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Reporters sans frontières
Information

14 décembre 2007
Tunisie


Le journaliste Slim Boukhdir entame, depuis sa prison, une nouvelle grève de la faim




Reporters sans frontières dénonce les pressions exercées par l'administration tunisienne à l'encontre du journaliste indépendant Slim Boukhdir. Condamné à un an de prison ferme, le journaliste a entamé, le 13 décembre 2007, une nouvelle grève de la faim.

"Une fois de plus, l'État tunisien montre son intolérance vis-à-vis des citoyens qui ont le malheur de critiquer sa nature autoritaire. L'affaire Boukhdir prend la forme d'un règlement de comptes entre le pouvoir et la presse libre. La rapidité du procès et les conditions de détention du journaliste sont des preuves de l'acharnement du régime à faire taire tous ses opposants. Nous appelons la presse internationale à se mobiliser en faveur de Slim Boukhdir", a déclaré l'organisation.

Incarcéré à la prison de Sfax (231 km au sud de Tunis), Slim Boukhdir a entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions carcérales. Selon sa femme, qui a pu lui rendre visite, l'administration pénitentiaire, en le détenant dans une cellule sans lumière avec deux prisonniers de droit commun, le surveille indirectement afin de l'empêcher de reprendre ses lectures. Contacté par Reporters sans frontières, l'avocat du journaliste, Mohammed Abbou, a expliqué que l'autorité judiciaire, au mépris de la loi, lui a interdit de rendre visite à son client. L'appel du jugement n'a pas permis la libération du journaliste. Le mandat de dépôt dont il a fait l'objet rend possible la prolongation de sa détention.

Reporters sans frontières rappelle que la Tunisie occupe la 145e place sur les 169 pays notés dans son classement mondial de la liberté de la presse établi en 2007.


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Hajar Smouni
North Africa & Middle-East Desk
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"Don't wait to be deprived of news to stand up and fight for it"

N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre.
No espere a que le priven de la libertad de información para defenderla.

 

 


 

La FIJ condamne la vindicative peine de prison prononcée contre un journaliste Tunisien

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a aujourd’hui condamné la sanction “intolérable et vindicative” prononcée contre le journaliste tunisien Slim Boukhdir à la suite d’une plainte portée par la police dans le cadre d’une fouille de taxi collectif. Il s’agit de la dernière attaque ciblée de M. Boukhdir qui a été fréquemment harcelé par les autorités tunisiennes, a déclaré la FIJ.

« Les autorités utilisent ces plaintes pour envoyer le message à Slim ainsi qu’à d’autres journalistes indépendants que leurs écrits les conduiront à des peines de prison », a dit Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « Il n’a pas expressément été accusé sur la base de ses travaux, mais il est difficile de croire le contraire ». C’est le dernier incident d’une campagne intolérable et vindicative menée contre lui »

M. Boukhdir a été arrêté le 26 novembre dans la ville de Sfax alors qu’il voyageait vers Tunis dans un taxi collectif. Il a reçu une condamnation totale d’une année de prison pour attaques verbales contre un agent et atteinte aux bonnes mœurs ainsi qu’une petite amende pour refus de présenter ses papiers d’identité.

La FIJ soutient son appel dans le cadre de ces plaintes et appelle le gouvernement tunisien à cesser la persécution contre Slim Boukhdir, un journaliste et activiste des droits de l’homme qui a été harcelé sans relâche ces dernières années.


M. Boukhdir a été attaqué et battu par des agents de police le 3 mai, Journée Internationale de la Liberté de la Presse, après avoir dénoncé la mort de sept personnes dans un accident survenu lors d’un concert de la Star Academy Tunisienne. Plus tard au mois de mai, il fut encore attaqué alors qu’il quittait les bureaux du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT). M. Boukhdir, constamment harcelé, a reconnu son agresseur parmi le groupe d’agents de sécurité qui le suivent souvent.

Il y a seulement quelques semaines, il a procédé à une grève de la faim après que les autorités ont refusé de lui remettre son passeport. Il renonça à cette grève lorsqu’on lui a promis de le lui rendre.

Dans les derniers mois, M. Boukhdir a écrit à propos de corruption, en particulier sur le prêt d’un montant de 1.5 million USD, accordé par le President à un proche de son épouse pour l’ouverture d’une école spécialisée. Ses articles ont été publiés dans le magazine américain The Nation, Tunisnews et plusieurs autres publications et sites web.

