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  En plus des prisonniers politiques, des centaines de personnes "libérées" vivent d'autres calvaires en dehors des prisons :  Obligation de passer régulièrement au commissariat ( jusqu'à 3 ou 4 fois par jour ), Privation d'emploi, interdiction de se déplacer dans le territoire, descentes et perquisitions aux domiciles,  .............

Liste des prisonniers - par Tunezine

Site PLPP : Pour la libération des prisonniers politiques tunisiens


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis
Tel/fax : 71 354 984


Le 23 février 2007
Communiqué

** Les forces de police ont empêché la tenue de la réunion prévue le 23 février 2007 au local du Parti Démocratique Progressiste, appelée par le Comité du 18 octobre pour les Droits et les Libertés, avec la participation de l’AISPP, sous le slogan « journée du prisonnier politique en Tunisie, pour la promulgation d’une amnistie générale ».

** De nombreuses forces de police ont encerclé le siège du parti, interdisant à des figures emblématiques du mouvement du 18 octobre pour les droits et les libertés d’y pénétrer, tandis qu’étaient arrivés de nombreux invités, notamment des familles de prisonniers politiques venus en masse en bravant les entraves. Il était prévu que Maître Mohammed Nouri prenne la parole pour parler des souffrances des prisonniers politiques et de leurs familles ainsi que des brimades et provocations subies par les ex prisonniers, mais la police lui a interdit l’entrée dans le local.


** Messieurs Mohammed Néjib Laouati et Ajmi Lourimi observent une grève de la faim depuis trois jours pour protester contre les mauvais traitements auxquels ils sont soumis, l’administration pénitentiaire ayant bouché l’unique source d’aération de leur cellule. N’en pouvant plus de suffoquer, ils ont décidé de mener une grève de la faim pour que soit mis un terme à ces brimades et pour exiger leur libération. Messieurs Mohammed Néjib Laouati et Ajmi Lourimi sont incarcérés à la prison de Sfax où ils effectuent une peine d’emprisonnement à perpétuité. Ils ont déjà passé plus de seize années dans différentes prisons tunisiennes.

** Le prisonnier d’opinion Hassam Rihan a été agressé et mis au cachot à la prison de Mornaguia, rien que pour avoir voulu faire ses ablutions et sa prière.

Pour le Comité directeur de l’Association
Maître Mohammed Nouri

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Tunisnews 25 Février 2007

 


ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE (OMCT)
Communiqué de Presse


Tunisie : Me Mohamed Abbou en grève de la faim et aggravation de ses conditions de détention

Genève, le 15 mars 2006. Le Secrétariat international de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a été informé par le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), membre du réseau SOS-Torture, de la grève de la faim que vient d’entamer Me. Mohamed Abbou, ancien dirigeant de l’Association des jeunes avocats (AJA), membre du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et de l’Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques (AISSP).
En effet, selon les informations reçues, depuis le 11 mars 2006, Me Mohamed Abbou, incarcéré depuis le 1er mars 2005 pour avoir publié une tribune sur Internet en août 2004, dans laquelle il dénonçait les conditions de détention en Tunisie, est en grève de la faim. Il entend ainsi protester contre ses conditions de détention qui se sont aggravées depuis le 2 mars 2006, date à laquelle de nombreuses personnes se sont rassemblées devant la prison de Kef où il est détenu, malgré l’interdiction de la police et la garde nationale.

Depuis lors, Me Mohamed Abbou a été réveillé à plusieurs reprises en pleine nuit par les gardiens qui ont procédé à des fouilles par mesure de rétorsion. L’administration carcérale aurait également incité certains co-détenus de droit commun à le harceler et colporter des rumeurs touchant à son honneur et celui de sa famille. De même, les gardiens ont interrompu la visite hebdomadaire après trois minutes, malgré l’insistance de sa mère, qui ne l’avait pas vu depuis trois mois. Sa femme, Mme Samia Abbou, a décidé depuis le 2 mars 2006 de ne plus rencontrer son mari derrière les barreaux durant la visite hebdomadaire, et de se contenter d’un sit-in devant la prison chaque jeudi, jour de visite, en signe de protestation contre le sort injuste que subit son mari. Un impressionnant dispositif policier l’a alors entourée durant son sit-in. De nombreuses voitures de la sûreté de l’Etat et de la garde nationale l’ont également « escortée » durant tout le trajet qui mène de Tunis à Kef (170 Km) et la voiture de Me Idoudi, qui l’avait accompagnée, a été « contrôlée » une dizaine de fois durant ce trajet, les documents de sa voiture ont été saisis et un procès-verbal a été dressé à son encontre.

Le Secrétariat international de l’OMCT exprime sa vive inquiétude au sujet des conditions de détention de Me Abbou et quant à son intégrité physique et psychologique, et demande la libération immédiate de Me Abbou. L’OMCT demande également aux autorités tunisiennes de mettre un terme aux actes de harcèlement à l’encontre de la famille de Me Abbou.


