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Le SMSI et les armes de punitions massives.

 
    Dans deux mois, se tiendra le sommet mondial de la société de l'information SMSI  en Tunisie avec l'aval  et la participation des plusieurs pays et ONG et à leur tête l'ONU et l'UIT ( L'union internationale des télécommunications -dont le siège est à Genève-  est une institution spécialisée des Nations Unies qui joue le rôle d'organisateur du SMSI) . (1)

Tous les participants à ce sommet de la honte seront complices d'un régime ne respectant pas les droits de l'homme. Tous les participants vont appuyer et soutenir un sommet mondial de l'information dans un pays où toute tentative d'information est sujette à des tracasseries, intimidations, emprisonnements…. Un pays où toute tentative démocratique est bannie et punie comme un délit et parfois comme un crime. Un pays où la liberté d'expression n'est qu'utopie. Un pays où une simple navigation sur Internet peut coûter 20 ans de prison ( enfants de Zarzis … ) et une simple critique peut coûter 3 ans de prison ( Maitre Abbou ).

 C'est un pays où le pouvoir politique est devenu un pouvoir policier, économique et financier, matant et dépouillant les citoyens par tous les moyens. Des moyens indignes et ignobles avec l'aide des services de l'Etat ( chantages aux contrôles fiscaux, intimidations des investisseurs, municipalités pour l'octroi des terres ou leur classification en zones habitables, les banques avec leurs prêts et créances douteuses distribuées aux Trabelsi, les services douaniers avec leur complicité et leur complaisance dans les affaires de certains pions du régime ... ).

 Et depuis plusieurs semaines, les punitions, les sanctions, les coups tordus s'abattent sur les militants des droits de l'homme et sur toutes les associations qui aspirent à la démocratie et demandent plus de transparence et d'indépendance. Toute tentative d'expression ( réunions, congrès, articles …. ) est expressément sanctionnée par diverses façons et manières dignes d'une république de voyous et malfrats. Tous les moyens policiers, financiers, journalistiques et juridiques sont mis au profit du régime et ses pions pour mater toute aspiration à un monde plus juste, bâillonner toute voix qui s'élève en faveur des droits de l'Homme, et occulter toute discussion concernant les injustices et les affaires sordides du régime.

Et ce sommet va, encore une fois, conforter un président qui est à la tête de l'Etat depuis plus de 17 ans sans légitimité aucune. Un président incompétent ( sauf en répression ) et à la tête d'un clan devenu un gang mafieux.

 Cependant deux questions se posent :

  1. Que faire dans ces circonstances ?
  2. Que cherche le pouvoir à démontrer par ces actions ?

    A la première question, une réponse unique et constante :

    Des hommes et des femmes avec beaucoup de courage et détermination qui combattent et agissent sans relâche pour plus de démocratie et pour que les droits de l'homme soient respectés.
    Des idées et discussions dans tout le pays, des initiatives en tout genre pour dire NON aux mascarades ( tracts, pétitions, mise sur Internet d'articles et analyses, fax, manifestations …. ).
    Des actions avec beaucoup de tolérance et de détermination pour agir contre une banalisation de la corruption, de l'injustice et de la dictature.

    Par contre la deuxième question induit des réponses multiples et variables dont :
    • Le pouvoir est devenu arbitraire et erratique et des décisions irrationnelles sont prises par des incompétents. 
    • Une tactique qui consiste à repousser les limites au maximum et lâcher du lest quelques jours avant le SMSI  pour faire semblant « d'avancer dans le chemin de la démocratie ».
    • Une offensive d'un clan du pouvoir pensant que c'est uniquement la force et la répression qui peuvent donner des résultats. 
    •  Une opération provocatrice pour forcer l'annulation du SMSI due à un éventuel échec pressenti à l'avance et pour éviter les critiques qui seraient formulées à l'encontre du régime par les journalistes et participants.
    • Une opération choc orchestrée par la mafia du tourisme pour engranger les 3 millions de francs suisses reçus en donations et payés en avance pour les préparatifs du sommet à des sociétés détenues par les malfrats du régime. Une grande partie de ces sommes ont déjà été avancées à divers établissements touristiques et agences pour régler les frais d'hébergement et les préparatifs du sommet. ( les donations doivent s'élever en tout à 5 Millions de FS )

    Et peut-être d'autres réponses, mais peu importe les réponses, les citoyens veulent savoir :

    • Que fait l'ONU ?
    • Que font les médias occidentaux ?
    • Que font les ONG ?
    • Que font les pays occidentaux ?

     C'est leur devoir de répondre aujourd'hui même et pas dans 5 ou 10 ans. C'est leur devoir de s'inspirer du message de Kofi Annan dans lequel il dit :

    Ce Sommet est unique en son genre: contrairement à la plupart des conférences mondiales, il n'est pas consacré aux menaces qui pèsent sur la planète, mais aux moyens de mieux tirer parti d'un nouvel atout mondial, les technologies de l'information et de la communication. 