Pour plus d’informations, merci de contacter le + 32 2 235 2207 
La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 120 pays dans le monde

Source: Fédération Internationale des journalistes :  http://www.ifj.org/default.asp?Index=5570&Language=FR

Le 04.12.2007 


 

Le journaliste Slim Boukhdir condamné à un an de prison


Reporters sans frontières a appris avec stupeur la condamnation, le 4 décembre 2007, du journaliste Slim Boukhdir à un an de prison pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, “atteinte aux bonnes moeurs” et “refus de présenter ses papiers d’identité” par le tribunal cantonnal de Sakiet Ezzit dans la banlieue de Sfax (231 km au sud de Tunis). Le journaliste est détenu depuis son interpellation le 26 novembre.

“En Tunisie, on emprisonne les journalistes sous des motifs souvent éloignés de leur profession pour se prémunir de toute accusation de censure. Mais personne n’est dupe, Slim Boukhdir paye le prix de sa liberté de ton. Banni de la presse officielle tunisienne pour laquelle il travaillait, harcelé par les forces de l’ordre, ce journaliste ne s’est jamais découragé et a toujours cherché à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme commises dans le pays du président Zine el-Abidine Ben Ali”, a déclaré l’organisation.

“Nous lançons un appel aux représentations étrangères en Tunisie afin qu’elles expriment ouvertement leur soutien à ce journaliste dans les plus brefs délais, sans quoi le verdict sera confirmé en appel et Slim Boukhdir ne pourra recouvrer sa liberté. L’espoir, né après la libération en juillet dernier de Mohammed Abbou, d’assister à une amélioration de la situation de la liberté de la presse en Tunisie s’est déjà évanoui”, a ajouté Reporters sans frontières.

Le 4 décembre 2007, le juge Hatem Ouarda, du tribunal cantonal de Sakiet Ezzit, a condamné Slim Boukhdir à huit mois de prison pour “outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, quatre mois de prison pour “atteinte aux bonnes moeurs” et à verser cinq dinars d’amende (l’équivalent de 2,8 euros) pour “refus de présenter ses papiers d’identité”.

Contactée par Reporters sans frontières, l’avocate Radia Nasraoui a affirmé qu’il y avait eu “vice de forme”. Selon Me Nasraoui, le juge n’a pas voulu écouter les arguments de la défense et a auditionné les témoins à charge sans leur faire prêter serment. Deux témoins ont ainsi été présentés au tribunal : un chauffeur de taxi collectif et l’un de ses passagers.

Slim Boukhdir avait été arrêté dans la matinée du 26 novembre 2007 lors d’un contrôle d’identité des passagers d’un taxi collectif reliant Sfax à Tunis. Le juge en charge du dossier avait refusé de lui accorder la mise en liberté provisoire. Le journaliste sera maintenu en détention jusqu’à la date du procès en appel.

Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews et Kantara.

Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.


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La censure de la presse tunisienne
Un cas d’école depuis vingt ans



Le président Zine el-Abidine Ben Ali fêtera le 7 novembre 2007 son vingtième anniversaire à la tête de la Tunisie. Les journaux proches du pouvoir, qui constituent la grande majorité du paysage médiatique tunisien, louent, comme il est de rigueur, le bilan du “président du changement”. La presse locale ne retient que le développement économique et social, omettant d’évoquer les questions des libertés civiques et des droits de l’homme, bafoués depuis vingt ans.


Sous prétexte qu’il constitue un "rempart contre la menace islamiste", le président Ben Ali bénéficie des faveurs de la plupart des pays occidentaux. A l'instar de l'Union européenne dont l'accord d'association signé en 1995 avec la Tunisie est loin d'être aussi contraignant sur la question des droits de l’homme que ceux passés avec les pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique.

Si les premières années de son arrivée au pouvoir ont été synonymes de "décrispation", le président Ben Ali a très vite cherché à prendre en main l’information. Au début des années 1990, et plus particulièrement au moment de la première guerre du Golfe, sonnera l’heure de la fin du pluralisme et de la liberté d’expression en Tunisie. Les journaux indépendants, très actifs à la fin de la présidence de Habib Bourguiba, ont été fermés les uns après les autres. En vingt ans, le président Zine el-Abidine Ben Ali a placé sous tutelle tous les contre-pouvoirs, à commencer par la presse et la justice. Au cours de cette période, au moins 48 publications ont été visées par des mesures de censure (saisie, suspension, fermeture, etc), pour la moitié d’entre elles, dès les six premières années de son mandat.

Durant toutes ces années, le président Ben Ali n’a eu de cesse de faire taire les voix dissidentes au sein de la presse comme de la société civile. Entre séduction, intimidation et répression, le pouvoir s’est accaparé les principaux espaces d’information, aujourd’hui gérés par l’Etat directement ou par des proches du régime.

A l’approche de ce vingtième anniversaire, une grève de la faim, une de plus pour défendre la liberté d’expression et d’association, a été menée par des opposants. En Tunisie, cela semble être l’unique moyen d’être entendu par les autorités. En 2000 le journaliste Taoufik Ben Brik, en 2002 l’avocate Radhia Nasraoui, en 2003 le journaliste Hamadi Jebali, en 2005 les journalistes Abdallah Zouari et Lotfi Hajji, l’avocat Mohammed Abbou et en 2006 le journaliste Slim Boukhdir, pour n’en citer que quelques-uns, ont eu recours à cette méthode pour lancer des appels à la communauté internationale. Le 20 septembre 2007, c’était au tour de Maya Jribi, secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (PDP), et de Mohamed Néjib Chebbi, directeur de l’hebdomadaire Al-Maoukif, organe du parti, d’entamer un jeûne pour protester contre une procédure judiciaire visant à les expulser de leurs locaux à Tunis. Le parti d’opposition a accusé le gouvernement d’avoir poussé le propriétaire des lieux à rompre le bail sous prétexte d’"usage abusif des locaux". Au bout de trente jours, les deux opposants ont mis un terme à leur grève de la faim après avoir trouvé un accord avec le propriétaire, suite à l’intervention des autorités.


Faux-semblant de pluralisme


Al-Maoukif (Le point de vue) continuera donc de paraître, pour le moment. Cet hebdomadaire arabophone est distribué à 10 000 exemplaires, deux fois plus qu’il y a deux ans. Cette progression s’est faite en dépit de nombreux obstacles. Le journal est privé de toute subvention publique. Il est, par ailleurs, boycotté par l’ensemble des annonceurs privés, sauf un, lui-même en conflit avec les autorités. "Nos problèmes ne sont pas seulement d’ordre financier", a expliqué à Reporters sans frontières son rédacteur en chef Rachid Khechana. "Nous rencontrons de nombreuses difficultés pour accéder à l’information. Les officiels refusent de répondre à nos questions ou de nous recevoir. Il nous faut alors trouver d’autres canaux et sources d’information." Toujours selon le rédacteur en chef d’Al-Maoukif, “les imprimeurs et les diffuseurs de la presse indépendante subissent d’importantes pressions - fiscales par exemple -, ce qui les oblige à distribuer le journal avec parfois jusqu’à 48 heures de retard”.

Deux autres publications appartenant à des partis d’opposition - l’hebdomadaire Mouwatinoun et le mensuel Attariq Aljadid – font face aux mêmes contraintes. Le Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) a lancé l’hebdomadaire Mouwatinoun (Citoyens) en janvier 2007, après avoir obtenu, chose extrêmement rare, une autorisation en moins de six mois. Mustapha Ben Jaafar, le directeur de la publication, a pourtant confié à Reporters sans frontières que le journal souffrait d’une véritable discrimination au niveau de la distribution. “Rares sont les kiosques qui l’exposent. Mouwatinoun est rendu invisible par la volonté des autorités et la peur des vendeurs”, a-t-il affirmé. Ces entraves ont, bien entendu, des conséquences financières sur le journal qui a déjà réduit sa diffusion de 5000 à 3000 exemplaires. Ces journaux de partis ne sont pas à l’abri de la censure et font parfois l’objet de saisies non officielles. “Il arrive que des policiers confisquent un numéro dans tous les kiosques sans nous prévenir ou nous donner une raison”, a expliqué Mustapha Ben Jaafar.

Les publications indépendantes continuent de faire cruellement défaut. Un grand nombre de demandes de créations de nouveaux titres n’ont jamais abouti. Sihem Bensedrine a déposé depuis 1999 quatre déclarations pour l’enregistrement et la parution de l’hebdomadaire bilingue Kalima auprès du ministère de l’Intérieur. Chaque fois, les autorités ont refusé de lui délivrer le récépissé qui seul autorise un imprimeur à mettre un journal sous presse. Le site Internet du journal est inaccessible dans le pays, obligeant la rédaction à le diffuser sous forme de newsletter, envoyée par courrier électronique.


Le reste de la presse privée adopte dans son ensemble une ligne éditoriale progouvernementale teintée de prosélytisme. Elle est devenue le principal support des attaques orchestrées contre les opposants au régime, qu’il s’agisse de journalistes, de grévistes, d’intellectuels ou d’hommes politiques. Les journalistes de ces rédactions, comme ceux qui travaillent pour les médias publics, ont pour consigne de ne traiter que les informations émanant de l'agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP), placée sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. De l'aveu de l'Association des journalistes tunisiens (AJT), "les sujets qu'il est permis de couvrir sont ceux contenus dans les prévisions de la TAP, et la plupart du temps il s'agit d'activités officielles. Toute initiative supplémentaire n'est pas la bienvenue".

Les journalistes de la presse officielle – les deux journaux gouvernementaux, La Presse et El-Sahafa et les deux organes du RCD (parti du président Ben Ali) Le Renouveau et El Houria - ne disposent d’aucune marge de man¦uvre et s’en tiennent rigoureusement à cette directive. Ils remplissent clairement le rôle d’outil de propagande. Parfait exemple de cette langue de bois : "En ce 20e anniversaire du Changement que les Tunisiens, toutes catégories et tous âges confondus, ont l’insigne fierté de célébrer, les dividendes du parcours économique, politique et social initié et promu par le président Ben Ali se succèdent pour nous conforter dans la conviction que l’expérience tunisienne en matière de développement constitue, bel et bien, un modèle à suivre", pouvait-on lire, le 4 novembre 2007, dans les colonnes de La Presse, premier quotidien tunisien en langue française.


Le secteur de l'audiovisuel est encore plus uniforme. Les télévisions d’Etat (Canal 7 et Canal 21) ne diffusent que des informations favorables à la politique gouvernementale. Il existe bien quelques télévisions et radios privées, mais elles appartiennent toutes à des personnalités proches du pouvoir. A titre d'exemple, le ministre des Affaires étrangères est le plus gros actionnaire de Mosaïque FM, tandis qu'Hannibal TV, inaugurée un 7 novembre, est la propriété d'un membre de la famille de la femme du président tunisien. Une seule chaîne de télévision privée - Al-Hiwar Attounsi (Le Dialogue tunisien) - vient diversifier le paysage audiovisuel tunisien, mais ses retransmissions sont limitées à une heure par jour pour des questions de moyens. Son directeur, Tahar Ben Hassine, n’a jamais obtenu les autorisations nécessaires pour lancer la chaîne dans son pays. Al-Hiwar Attounsi diffuse ses programmes depuis 2002 à partir de l’Italie via satellite. "Le flou le plus total entoure les critères de distribution des licences audiovisuelles. Les refus ne sont jamais motivés. La décision est directement soumise à l’agrément du président Ben Ali", a déclaré Tahar Ben Hassine à Reporters sans frontières.


Pas de traitement de faveur pour la presse étrangère


"Si vous êtes invités en Tunisie et que vous souhaitez remercier vos hôtes de leur hospitalité, apportez-leur la dernière édition d’un journal censuré dans leur pays." Cette phrase d’un journaliste tunisien résume le déficit d’information de ses concitoyens, privés d’un grand nombre de publications étrangères interdites. Le Canard enchaîné, Al Hayat, Charlie Hebdo, entre autres, ne sont plus disponibles dans le pays. De nombreuses autres publications sont occasionnellement interdites d'entrée sur le territoire, de manière arbitraire, ou retardées pendant plusieurs jours à la frontière. Ces saisies ne sont pas effectuées au hasard. Elles sont, dans la plupart des cas, liées à la publication d'articles sur les dirigeants du pays, à commencer par le président Ben Ali.

La chaîne de télévision qatarie Al-Jazira a, elle aussi, un lourd contentieux avec les autorités tunisiennes. Ces dernières refusent d'accréditer son correspondant, Lotfi Hajji, et empêchent la chaîne d’ouvrir un bureau. En octobre 2006, la Tunisie avait même décidé de fermer son ambassade au Qatar pour protester contre la "campagne hostile" d’Al-Jazira suite à la diffusion d'une interview de l'opposant tunisien Moncef Marzouki.

Les journalistes étrangers ne rencontrent généralement pas de difficultés majeures pour se rendre en Tunisie. Mais une fois sur place, ils sont soumis à la surveillance de policiers en civil qui ne les empêchent pas de travailler mais intimident, par leur présence même, ceux qui voudraient leur parler. L'activité des correspondants locaux de médias étrangers est étroitement contrôlée et parfois interdite.

Encore récemment, la journaliste Flore Dussey et son cameraman, de la Télévision Suisse Romande (TSR), ont pu se rendre en Tunisie le 2 novembre 2007, mais il ne leur pas été permis d’interroger la population dans le cadre de leurs reportages. "Nous avons été constamment suivis tout au long de notre séjour dans le pays. Nous avons demandé une autorisation de tournage à l’ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure) qui ne nous a pas été accordée. Au lieu de cela, un fonctionnaire de l’agence nous a accompagnés pendant tous nos déplacements. Notre chaperon a refusé la présence d’un collaborateur d’Al-Hiwar Attounsi qui devait nous accompagner sur un lieu de tournage", a déclaré la journaliste suisse à Reporters sans frontières.

Fait rare, en novembre 2005, l'envoyé spécial du quotidien Libération, Christophe Boltanski, a reçu un coup de poignard dans le dos, sous le regard passif de policiers. Le journaliste préparait un reportage sur la situation des droits de l'homme en Tunisie en marge du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) organisé à Tunis par les Nations unies.


Quand les autorités jouent au chat et à la souris sur la Toile


L’Internet n’échappe pas non plus au contrôle des autorités. Les cybercafés sont surveillés, en province les internautes doivent parfois produire une pièce d'identité avant d'accéder à un ordinateur, et il n’est pas rare que leurs propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites, jugés “subversifs”, pour leur éviter des ennuis. Il est vrai que selon la loi tunisienne, ils sont responsables des activités de leurs clients. Le régime tunisien met ainsi à contribution les gérants de cybercafés dans sa politique de répression et de contrôle. Pour tout téléchargement ou ajout de pièce jointe à un e-mail, le client doit passer par le serveur central, à savoir l'ordinateur du gérant. Par ailleurs, grâce à l’adoption en 1998 d’un Code de la poste, toujours en vigueur, les autorités tunisiennes peuvent contrôler à tout moment les messageries électroniques des internautes. Cette loi autorise en effet l’interception de tout courrier pouvant "porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale". Le ministère de la Communication opère ainsi une surveillance méticuleuse des informations qui s’échangent sur la Toile.

Les blogueurs et les responsables des sites indépendants n’échappent pas aux sanctions. L’avocat Mohammed Abbou a passé 28 mois en prison pour ses écrits publiés sur des sites d’opposition. Depuis sa sortie de prison, le 24 juillet 2007, l’avocat s’est vu interdire, à deux reprises, de quitter le territoire tunisien. Dans l’un des cas, il devait se rendre à Londres pour enregistrer une émission sur les droits de l’homme.

Comme ceux de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et médias étrangers, le site Internet de Reporters sans frontières n’est pas accessible en Tunisie. Les autorités bloquent et débloquent régulièrement l'accès à certains sites afin de se prémunir d'accusations de censure. Les connexions privées de certains journalistes et opposants sont coupées pour "des problèmes techniques" ou alors, leur débit est diminué afin d'augmenter le temps de téléchargement des pages Internet et réduire ainsi leur possibilité de consulter des sites. S’il existe aujourd’hui en Tunisie près d’une douzaine de fournisseurs privés d’accès Internet, l’opérateur Planet.tn, propriété de l’une des filles du président Ben Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché.

Au pouvoir depuis 1987, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est considéré par Reporters sans frontières comme l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. La Tunisie occupe la 145e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières en octobre 2007.

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IFJ Condemns Relentless Harassment of Al Jazeera Journalist in Tunis



The International Federation of Journalists today condemned the relentless harassment of Al Jazeera correspondent Lotfi Hajji who has been physically intimidated on five occasions in the past week.

"Lotfi Hajji has been singled out by the authorities determined to bully and intimidate him for his journalism," said Aidan White, IFJ General Secretary. "It is unacceptable treatment and must cease immediately."

Hajji has been denied access to report on the hunger strikes taking place in the offices of the Progressive Democratic Party following the decision to close the party. The latest incident occurred yesterday, 2nd October. Hajji explained to IFJ representatives that plainclothes officers insulted and threatened him as they physically removed him from the building.

Lotfi Hajji has been refused a press card and prevented from establishing an Al Jazeera office in Tunisia. He is also the President of the Syndicat des Journalistes Tunisiens (SJT) affiliated to the IFJ. The SJT has also been waiting for almost a year for authorisation to hold its congress within the UGTT, the Tunisian National Trade Union Centre.

For more information contact the IFJ at + 322 235 22 00
The IFJ represents over 600,000 journalists in 114 countries worldwide
 


 

 

Nouveau report du procès d’Omar Mestiri, directeur de Kalima :

Reporters sans frontières dénonce l’instrumentalisation de la justice



« Le procès d’Omar Mestiri est en train de se transformer en mascarade après ce nouveau report. La défense a été convoquée à 9 heures du matin, mais l’audience s’est ouverte 17 heures et n’a duré que quelques minutes. Les avocats du plaignant n’ont eu à fournir aucune information pour obtenir du magistrat ce report inattendu.Ce procès est une nouvelle preuve que les autorités tunisiennes instrumentalisent la justice pour punir une publication indépendante. Nos craintes sont d’autant plus vives que cette affaire a été confiée au juge qui a condamné Maître Mohammed Abou en 2004 dans les conditions d’impartialité que l’on connaît», a déclaré Reporters sans frontières, dont une représentante était présente à l’audience.
 
Le tribunal correctionnel de première instance de Tunis a décidé, le 16 août 2007, de reporter le procès du directeur de publication du journal en ligne Kalima, Omar Mestiri, au 28 août, à la demande des avocats du plaignant.A la sortie du tribunal, la tension était vive entre les avocats du journaliste et du plaignant.
 
Le 2 août, le procès avait été reporté une première fois au 16 août, à la demande de l’avocat du plaignant.
 
Les avocats de la défense dénoncent les vices de procédure qui ont entaché les poursuites judiciaires contre Omar Mestiri. Ils remettent en cause la légitimité même de la plainte. Selon eux, le délai de prescription légale pour toute plainte en diffamation contre la presse ne doit pas dépasser trois mois de la date de parution de l’article. Les avocats ont ajouté que la plainte aurait dû être jugée irrecevable car le site Internet Kalima n’est pas accessible en Tunisie, après avoir été bloqué en 2000.
 
Selon Sihem Bensedrine, journaliste à Kalima, les observateurs tunisiens et internationaux n’avaient pas été autorisés à entrer dans la salle lors de la première audience, précisant que la publicité d’un débat est l’un des critères d’un procès équitable.
 
Une plainte en « diffamation » a été déposée en mars 2007 par Mohammed Baccar, en raison d’un article, publié le 5 septembre 2006, dans lequel Omar Mestiri a dénoncé la réhabilitation de cet avocat tunisien qui avait été, dans le passé, radié du barreau de Tunis, pour « faux et escroqueries ».

Omar Mestiri est le directeur de rédaction de Kalima depuis 2004. Ce journal, qui n’a pas été autorisé à paraître en Tunisie, existe en version électronique depuis 2000. Le site est hébergé en France.

Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse. En outre, la politique du régime envers la circulation de l’information sur Internet est l’une de plus liberticides de la planète, ce qui lui vaut d’être classé parmi "les ennemis d’Internet" par l’organisation, aux côtés de douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée du Nord.

 

Reporters sans frontières -  Communiqué de presse / Press Release 

Jeudi 16 août 2007


 

Les membres de l'IFEX-TMG appellent à l'abandon des charges pesant contre le journaliste Omar Mestiri


SOURCE: Le Groupe d'observation de la Tunisie au sein de l'IFEX (IFEX TMG)  - 15 Août 2007

 

**Mise à jour d'une alerte de l'IFEX du 2 avril 2007**

(IFEX-TMG) - Ci-dessous, une déclaration commune des membres de l'IFEX-TMG:


A la veille du procès du journaliste tunisien Omar Mestiri qui aura lieu le jeudi 16 août 2007 à Tunis, les membres du Groupe de l'IFEX (l'Échange international de la liberté d'expression) chargé de l'observation de la Tunisie (TMG) appellent à l'abandon des charges qui pèsent contre lui et à la fin des violations du droit à la liberté d'expression. Mestiri, rédacteur en chef du magazine en ligne "Kalima", est poursuivi pour diffamation. Les charges qui pèsent contre lui pourraient le conduire à une peine de prison de 3 ans.

Le Président du TMG, Carl-Morten Iversen, déclare: "Ce procès politique agit comme une piqûre de rappel en ce sens que les autorités tunisiennes semblent déterminées à continuer d'avoir recours à la police et aux tribunaux afin de harceler et de faire taire les journalistes et les démocrates".

La libération, le 24 juillet dernier, de l'avocat et activiste des droits de l'Homme Mohamed Abbou et d'une vingtaine d'autres prisonniers politiques a été bien accueillie par les membres du TMG. Malheureusement, alors que les violations constantes persistent, ces libérations ne peuvent pas être vues comme une étape franchie par le gouvernement tunisien dans la bonne direction, celle qui viserait à mettre un terme aux attaques visant les libertés d'expression et d'association.

Des centaines de Tunisiens restent en prison suite à des procès injustes et politiques ayant suscité au cours des années écoulées des protestations de la part d'organisations nationales et internationales des droits humains. Par ailleurs, on refuse toujours le droit aux ex-prisonniers politiques de gagner leur vie. La liberté de mouvement de ces derniers est, de plus, sévèrement contrôlée. L'un des cas les plus remarquables est celui d'Abdallah Zouari, ex-reporter de l'hebdomadaire islamiste "Al Fajr", aujourd'hui défunt. Zouari a passé 11 ans en prison et plus de cinq années en résidence surveillée à pratiquement 500 kilomètres de sa femme et de ses enfants. En juin dernier, le Ministère de l'intérieur a prolongé de 26 mois le bannissement arbitraire et la surveillance policière constante de Zouari dans les environs de la ville de Zarzis.

Les membres de l'IFEX-TMG sont satisfaits du fait que Me Abbou, depuis sa libération, ait été en mesure de donner des interviews aux journalistes et de parler librement de sa détermination à continuer à exercer son droit à la libre expression et son droit de critiquer le gouvernement. Nous appelons le gouvernement tunisien à poursuivre dans la voie du non harcèlement de Me Abbou et de sa famille.


D'une certaine manière, le cas de Mestiri est similaire à celui de Me Abbou. En effet, les deux ont été poursuivis pour des articles critiques postés en ligne sur des sites web bloqués par les autorités tunisiennes. Et dans les deux cas, les poursuites reposent sur des plaintes déposées par des avocats proches des autorités. Nous avons cru comprendre que les avocats de Mestiri avaient demandé à la cour le 2 août dernier le report du procès en raison des vacances de l'année judiciaire ordinaire qui durent jusqu'à la mi-septembre. Les membres de l'IFEX-TMG remettent en question la validité d'un procès basé sur des accusations apparemment dénuées de tout fondement.

Le procès de Mestiri a été intenté par un avocat connu du nom de Mohammed Baccar. Ce dernier a déjà été une fois rayé du barreau tunisien après avoir été reconnu coupable de fraude et d'usage de faux. Baccar a poursuivi Mestiri en justice suite à un article de "Kalima" en date du 5 septembre 2006 critiquant la décision du barreau tunisien de le réintégrer.

Les membres de l'IFEX-TMG réitèrent leur appel au Président Ben Ali, au moment ou le pays célèbre le cinquantième anniversaire de la République Tunisienne afin qu'il améliore le bilan de la Tunisie en matière de liberté d'expression de manière à ce qu'il soit conforme à ses engagements en tant que signataire du Pacte international sur les droits civils et politiques.
L'article 19 de ce pacte garantit la liberté d'expression.

Signataires
Les membres de l'IFEX-TMG:
Réseau d'information arabe des droits de l'Homme (HRinfo), Egypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Organisation égyptienne pour les droits de l'Homme (EOHR), Egypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques
(IFLA), Pays-Bas
International Press Institute (IPI), Autriche
Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
Journalistes en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
Centre PEN norvégien, Norvège
Association mondiale des radio-diffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Association mondiale des journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), Etats-Unis
Comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), Royaume-Uni

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Editor of online news website to appear in court



Reporters Without Borders today criticised as “groundless” charges of libel against Omar Mestiri, editor of the online news website Kalima, who is due to appear in a Tunis court tomorrow (2 August) in a lawsuit filed by pro-government lawyer Mohammed Baccar.

“The charges are invalid because the article in question cannot be read online inside Tunisia as the website is censored by the authorities,” the worldwide press freedom organisation said. “However, the 18-month prison sentence passed in April 2005 on human rights activist Mohammed Abbou for an article posted on the website Tunisnews shows that such a charge can be severely punished, so we are very concerned about this latest case.”

Mestiri is charged under articles 42, 50, 51, 53, 72 and 78 of the press law for publishing an article on 5 September last year expressing surprise at the rehabilitation of Baccar, who was struck off by the national bar council in 2003 after being convicted on several counts of fraud. The journalist was summoned by the state prosecutor’s office on 29 March this year for questioning about his source for saying Baccar had been rehabilitated. The facts were not contested.

Mestiri told Reporters Without Borders that his trial had been scheduled even though the courts were in summer recess and that he faced six months in prison if convicted.

Kalima has been sued and legally hounded before. The Tunis appeals court on 28 February 2004 upheld an eight-month suspended prison sentence and 1,200 dinars (€800) fine imposed on reporter Om Zied (under her real name of Neziha Rejiba) for violating customs and currency exchange laws. Her lawyers denounced the trial as politically-motivated and boycotted the proceedings.

Access to Kalima offices and the National Council for Liberties in Tunisia (CNLT) was blocked for nearly six weeks in May this year by a large number of police.

Tunisia’s president for the past 20 years, Zine el-Abidine Ben Ali, is on the Reporters Without Borders worldwide list of 34 “predators of press freedom.” The government is one of the most repressive towards the free flow of online information and the organisation has classified it as an “enemy of the Internet,” along with 12 other countries, such as Belarus and North Korea.


Reporters sans frontières
Communiqué

1er août 2007

TUNISIE

Le directeur de publication de Kalima devant les tribunaux



Le directeur de publication du journal en ligne Kalima, Omar Mestiri, doit comparaitre le 2 août 2007 devant le tribunal correctionnel de première instance de Tunis, suite à une plainte pour "diffamation" déposée par Mohammed Baccar, un avocat proche du pouvoir.

"La plainté formulée contre Omar Mestiri est sans fondement puisque l'accès à l'article incriminé est impossible en Tunisie, le site du journal Kalima étant filtré par les autorités. Cependant, la condamnation de Mohammed Abbou, en avril 2005, à un an et demi de prison, pour un article publié sur le site Tunisnews, a prouvé qu'une telle plainte pouvait entraîner une lourde peine. Ce qui nous incite à prendre cette affaire très au sérieux", a déclaré Reporters sans frontières.

Omar Mestiri est poursuivit, en vertu des articles 42, 50, 51, 53, 72 et 78 du code de la presse, pour la publication d'un texte, le 5 septembre 2006, dans lequel il s'étonnait de la réhabilitation de Mohammed Baccar, un avocat radié du Conseil de l'ordre en 2003, après avoir été condamné à plusieurs reprises pour "faux et escroquerie". Le journaliste a été convoqué par le substitut du procureur de la République, le 29 mars 2007, pour être interrogé sur la source qui l’avait informé de cette réhabilitation. La véracité des faits n'a pas été contestée.

Joint par Reporters sans frontières, Omar Mestiri a dénoncé le "caractère exceptionnel" de son procès maintenu malgré la fermeture estivale des tribunaux. Le journaliste a précisé qu'il encourrait six mois de prison.

Ce n'est pas la première fois que les journalistes du magazine Kalima font l'objet de poursuites judiciaires et de tentatives d'intimidation. Le 28 février 2004, la cour d’appel de Tunis avait confirmé la condamnation en première instance de la journaliste Om Zied, de son vrai nom Néziha Réjiba, à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 1 200 dinars tunisiens (environ 800 euros), pour infraction à la législation du change et du code de la douane. Ses avocats avaient alors dénoncé le caractère politique du procès, auquel ils avaient refusé de participer.

En mai 2007, l'accès aux locaux du magazine ainsi qu'à ceux du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) avait été bloqué pendant près de six semaines par un important dispositif d'agents de police.

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, est considéré par Reporters sans frontières comme l'un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. En outre, la politique du régime envers la circulation de l'information sur Internet est l'une de plus liberticides de la planète, ce qui lui vaut d'être classé parmi "les ennemis d'Internet" par l'organisation, aux côtés de douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée du Nord.


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عودة الميليشيات إلى اتحاد الشغل

 

الاعتداء على صحفي أمام مقر الاتحاد

 

ذلك ما تعرضت له صبيحة يوم السبت 28 جويلية 2007 في البهو الخارجي للمقر المركزي للاتحاد الشغل في نهج محمد علي بالعاصمة .فعند وصولي الى مبني الاتحاد لتغطية الندوة الصحفية المتعلقة بموضوع تجريد مجموعة النقابيين من مهامهم النقابية هاجمني عدد من حراس المبنى وأعوان الاستقبال ممن تعودوا على الاعتداء على بعض العمال أثناء تحركانهم وأنطلقو في دفعي وسبي ولطمي أمام أعين بعض النقابيين الذين لم يحركوا ساكنا ورغم الكلام المهين الذي تلقيته من هذه" الميليشيا النقابية"الذين تمادوا في توجيه الإهانة لي ولكل الصحفيين غير النضاميين ، طلبت تفسيرا من الأعوان الذين أجابو بكل فظاظة ورقاعة أن منعي جاء وفقا لتعليمات   تلقوها من المركزية النقابية على خلفية تغطية قناة الحوارالتونسي لتحركات العمال وتدخلاهم التي تستنكر دائما تواطؤ المركزية مع السلطات ، هذا ولم يتورع أحد أفراد" العصابة النقابية" على القول لي وهو يدفعني بكل عنجهية:"باش تذبحنا باللي صورتوالمرة اللي فاتت على المعلمين...؟في أشارة إلى تغطيتنا لتجمع المعلمين الاحتجاجي نتيجة تلاعب الوزارة بحركات النقل

 

ومن المفارقات العجيبة أن هذا الاعتداء الهمجي المتخلف يأتي في الوقت الذي يسعى فيه اتحاد الشغل إلى احتضان نقابة للصحفيين ، فإذا كان حراس المنظمة يتصرفون بهذا الهمج الأمني فما موقف الهياكل العليا للاتحاد..؟. كما يأتي هذا الاعتداء بعد يوم من تصريح السيد محمد سعد عضو المكتب التنفيذي لاتحاد الشغل خلال الجلسة الافتتاحية لمؤتمر التجديد بأن :"الاتحاد متمسك بمساندته اللا مشروطة لحرية الإعلام والصحافة"..وحتما وقفت اليوم على حقيقة شعارات المركزية النقابية..ويجدر القول أن ذهابي لتغطية الندوة الصحفية جاء تلبية لاستدعاء رسمي وجه للقناة من طرف كاتب عام لأحد نقابات التعليم الذي علق بالقول بعد أن رويت له الحادثة:"الله غالب هاذيكا بلادنا " ..بلد الأمن والأمان والقانون والمