدفاع عن كرامة المحامي واستقلالية المهنة كما تقرر الجلسة العامة خوض النضالات التالية:

·        التجمعات الدورية والمستمرة بكافة المحاكم التونسية

·        مقاطعة التساخير

·        مقاطعة الإعانات العدلية

·        الامتناع عن الترافع أمام الدوائر الجنائية

·        إضراب الجوع

·        وتفوض الجلسة العامة لمجلس الهيئة الوطنية للمحامين ضبط تاريخ وكيفية تنفيذ هذه الأشكال النضالية واتخاذ أشكال نضالية أخرى كلما اقتضت الحاجة.

 

عاشت المحاماة التونسية حرة مستقلة ومناضلة

 

Tunisnews du 19/05/2005

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Condamnation de Mohammed Abbou : RSF dénonce une "mascarade de procès"
 

(RSF/IFEX) - L'avocat Mohammed Abbou a été condamné, dans la nuit du 28 au 29 avril 2005, à trois ans et six mois de prison. Il a été reconnu coupable d'une agression physique datant de 2002 et d'avoir diffusé "de fausses informations" sur Internet. RSF dénonce une "mascarade de procès".

"Mohammed Abbou a été condamné à l'issue d'un procès qui a bafoué les règles les plus élémentaires du droit. Les charges retenues contre lui sont sans fondement. Il est en réalité sanctionné pour avoir critiqué sur Internet la corruption du pouvoir tunisien. L'ironie est cruelle : il sera en prison lorsque s'ouvrira à Tunis, en novembre 2005, le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), une conférence sur la circulation de l'information sur le Réseau. Nous appelons les États démocratiques à conditionner leur venue au SMSI à la fin de la répression de l'Internet tunisien et à la libération de Mohammed Abbou".

L'avocat, qui avait été arrêté le 1er mars, a été jugé dans le cadre de deux affaires. Il a été condamné à deux ans de prison pour avoir prétendument agressé physiquement l'un de ses confrères, en 2002, lors d'une conférence. Les avocats de Abbou ont refusé de plaider concernant ce dossier, dont ils n'ont pris connaissance que quelques jours avant l'audience. Selon la militante des droits de l'homme et avocate Radhia Nasraoui, "aucun élément tangible n'est venu appuyer cette accusation, à part une attestation médicale non signée et sans valeur juridique. De nombreux témoins auraient pu attester qu'aucune agression n'a été commise lors de cette conférence de 2002".

Dans le second dossier, Abbou a été condamné à un an et demi de prison pour avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il comparait les tortures infligées en Tunisie à des prisonniers politiques aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib. Toutefois, selon de nombreux observateurs présents au procès, sa condamnation serait due en réalité à un autre article, publié sur Internet quelques jours avant son arrestation, dans lequel il critiquait l'invitation faite à Ariel Sharon d'assister au SMSI et dénonçait, sur un ton ironique, la corruption de la famille du Président. Selon un autre de ses avocats, Ayadi Raous, Abbou est aujourd'hui "l'otage personnel de Ben Ali". ______________________________________________________________________________________________________________________

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

Paris, le 13 mai 2004

Mohamed Abbou : encore une leçon de dignité

 

Le Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou informe l’opinion publique nationale et internationale que Maître Abbou a décidé de mettre fin à sa grève de la faim.

 

Il a annoncé cette décision à sa femme qui est allée lui rendre visite hier à la prison du Kef. L’avocat kidnappé et illégalement emprisonné depuis le premier mars dernier, a pris cette décision après que ses avocats lui aient recommandé de le faire. Mohamed Abbou a par ailleurs confirmé à son épouse et son avocate Leila Ben Mahmoud que la revendication principale de sa grève de la faim était d’améliorer la situation de ses co-détenus et de leur permettre l’accès au soin.

Admiré à l’extérieur de la prison, Mohamed Abbou l’est aussi à l’intérieur. Ses co-détenus et ses geôliers lui vouent respect et admiration.

Toutefois, les autorités carcérales continuent de le priver de ses correspondances. Toutes les lettres, qu’il doit recevoir de sa femme ou qu’il lui envoie, ne parviennent jamais à leur destination.

 

Il est inadmissible que le régime tunisien continue ses basses besognes à l’encontre de Mohamed Abbou en le privant lui et sa famille des seuls droits qui lui restent : maintenir des liens avec sa famille.

 

Le Comité international pour la Libération de Mohamed Abbou dénonce ses pratiques d’un autre temps, il condamne par ailleurs fermement la répression policière de la délégation qui a voulu rendre une visite de sympathie et de solidarité à la famille de l’autre avocat illégalement emprisonné : Faouzi Ben Mrad.

 

Le Comité Intenational pour la Libération de Mohamed Abbou réclame la libération immédiate et inconditionnelle des deux avocats et la fin du harcèlement de Maître Sonia Ben Amor, et au-delà, l’arrêt de la campagne de dénigrement qui vise à discréditer les avocats libres.  

 

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité international Pour la Libération de Mohamed Abbou

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Paris, le 09 mai 2005

Sonia Ben Amor ou la fierté d’être avocate
  

Sonia Ben Amor, avocate au Barreau de Tunis, est devenue la nouvelle cible du régime tunisien. Depuis quelques jours, elle est dans le collimateur d’un appareil répressif on ne peut plus remonté contre les avocats. 
Dernier élément en date, l'ouverture d'une instruction à son encontre par la première chambre d'instruction du Tribunal de Première Instance du Kef, enregistrée sous le n° 20635/1, pour outrage verbal à fonctionnaire, dégradation du bien d'autrui et agression légère.
Rappelons que Maître Sonia Ben Amor s'était rendue, au lendemain du scandale judiciaire du 28 avril,  à la prison du Kef pour rendre visite à son client, Maître Abbou. La visite avait été interrompue sur ordre du directeur de la prison qui avait demandé aux gardiens de la faire évacuer du parloir. Violentée et traînée jusqu’à la porte de sortie de la prison (un médecin lui ayant notifié d’observer un repos d’une semaine), Sonia ben Amor avait chargé Maîtres Abderraouf Ayadi et Samir Ben Amor de déposer une plainte, ce qu'ils tentèrent de faire en vain le 3 mai, auprès du Procureur de la République. Sans surprise, ils avaient essuyé un refus illégal et arbitraire et la plainte n’avait pas pu être enregistrée. Ils avaient été contraints alors de l'envoyer par voie postale avec accusé de réception.
Mais contre toute attente, Maître Sonia Ben Amor d’agressée, elle se voit accuser  d’être agresseur. Elle  avait reçu une convocation le 7 mai 2005 à 9 heures du matin pour se présenter au poste de police sis rue de Cologne à 11 heures. Etant absente de son cabinet (elle observe le sit-in avec ses collègues depuis le 5 avril), le chef du district par la voie de son agent avait insinué que si elle ne se présentera pas, il notera bien qu’elle avait refusé de s’exécuter. Ainsi le juge d’instruction pourra légalement lui notifier un mandat d’amener en bonne et due forme et fournir un alibi aux organes de la répression pour envahir la « Maison de l’Avocat» et mettre fin à un sit-in qui a donné le tournis au régime.
Mais le plus beau dans cette nouvelle « affaire dans l’Affaire » est la position ô combien digne et courageuse de l’avocate Sonia Ben Amor.
Imperturbable, cette avocate courage vient de faire subir un affront à ses détracteurs en annonçant :
- son refus catégorique de se présenter devant le juge d’instruction le 12 mai pour des affaires montées par la sûreté de l’Etat, elle qui n’a pas confiance dans la justice ;
- son refus de servir de prétexte pour détourner l’attention des vrais dossiers, à savoir l’emprisonnement de MM Abbou et Ben Mrad.
Le Comité International Pour la Libération de Mohamed Abbou salue la bravoure de Maître Sonia Ben Amor, il l’assure de sa sympathie et de son soutien indéfectible, il appelle tous les amoureux de la liberté à la soutenir face à une machine répressive des plus redoutables.
Par ailleurs, le Comité exige la traduction  du directeur de la prison du Kef, son adjoint et ses agents devant la justice pour atteinte à l’intégrité physique et morale de  Maître Sonia Ben Amor ; il réclame la libération inconditionnelle et immédiate de Me Abbou et Me Faouzi ben Mrad et l’arrêt de la campagne répressive contre les avocats libres.

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

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Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou continue sa campagne pour la libération de l’avocat kidnappé et arbitrairement emprisonné depuis le premier mars dernier, mais également de son collègue Faouzi Ben Mrad  condamné pour avoir rempli comme il se doit son devoir d’avocat.
 
Un représentant du Comité a été reçu aujourd’hui par Monsieur Pascal Drouhaud, Directeur des Relations Internationales et des Affaires Européennes au sein de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire), parti du Président français Jacques Chirac et au pouvoir depuis le printemps 2002.
 
Mr Drouhaud, ancien journaliste et homme influent, qui connaît bien la Tunisie pour avoir conduit une délégation de son parti au Congrès de « l’ambition » du RCD en 2003, s’est longuement entretenu avec le représentant du Comité qui lui a rappelé que l’UMP devrait être l’ami de la Tunisie et non d’un régime qui prive son peuple de ses droits à la liberté et à la démocratie. Il était question notamment dans cet entretien de l’affaire Mohamed Abbou depuis son kidnapping, mais aussi de l’emprisonnement de Faouzi Ben Mrad et des inquiétudes quant aux menaces qui pèsent sur l’avocate Sonia ben Amor.
 
Mais il était question aussi de la grave détérioration de la situation des libertés et des droits de l’Homme et de la campagne de répression à l’encontre des représentants de la société civile tunisienne et en particulier des avocats et des journalistes. Un dossier complet sur l’affaire Abbou et les évènements récents  a été remis au responsable français.
 
En dépit de l’emploi du temps chargé de son parti à cause de la campagne du référendum sur la Constitution européenne, Pascal Drouhaud a promis de faire suivre le dossier notamment auprès du Groupe d’amitié France Tunisie et de l’Instance en charge de la francophonie. Un autre rendez-vous est prévu juste après le référendum du 29 mai.
 
Le représentant du Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou a eu l’occasion de parler (en le croisant dans les couloirs) au président du parti Nicolas Sarkozy sur la situation en Tunisie et notamment de la répression des avocats tunisiens. Ce dernier lui a promis de s’occuper personnellement du dossier.
 
Par ailleurs, Vincent Geisser n’a pas manqué de mentionner l’affaire Abbou et la répression des avocats à l’occasion de l’entretien qu’il a accordé à RFI au sujet des élections municipales de ce dimanche.
 
Le Comité continuera sa campagne auprès des responsables français. Il sera reçu ce jeudi par le PS (parti socialiste).

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

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Les avocats ne sont plus seuls

 

La résistance héroïque des avocats est en train de faire école.

Les journalistes indépendants viennent d’emboîter le pas à leurs concitoyens.

 

Lotfi Hajji président du syndicat des journalistes tunisiens est en butte à un harcèlement de tous les instants, et ce depuis la publication d’un communiqué puis d’un rapport cinglant sur la situation alarmante de la presse tunisienne présenté au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ce vendredi 6 mai.

 

Aujourd’hui encore, il a été à nouveau convoqué (par téléphone) par les policiers zélés de la Sécurité de l’État qui lui ont proféré comme à l’accoutumée des menaces et des propos orduriers.

 

D’autre part Naji Bghouri, l’un des trois journalistes (Mohsen Abderrahmane et Ziad Heni) de la très officielle Association des Journalistes Tunisiens qui viennent de rompre le silence, a été arrêté pendant de longues heures aujourd’hui et interrogé sur le rapport édifiant qu’ils viennent de rendre public et dans lequel ils épinglent le manque d’indépendance et de professionnalisme de la presse tunisienne.

 

Naji Bghouri a été remis en liberté après qu’on lui ait notifié des charges qui ressemblent à l’épée de Damoclès : diffamation d’instances publiques et judicaires, incitation des citoyens à la rébellion…

 

Les journalistes sont montés au créneau et font preuve d’un courage et d’une dignité qui forcent le respect et appellent le soutien.

 

La bravoure des avocats est en train de faire tâche d’huile auprès de Tunisiens plus que déterminés à sortir de leur léthargie et défendre leur droit à la liberté et à la démocratie.

Il est à remarquer que toutes ces manifestations de résistance à l’arbitraire sont suivies de près et avec attention (selon nos amis à Tunis) par les chancelleries occidentales qui s’intéressent de plus en plus à ce sursaut de dignité.

 

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou exprime son soutien indéfectible aux journalistes dans leur quête de liberté et appelle à maintenir la pression jusqu’à la libération de Mohamed Abbou et Faouzi Ben Mrad.

 

Paris, le 07 mai 2005