    Nul n'ignore le pouvoir extraordinaire de ces technologies…..nous avons entre nos mains, dans nos ordinateurs et dans le ciel au-dessus de nous, les moyens d'améliorer les conditions de vie de millions d'êtres humains.  Les technologies de l'information et de la communication ne sont pas une panacée, ni une formule magique, mais elles peuvent contribuer à améliorer la vie de tous les habitants de la planète. Nous possédons les outils permettant d'accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement; les instruments nécessaires pour promouvoir la cause de la liberté et de la démocratie ainsi que les vecteurs de la connaissance et de la compréhension mutuelle. La raison d'être de ce Sommet est de trouver comment concrétiser un tel potentiel. 

    Faut-il rappeler à Kofi Annan que l'ex président irakien a été déchu pour des soit disant armes de destruction massive genre bombes lacrymogènes. Et l'ONU  ainsi que les pays occidentaux et leurs moyens d'information y ont joué un rôle déterminant. Pourquoi ne font ils pas la même chose avec notre Président ? Un président  qui détient des armes de punitions massives. Un régime qui use sans modération des représailles collectives touchant à la fois les magistrats, les avocats, les journalistes, les enseignants, les syndicalistes … 

    Pourquoi les pays occidentaux et les ONG dignes de ce nom ne font rien pour contraindre l'ONU à agir et annuler le SMSI faute de démocratie ?
     

    (1) L'assemblée générale de l'ONU a approuvé La résolution 56/183  du 21.12.2001


    Que faire ?

    Dans moins de 2 mois, un détail va se rajouter au lot de mascarades du régime tunisien -un régime « démocratique » d’après l’échelle ouverte de Pinochet- : Les élections du 24 octobre 2004.

    - Pour plusieurs personnes genre Hypocrisie-Fatalité -de type NCH- on ne doit pas boycotter ces élections-comédie de mauvais genre. Ces personnes justifient leur choix (par peur, hypocrisie ou simple complexe d’infériorité couplé à un asservissement inné) pour dire qu’en quelque sorte Zaba est « le moins mauvais » !
    - Pour les islamistes : aucune position claire si ce n’est des états d’âme incompréhensibles ( pour moi en tout cas ).
    - Et heureusement pour plusieurs autres personnes (أصحاب الهمة) , transférer le pouvoir -à travers un vote pour le rendre légitime- dans des mains douteuses et mafieuses tachées de sang et d’argent sale et/ou volé est un acte criminel. Et donc la position est claire : Boycott !

    Mais est ce que le boycott est suffisant et significatif ? Est-ce que le boycott peut nous avancer à quelque chose et faire reculer la dictature ? Ce n’est pas évident et pourtant c’est le strict minimum à faire !

    Alors que faire ?

    Que faire d’un pouvoir qui ne sait tenir les promesses et oublie souvent les beaux discours du 7 au lendemain de la journée du 8. Que faire d’un pouvoir qui use de façon intelligente -relative- des plusieurs atouts ?
    Ce pouvoir qui a verrouillé toutes les institutions et modelé à sa façon le visage politique du pays, dérive de plus en plus vers un pouvoir économique qui à la fois pille le pays et bloque toutes les initiatives d’investissement (par peur plusieurs industriels et entrepreneurs ne peuvent s’aventurer dans n’importe quel créneau sans craindre d’être pillés ou écartés des affaires juteuses). Et en même temps, le pouvoir a bénéficié et bénéficie encore des effets du 11 septembre pour pousser à l’extrême son acharnement au niveau des droits de l’homme et des libertés avec un laisser faire relatif de la part des certaines institutions et médias étrangers.
    Que faire d’un pouvoir qui use de toutes ses possibilités pour camoufler les failles et faire croire aux citoyens que le pays avance. La dévaluation du dinar de façon successive depuis des mois laisse penser que les technocrates du Bercy tunisien usent des colmatages monétaristes pour faire disparaître les dégâts présents et à venir à la cause à la fois de la situation catastrophique des plusieurs secteurs (essentiellement tourisme et Textile) et de l’effet de la conjoncture défavorable.

    Pour répondre à la question, je pense qu’il faut agir et sans relâche à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays :

    1 - À l’intérieur : Mette la lumière sur toutes les dérives (décisions administratives , jugements prononcés, opérations commerciales montées...) et donner les noms des toutes les personnes participant aux manœuvres douteuses du simple flic au haut responsable ministériel en passant par les juges , les patrons , les universitaires complices du régime. Expliquer aux citoyens par tous les moyens possibles que la Tunisie régresse sur tous les plans et qu’un jour toutes les personnes impliquées auront des comptes à rendre.

    2 - À l’extérieur : donner le maximum d’informations aux médias et essayer de participer à toutes les rencontres. Mais surtout axer le travail sur les entreprises et institutions ayant des liens de coopération avec la Tunisie pour les contraindre à prendre position et à faire pression sur le pouvoir. En effet, la plupart des entreprises soignent de plus en plus leur communication et ne veulent pas être mêlés à des histoires mettant en cause leur notoriété.

    Une dernière remarque : dans la quasi-totalité des pays sous-développés, la plupart des citoyens croient qu’ils doivent être au service du pouvoir. Et là, la démocratie ne pourra jamais voir le jour tant que cette idée ne soit pas inversée : Il faut que les citoyens soient convaincus que c’est le pouvoir qui doit être à leur service.