Contact presse :
Eric Sottas : +41 22 809 49 39


Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou (CILMA)
Affaire Abbou : le régime accentue la répression

 

Maître Mohamed Abbou s’apprête à passer sa 400ème nuit en prison.
Kidnappé dans la rue puis incarcéré injustement depuis le premier mars 2005, cet avocat de la liberté, comme le surnomment ses pairs, doit purger une peine de prison ferme de trois ans et demi pour avoir osé écrire sur les dérives du régime tunisien et en particulier le président en exercice Ben Ali.
Une année d’acharnement policier, judiciaire et médiatique n’a pas suffi à assouvir l’appétit de vengeance d’une dictature qui a fait de la chasse aux opposants son domaine de prédilection !
Après avoir violemment empêché, il y a quelques jours la tenue d’un rassemblement de protestation devant la prison du Kef, le régime tunisien s’est retourné encore une fois contre Mohamed Abbou en dressant contre lui des agents pénitentiaires et des prisonniers de droit commun (ou ceux qui en reste après la libération de centaines d’entre eux !) et ce afin de rendre infernal son séjour carcéral.
Menaces, insultes, humiliations de tout genre, agressions sont devenus donc le quotidien de Maître Abbou qui vient d’alerter ses avocats au sujet de ce stratagème abjecte.
En guise de protestation contre son incarcération et les conditions de sa détention, sa femme Samia Abbou refuse de se contenter d’une visite aussi courte (trois minutes) qu’éprouvante. Elle a décidé de manifester sa colère et son indignation devant la prison où « est tenu en otage son mari », bravant ainsi les barbouzes déchaînés du régime dépêchés tous les jeudis au Kef (jour et lieu de la visite hebdomadaire).
Devant cet acharnement qui ne finit pas, Mohamed Abbou a décidé d’entamer une nouvelle grève de la faim. Sa famille, ses avocats et ses amis craignent que cette nouvelle abstention ne porte un préjudice irrémédiable à sa santé.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, tient le régime tunisien, et en premier lieu le président Ben Ali, pour responsable de toute atteinte à l’intégrité physique de Mohamed. Il réclame encore une fois sa libération immédiate et inconditionnelle, il promet enfin d’intensifier la mobilisation jusqu’à ce qu’il soit mis fin à cette injustice.

Paris, le 12 mars 2006
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou
Contact : abboulibre@yahoo.fr
Source : http://cprtunisie.net/article.php3?id_article=428


 

C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
contact@crldht.org / www.crldht.org
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COMMUNIQUE


EMPRISONNER POUR POUVOIR GRACIER
Ou comment le vice rend hommage à la vertu !



C’est ce mot d’ordre absurde qui pourrait parfaitement résumer la politique ubuesque de l’Etat tunisien en matière de libertés et des droits de l’homme.

En effet, les autorités tunisiennes ont pris la décision de rendre la liberté à plus de 1500 détenus parmi lesquels les six jeunes «internautes de Zarzis», condamnés en 2004 en vertu de la loi anti-terroriste, et prés de 80 détenus politiques islamistes condamnés pour la plupart dans le cadre de l’implacable répression menée par l’Etat – RCD contre le mouvement «En-Nahdha».

Cette mesure, présentée comme procédant d’une décision de grâce présidentielle, s’inscrit en réalité, dans le cadre de la politique « de libération au compte-gouttes » des détenus politiques chaque fois que l’image fissurée du régime despotique en prend « un coup » (le dernier en date étant la grève de la faim collective du 18 octobre 2005 pendant la tenue du Somme mondial de la société de l’information –SMSI- qui a dévoilé, encore une fois, l'autoritarisme du Parti-Etat-RCDiste). Elle ne doit pas nous cacher l'essentiel de ce qui doit être fait pour sortir le pays de l’état de blocage politique endémique qui le paralyse.

Le CRLDHT déplore l’absence de transparence, à tous égards inacceptable, qui a marqué les conditions dans lesquelles ces libérations ont été effectuées. Il rappelle que tous les anciens détenus ayant bénéficié de décisions de libération conditionnelle ont été astreints à des mesures de contrôle administratif et policier contraignant (visites régulières aux postes de police, pressions familiales, interdits professionnels, tracasseries de tous ordres etc.…) qui ont fait que la Tunisie est devenue pour ces anciens détenus et leurs familles une grande prison « aux barreaux invisibles ». Cela a notamment concerné plusieurs centaines d’anciens détenus islamistes et leurs familles.

Le CRLDHT, tout en félicitant les « graciés » et leurs familles (y compris politiques) de la liberté recouvrée, considère que cet élargissement constitue un soulagement pour les bénéficiaires qui ont vécu de terribles épreuves au cours de leur détention qui a duré pour certains plus de 14 années parfois dans l’isolement cellulaire ! Les familles des détenus élargis et leurs proches ne peuvent que se réjouir de ces mesures qui constituent un élément positif sur le plan humain.

Le CRLDHT tient, cependant, à rappeler que « les cellules » et autres « cachots » de la honte continuent, hélas, à être peuplés de centaines de prisonniers d’opinion, arbitrairement privés de leur liberté uniquement pour avoir exprimé une idée critique (l’exemple de l’avocat Mohamed ABBOU), ou manifesté leur appartenance à un parti politique illégitimement interdit (essentiellement ENNAHDHA). Autant dire que notre combat pour la liberté, la démocratie et les droits humains continue. De même que notre exigence d’une justice indépendante affranchie de l’hégémonie et de l’instrumentalisation dégradante des autorités, demeure à l’ordre du jour…
Aussi, le CRLDHT :
- salue la résistance du Bureau exécutif légitime de l’association des Magistrats Tunisiens, qui a fait preuve d’un extraordinaire courage face à l’autoritarisme du pouvoir ; et leur dit avec regret qu’on aurait souhaité que ce soit leur justice qui innocente les victimes de la détention arbitraire… et les indemnise du préjudice incommensurable qu’ils ont subi du fait des tortionnaires…
- exprime sa solidarité indéfectible avec la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme, qui continue à endurer les conséquences de la politique liberticide du régime en étant mise dans l’impossibilité de re-prendre son Congrès et assurer dans des conditions normales de dignité et d’indépendance l’exécution de sa noble mission…
- appuie le combat des avocats tunisiens (et leur Conseil national) pour l’indépendance de leur profession et pour l’instauration d’un authentique Etat de droit respectueux des droits inaliénables de la défense au service des citoyens et des justiciables, tout en leur exprimant notre soutien dans la bataille qu’ils mènent contre le projet de loi relatif à la création d’un Institut supérieur de «l’avocature», et qui constitue une nième tentative de mise au pas de leur profession libérale, en reproduisant à l’identique la triste expérience de la mainmise du ministère de la Justice sur l’Institut supérieur de la Magistrature… ;
- manifeste son soutien total à l’égard du Syndicat des Journalistes Tunisiens qui défend, malgré la répression ininterrompue, l’honneur du 4ème pouvoir réduit à un état de « servitude médiatique » affligeant
- exprime sa solidarité entière et indéfectible à l’égard des femmes et hommes du Mouvement du 18 Octobre pour les Droits et les Libertés qui constituent, désormais, la cible idéale de l’appareil répressif du pouvoir en place ;
- rappelle que la revendication essentielle pour l’ensemble des démocrates tunisiens demeure celle de la libération de tous les détenus politiques, le retour des exilés et la promulgation d’une amnistie générale pour toutes les victimes de la répression politique en Tunisie.

- Tunisnews  du 6 mars 2006


Communiqué : 27/02/2006  


Voix libre apprend l’élargissement d’environ 80 prisonniers d’opinions tunisiens, dont la plupart a passé une quinzaine d’année derrière les barreaux dans des conditions d’une exceptionnelle dureté.
Cet élargissement conditionnel, survient peu après la remise du rapport du CICR sur l’état des prisons tunisiennes, et en particulier sur les conditions de détention inhumaines et dégradantes des prisonniers politiques décriées par tous les défenseurs des droits humains, en Tunisie et dans le monde durant ces 15 dernières années. Le contenu de ce rapport n’a pas été divulgué, mais sa teneur n’en est sans doute pas moins accablante.
L’entêtement du régime tunisien à nier le caractère politique des prisonniers et la politique d’élargissement au compte goutte laissant croupir actuellement quelques 300 prisonniers politiques n’indiquent malheureusement pas une volonté de tourner cette page douloureuse de l’histoire récente de la Tunisie.
Voix libre assure les détenus politiques de sa détermination sans faille à continuer le combat jusqu’à ce que le dernier des prisonniers politiques recouvre sa liberté.
Nous tenons à saluer le courage des prisonniers élargis et exprimons notre joie de les voir enfin parmi les leurs.
Ci jointe la liste non définitive des prisonniers d’opinion triés par lieu de détention:

Prison Bourj Erroumi: 20

  1. Abderraouf Draouil
  2. Adel Zarrouk
  3. Ahmed Ibdelli
  4. Arbi Ouislati
  5. Hichem Essaädi
  6. Kaïs Ben Saïd
  7. Kamel Hajjam
  8. Koussay Jaäidi
  9. Mohamed Âmmar
  10. Mohamed Ali Mhadhebi
  11. Mohamed Habib Ayachi
  12. Nacer Bjaoui
  13. Nacer Oudouani
  14. Omar Firchichi
  15. Rached Jïdane
  16. Saber Hamrouni
  17. Salah Eddine Dhouafi
  18. Salim Ben Romdhane
  19. Salim Gritli
  20. Sofiane Darouiche

Prison de Bourj Alâamri: 19

  1. Adel Zarrouk
  2. Ali Ouislati
  3. Bilel Baldi
  4. Chokri waddaye
  5. Îiryan Mbazaä
  6. Kamel Ben Rajeb
  7. Khaled Kaouache
  8. Khaled Riyahi
  9. Makded Äarbaoui
  10. Mohamed Chinnaoui
  11. Mohamed Najib Gharbi
  12. Mounir Riyahi
  13. Mounji Khalfi
  14. Naji Fatnassi
  15. Noureddine Lasoued
  16. Omar Farouk Chelindi
  17. Omar Rached
  18. Ridha Haj Brahim
  19. Sassi Maye

Prison de 9 Avril Tunis: 7

  1. Abdelghaffar Guiza
  2. Abdelhamid Abdelkarim
  3. Abdelmajid Ghidhaoui
  4. Chadheli Ben Cheikh
  5. Lamine Zidi
  6. Mabrouk Chenitir
  7. Mohamed Mouncef Ouirghi

Prison de Gabes: 5
 

  1. Hedi Jerbi
  2. Lassäad Hani
  3. Lotfi Farhat
  4. Mohamed Ali Berrajeb
  5. Ridha Chine


Prison de Mahdia: 5

  1. Abdeljaoued Äabboud
  2. Hamadi Jebali
  3. Imed Naouar
  4. Mohamed Hannachi
  5. Mourad Hammami

Prison de Sfax: 5
Ali Hourabi
Ayman Mcharek
Fayçal Âayadi
Hamza Mahroug
Kilani Mountassar
 

Prison de Bizerte Ville: 4
Abedelhamid Zoughbi
Chamseddine Dallaji
Hafedh Mazhoud
Mounir Tarhouni


Prison de Mornague: 4

Ezeddine Hammami
Khaled Koute
Mounir Chekir
Samir Ben Nour


Prison de Jandouba: 3
Choukri Zoughlami
Habib Sïidi
Mohamed Balti

Prison de Kef: 2

Abderrahmane Madyouni
Ibrahim Zoughlami


Prison de Messedine: 2
Habib Dhaouafi
Taha Bagga


Prison de Sidi Bouzid: 2
Adel Maäroufi
Mohamed Mouldi Mansouri
 

Prison de Beja:1
Jaber Maäroufi

Prison de Nadhour: 1

Taoufik Fatnassi

Voix Libre
Organisation Oeuvrant pour les Droits de l'Homme
27 rue rue Clement Perrot
94400 Vitry sur seine- France
Tel : 33 6 26 37 49 29 Fax : 33 1 43 63 13 52


D'après Reporters Sans Frontières (RSF)

Journalistes emprisonnés

Cyberdissidents emprisonnés

 


Le Parlement Européen appelle Tunis à respecter ses engagements

    AFP, le 15.12.2005 à 15h24
            STRASBOURG (Parlement européen), 15 déc 2005 (AFP) - Le  Parlement européen (PE) a appelé la Tunisie à respecter ses  "engagements relatifs aux libertés fondamentales, notamment la  liberté d'_expression et d'association", dans une résolution adoptée  jeudi.
 
            Le PE dénonce "le mépris" en Tunisie d'engagements pourtant  rappelés dans la déclaration finale du Sommet mondial sur la société  de l'information (SMSI) organisé en novembre en Tunisie.
 
            Dans cette déclaration, les Etats participants indiquaient "que  le respect plein et entier des droits de l'Homme et de la démocratie  constitue le fondement même de la société de l'information", précise  le PE dans sa résolution.
 
            Le PE a demandé au Conseil (les 25 Etats membres) et à la  Commission européenne de réagir dans le cadre de l'accord  d'association qui lie l'UE à la Tunisie et de le tenir informé des  démarches effectuées. 

TEXTE INTEGRAL DE LA RESOLUTION DU PE:

Le Parlement pointe les droits de l'homme et la liberté de la presse en Tunisie

 
Dans une résolution adoptée ce jour, le Parlement rappelle, après les incidents qui ont marqué le sommet mondial de la société de l'information de Tunis, que la clause consacrée aux droits de l'homme constitue un élément essentiel de l'accord d'association euro-méditerranéen de l'Union européenne avec la Tunisie de 1998. 
 
 Le Parlement souligne la contradiction évidente entre la déclaration finale du sommet mondial de la société de l'information de Tunis -dans laquelle les États indiquent que le "respect plein et entier des droits de l'homme et de la démocratie constitue le fondement même de la société de l'information"- et le mépris de cet engagement par le pays hôte. Pour mémoire, des incidents ont marqué la tenue du sommet mondial sur la société de l'information des 16-18 novembre à Tunis. Un journaliste français, Christophe Boltanski, a été agressé et Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, lauréat du prix Sakharov 2005, a été refoulé du territoire tunisien.
 
Si les députés se félicitent des importants progrès économiques et sociaux enregistrés en Tunisie, notamment dans les domaines de l'éducation et de la formation, de la santé et de la sécurité sociale, ils formulent le vœu que ces avancées s'accompagnent de progrès dans les domaines de la consolidation de la démocratie, de l'État de droit et des droits de l'homme, notamment de la liberté d'_expression, de la liberté d'association et de l'indépendance de la justice qui font partie de l'acquis du processus de Barcelone.
 
Les députés demandent aux autorités tunisiennes de permettre à la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) et au syndicat des journalistes tunisiens (SJT) de tenir leur congrès, de débloquer les fonds européens alloués; de coopérer pleinement avec la Commission pour mettre en œuvre rapidement le projet «modernisation de la justice» financé par le programme MEDA 2004-2006 qui, prioritairement, devrait renforcer les garanties de l'indépendance de la justice.
 
Le Conseil et la Commission sont invités à prendre, en coopération avec le Parlement européen, les "initiatives concrètes et les mesures adéquates" lors de la tenue dans un délai rapproché du conseil d'association. Le Parlement  rappelle à cet égard la mise en place d'un sous-comité «droits de l'homme» UE-Tunisie dans le cadre de l'accord d'association.
 
Les députés demandent au Conseil et à la Commission d'informer pleinement le Parlement des démarches effectuées et des décisions prises lors du prochain conseil d'association UE-Tunisie. Dans le même ordre d'esprit, le Conseil et la Commission devront informer l'opinion publique des démarches entreprises concernant les défenseurs des droits de l'homme.
 
Après le vote, Catherine Trautmann (PSE, FR) a souligné que cette résolution arrivait à point nommé, au moment même où le prix Sakharov est décerné.
 
Par ailleurs les députés se félicitent que l'Union européenne, parlant d'une seule voix, ait pu exprimer une position forte dans les discussions à Tunis et jouer un rôle moteur en particulier dans les avancées sur la gouvernance d'Internet et la concrétisation du plan d'action. Le Parlement, qui a été associé tout au long de ce processus, souhaite que cette méthode soit poursuivie à l'avenir.
 
Le Parlement prend acte avec satisfaction de la décision de poursuivre le processus, suite à l'accord intervenu sur la gouvernance de l'Internet. Il se félicite du choix d'une coopération renforcée entre gouvernements sur le principe d'une égalité de traitement entre États ainsi que de la création d'un forum sur la gouvernance d'Internet. Ces avancées répondent au souci exprimé par le  Parlement de bâtir une gouvernance de l'Internet équilibrée.
 
La résolution sera transmise au Conseil et à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la Commission des droits de l'homme des Nations unies, ainsi qu'au gouvernement tunisien, à l'Union internationale des télécommunications ainsi qu'au comité d'organisation de haut niveau et au secrétariat exécutif du Sommet mondial de la société de l'information. 
 
 
REF.: 20051208IPR03381Contact:
Fabienne GUTMANN-VORMUS
Rédaction & Diffusion
: Presse-fr@europarl.eu.int
: (32-2) 28 40650 (BXL)
: (33-3) 881 72649 (STR)

 
(Source : site officiel du parlement européen, le 15 décembre 2005 à 15h05)
URL : http://www.europarl.eu.int/news/expert/infopress_page/015-3559-349-12-50-902-20051208IPR03381-15-12-2005-2005--false/default_fr.htm
 

Tunisie: un expert de l'Onu demande la libération des prisonniers d'opinion

AFP 17.10.05
 

Un expert des Nations unies a réclamé la libération des prisonniers d'opinion en Tunisie, pays qui doit accueillir dans un mois le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), a-t-on appris lundi à Genève. Dans un communiqué, le rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression de la Commission des droits de l'Homme, Ambeyi Ligabo, a invité Tunis à "libérer sans condition tous les détenus d'opinion et de la presse et de permettre le plein exercice de la liberté d'opinion et d'expression dans le pays".M. Ligabo a indiqué avoir reçu des informations concernant des violations de la liberté d'opinion et d'expression en Tunisie, notamment des cas récents comme l'interdiction du congrès d'un syndicat de journalistes, la condamnation à la prison d'un avocat pour avoir publié des articles controversés, et des campagnes de dénigrement contre des militants des droits de l'Homme. Cet appel survient alors que Tunis doit accueillir du 16 au 18 novembre le SMSI, une grand messe onusienne censée se pencher sur les moyens de réduire la fracture numérique entre Nord et Sud. Fin septembre, les pays occidentaux ont adressé une mise en garde à la Tunisie en lui demandant de garantir la liberté d'expression lors du sommet, dénonçant "plusieurs incidents" durant une réunion du comité préparatoire à Genève. Selon la presse suisse, un haut responsable tunisien chargé de l'organisation du sommet a ainsi interrompu une réunion de plusieurs ONG à l'intérieur même du siège des Nations unies à Genève et intimé l'ordre aux participants de quitter les lieux

Source : Le Monde


 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Président fondateur : le défunt Mohammed Chakroune
Tel : 71 340 860
Fax : 71 351 831
 
Tunis, le 21 septembre 2005
 
Bulletin d’information sur les prisonniers politiques N°9
 


1-     Le 21 septembre 2005, le journaliste Mohammed Fourati sera déféré devant la Cour d’Appel de Gafsa, qui examinera l’affaire renvoyée par la Cour de Cassation. La Cour d’Appel de Gafsa avait confirmé le jugement en première instance prononçant un non lieu en faveur du journaliste Mohammed Fourati pour appartenance à une association non reconnue.
2-     Le 22 septembre 2005, le prisonnier politique Adel Rahali sera déféré devant la Cour d’Appel de Tunis dans le cadre de l’affaire n° 6455, en appel du jugement en première instance le condamnant à l’emprisonnement pour une durée de dix ans, à une amende et à une peine de contrôle administratif pour adhésion à une organisation hors du territoire de la République ayant fait du terrorisme un moyen pour réaliser ses objectifs, et l’utilisation d’un pseudonyme pour désigner l’organisation terroriste et ses activités.
3-     Le détenu politique Taoufik Selmi sera déféré le 27 septembre 2005 devant le tribunal militaire permanent de Tunis dans le cadre de l’affaire 4979, pour y répondre d’une série d’accusations. Taoufik Selmi a été livré par le Luxembourg en avril 2003 et expulsé avec son épouse et leurs trois filles au mépris des procédures de renvoi.
4-     Le 16 septembre 2005, le tribunal cantonal de Tunis, présidé par le juge Lotfi Abdi, a prononcé un verdict condamnant l’ex prisonnier politique Mustapha Arfaoui à un mois d’emprisonnement pour infraction aux exigences du contrôle administratif. Monsieur Mustapha Arfaoui est vétérinaire. Il a passé 12 ans et 8 mois en prison à la suite de son procès dans le cadre de l’affaire 76110 devant le tribunal militaire en 1992. Il a été libéré en 2003.
5-     L’AISPP a appris que les prisonniers politiques Hamadi Jebali, Abdelhamid Jelassi, Hedi Ghali, Bouraoui Makhlouf, Mohammed Salah Gsouma et Zine El Abidine Senoussi, détenus à la prison de Mehdia, étaient en grève de la faim depuis le 15 septembre 2005 pour exiger leur libération.
6-     Madame Afifa Bouziri a fait état de ce que son époux, le prisonnier politique Habib Ayachi, détenu à la prison de Borj Er Roumi à Bizerte, était en grève de la faim depuis le 19 septembre 2005 pour exiger sa libération. Le prisonnier politique Habib Ayachi purge une peine de vingt ans d’emprisonnement à la suite de son procès dans l’affaire n°76111 examinée par le tribunal militaire de Tunis en 1992. Pendant sa période de detention en isolement il a été privé de tout matériel d’écriture et de lecture.
7-     L’AISPP a appris que le prisonnier politique Mohammed Akrout, détenu à la prison de Sfax dans le pavillon d’isolement, était en grève de la faim depuis le 29 août 2005 pour réclamer un régime alimentaire, des soins, et son droit à la correspondance.
8-     L’AISPP a appris que messieurs Maher Khalsi et Nejib Gharbi étaient en grève de la faim à la prison de sinistre réputation de Borj El Amri, pour protester contre la situation dégradée de la prison, l’interdiction qui leur est faite de lire, d’écrire, leur privation de promenade, et pour exiger leur libération.
9-     Monsieur Abdelmajid Bouhjila, membre fondateur de l’association, père du prisonnier politique Abdellatif Bouhjila, a dit avoir été empêché de rendre  visite à son fils détenu à la prison civile de Tunis depuis cinq semaines consécutives, la dernière fois remontant au 20 septembre. Bien qu’il soit resté des heures dans la cour de la prison et qu’il ait exigé des explications, l’administration ne lui en a fourni aucune.
10- L’association a appris que les prisonniers politiques détenus à la prison civile  de Tunis : Nabil Rtibi, Nabil Slimani, Sohel Beldi et Saber Ben Mokhtar Hosni, avaient commencé une grève de la faim le 20 septembre 2005. Ils ont tous été écroués en juin 2005 par le premier bureau d’instruction du Tribunal de Première Instance de Tunis dans le cadre de l’affaire 980, accusés d’adhésion à une organisation hors du territoire de la République, utilisant le terrorisme pour parvenir à ses fins, l’utilisation d’un pseudonyme pour designer l’organisation terroriste et ses activités, d’avoir suivi des entraînements militaires hors du territoire de la République pour commettre des crimes terroristes, l’appel à adhérer à une organisation ayant un lien avec les crimes terroristes, la mise à disposition de locaux pour les réunions, en vertu des articles 4, 5, 11, 12, 13, 14, 15, 18, 55 et 57 de la loi n°75 de l’année 2003, promulguée le 10 décembre 2003, de soutien aux efforts internationaux de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.
11-  Le journaliste et ex-prisonnier politique Abdallah Zouari poursuit sa grève de la faim commencée le 23 août 2005, depuis La Khriba à Hassi Jerbi, le lieu de sa relégation et de son bannissement dans le sud tunisien, où il est assigné à residence, loin de son épouse et de ses enfants qui résident dans la capitale, Tunis. Les autorités continuent de feindre d’ignorer les appels à mettre fin à l’injustice qui frappe monsieur Zouari et sa famille. Cette grève de la faim vise à lui restituer ses droits civiques et les droits garantis par les pactes et conventions internationaux.
12-  L’association a appris que l’ex prisonnier politique Adel Thabti est en grève de la faim depuis le 5 septembre 2005 pour que le ministère de l’Enseignement supérieur accède à sa demande de pouvoir étudier et réintégrer l’université pour y obtenir le diplôme de professeur d’histoire. Le droit à l’enseignement est garanti par toutes les constitutions et les conventions internationales. Adel Thabti a étudié à l’université tunisienne où il était inscrit en second cycle branche histoire (4ème année) à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis en 1990-1991. Il était membre du Bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne Des Etudiants, chargé de l’information, Union dont les activités ont été gelées au printemps-été 1991. Il avait été condamné en 1991 à cinq années d’emprisonnement qu’il a purgées intégralement.
13- L’AISPP a appris que le détenu politique Karim Harouni, incarcéré à Sfax où il purge une peine d’emprisonnement à perpétuité, avait déposé plainte devant le procureur de la République de Sfax par l’entremise de l’administration de la prison, contre Ridha Boubaker, l’ex directeur de l’administration pénitentiaire, pour l’avoir maintenu pendant quatorze années en isolement total en violation de la loi sur les prisons et en violation des conventions internationales, isolement qui a engendré chez lui diverses pathologies. Karim Harouni était le secrétaire général de l’UGTE et avait obtenu un diplôme d’ingénieur principal.
14- L’AISPP a appris que le prisonnier d’opinion Abdellatif Bouhjila, détenu à la prison du 9 avril en isolement, et qui purge une peine de onze années, a déposé plainte auprès du procureur de la République contre Riadh Lamari, responsable de l’administration pénitentiaire et du dénommé Béchir, chef du pavillon d’isolement, et contre nombre d’agents pénitentiaires, pour violences, pour avoir rasé sa barbe, l’avoir forcé à ouvrir la bouche pour ingurgiter du lait et le contraindre à cesser sa grève de la faim.
 
Pour l’Association
La Secrétaire générale
Maître Saïda Akermi
 
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis, 1001
Tel : 71 340 860, Fax : 71 351 831
 
-Tunis, le 09/07/2005
 
Communiqué 


L’AISPP a appris que des agents pénitentiaires ne cessent de persécuter le prisonnier politique monsieur Noureddine Amdouni, qui purge une peine de longue durée. Cela passe par une surveillance collante lors de la visite privée que lui ont rendue les membres de sa famille, qu’il a obtenue au terme d’une longue attente. Il s’en est plaint et a protesté contre les propos indécents tenus par les agents qui pour toute réponse l’ont jeté au cachot en guise de punition pour n’avoir pas supporté leur harcèlement.
Le cachot est une variante de torture pratiquée par les autorités pénitentiaires à l’encontre des prisonniers. Elle consiste à cantonner le prisonnier, soit en isolement dans une pièce minuscule dépourvue d’hygiène basique (propreté, éclairage ou aération), à lui faire revêtir une tenue pénale sale et pouilleuse, qui a déjà été portée par des dizaines de personnes sans être lavée, soit le mettre avec un groupe de personnes punies dans une pièce exiguë, dépourvue du minimum d’hygiène, surchauffée en été et glaciale en hiver. Le prisonnier y reste en tenue pénale, dort à même le sol infect. La nourriture se borne le temps de la punition à un morceau de pain sec. Les toilettes, dans un coin de la pièce, ne sont pas isolées par un rideau. On recueille l’eau potable d’un robinet crasseux.
L’AISPP exige l’arrêt des provocations et des pressions morales et matérielles exercées sur les prisonniers politiques, l’arrêt des propos indécents et blasphématoires proférés pour provoquer et blesser ces derniers, les soumettre, les humilier et briser leur moral, beaucoup finissant par préférer la mort.
Elle exige l’abrogation de cette sanction contraire aux droits auxquels peut prétendre le détenu et elle considère que la mise au cachot en guise de sanction est une méthode sauvage qui ne respecte pas l’humanité du prisonnier.
 
Le président de l’association
Maître Mohammed Nouri, avocat
 
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT

 
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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis
Tel : 71 256 647, Fax : 71 354 984
Tunis, le 16 mai 2005
 
Nouvelles des prisonniers politiques
 

1) Hamadi Jebali, journaliste et prisonnier politique, a été transféré de la prison civile de Sfax à la prison civile de Mehdia et placé dans un cachot exigu dans le pavillon d'isolement, en compagnie de trois autres prisonniers politiques.

Le militant Hamadi Jebali purge une peine de seize ans d'emprisonnement à la suite de son procès dans l'affaire 76110 devant le tribunal militaire de Tunis en 1992. Lors de son maintien en isolement le journaliste Hamadi Jebali avait été privé du plus élémentaire matériel d'écriture et de lecture.

La famille du journaliste Hamadi Jebali a dit avoir été interdite de visite le 10 mai 2005 sans avoir reçu d'explication de la part de l'administration pénitentiaire, qui lui a retourné le couffin. Sa famille craint qu'il ne soit sujet à des abominations.

2) Le prisonnier politique Lamine Zidi, condamné à l'emprisonnement à perpétuité par le tribunal militaire de Tunis dans l'affaire 76110, a été transféré à la prison d'El Hawareb (gouvernorat de Kairouan) et placé en isolement avec un autre prisonnier dans une cellule minuscule dépourvue d'aération et d'éclairage Il était auparavant à la prison de Nadhor dans le pavillon d'isolement et il a été transféré vers un nouvel isolement, loin de sa famille qui habite à Tunis.

3) Mohammed Akrout, prisonnier politique, ex dirigeant de la Nahdha, a été transféré de la prison civile de Gabès à la prison civile de Sfax. Il est condamné à l'emprisonnement à perpétuité et il a été mis de nouveau à l'isolement.

4) Les prisonniers Lotfi Snoussi, Khaled Kawwach, Daniel Zarrouk, détenus dans la prison de sinistre réputation de Borj El Amri, ont été dans un cachot individuel exigu, dans l'aile d'isolement, doté d'un WC sans porte, consistant en un trou exhalant des odeurs nauséabondes qui infectent l'air de la pièce.

5) Les prisonniers politiques Mokdad Arbaoui et Ridha Saïdi ont été mis dans un cachot dans le pavillon d'isolement. Ils sont privés d'aération et d'éclairage, et de matériel de lecture et d'écriture.

6) L'administration de la prison a rassemblé Sahbi Atig, Mohieddine Ferjani et Mohammed Nejib Gharbi dans un seul cachot exigu, qui ne contenait qu'un prisonnier. Ce cachot n'est pas éclairé ni aéré, si ce n'est par la lucarne au dessus de la porte. Le soleil n'y pénêtre pas. Il n'a pas de fenêtres. Ce cachot est prévu pour un prisonnier. Ils y sont entassés dans un atmosphère irrespirable et nauséabonde et sont privés de leurs droits les plus élémentaires. L'administration a promis leur transfert vers une cellule plus vaste, mais il n'y a eu aucun changement depuis.

7) Le prisonnier politique Abdelmajid Ghidhaoui a été transféré de la prison d'El Hawareb à la prison de Nadhour à la suite de sa grève de la faim de vingt jours par laquelle il exigeait la fin de son isolement et la jouissance de ses droits de prisonnier garantis par la loi et les pactes internationaux.

8) L'administration de la prison civile du Kef redouble d'acharnement contre le prisonnier d'opinion Maitre Mohammed Abbou, avocat, membre de l'AISPP : Ses confrères avocats se sont vus interdire de lui rendre visite par un nouveau procédé qui consiste à leur délivrer une autorisation pour lui rendre visite à la prison civile de Tunis. Lorsqu'ils se rendent à cette dernière, l'administration les informe qu'il se trouve à la prison du Kef, et à la prison du Kef, ils ne peuvent lui rendre visite au motif que l'autorisation n'est valable que pour la prison de Tunis.

9) La famille du jeune Salim Ben Mohammed Habib, étudiant à l'institut national des ingénieurs de Sfax, originaire de la région d'El Alia à Bizerte, a informé que nombre d'agents de la police politique ont investi le 21 avril 2005 la maison où il habite avec d'autres étudiants. Ne le trouvant pas, ils ont arrêté un autre étudiant à sa place, ont fouillé la chambre et les affaires, saisi plusieurs CD. Ils l'ont finalement arrêté à onze heures du soir.

10) La famille du jeune Ahmed Chebbi, étudiant en troisième année dans une grande école de Radès, a informé qu'il avait été arrêté et détenu le 28 avril 2005 à huit heures du soir par un groupe d'agents de la Sûreté en civil.

11) L'AISPPa appris que le prisonnier d'opinion Abdellatif Bouhjila était en grève de la faim depuis le 18 avril 2005. Lorsque son père a voulu lui rendre visite le 10 mai, l'administration l'en a empêché sans fournir d'explication.

12) La famille du prisonnier politique Abderrazak Mazgarichou, détenu en isolement à la prison de Messaadine, a informé qu'il avait commencé une grève de la faim le 8 mai 2005, car l'administration n'avait pas tenu sa promesse de le faire soigner et de le rapprocher de sa famille qui habite à Tunis.

Monsieur Mazgarichou avait fait une grève de la faim du 6 mars au 3 avril 2005 après que le directeur de la prison lui ait promis de satisfaire à ses revendications et après qu'il ait été hospitalisé à trois reprises à l'hôpital Sohloul de Sousse à la suite d'une baisse de tension et d'hypoglycémie.

Le prisonnier d'opinion Abderrazak Mazgarichou, âgé de 47 ans, est marié et a trois enfants. Il est incarcéré depuis 1987 et il purge une peine d'emprisonnement à perpétuité.

13) Le prisonnier politique Lotfi Amdouni, détenu à la prison de Borj Er Roumi dans l'aile d'isolement,a suspendu le 10 mai 2005 sa grève de la faim, qui aura duré 43 jours. Sa santé s'est détériorée ; il a été transporté à l'hôpital de Bizerte où il a mis un terme à sa grève après avoir frôlé la mort et après que le directeur de la prison ait promis de trouver une solution.

Le prisonnier Lotfi Amdouni, âgé de 37 ans, est étudiant à la faculté de droit islamique et il est détenu depuis le début de l'année 1991. Il purge une peine de 48 ans à laquelle il a été condamné dans trois affaires pour les mêmes faits.

Pour l'AISPP
La secrétaire générale Saïda Akrami
 
Publié dans Tunisnews 19/05/2005
 
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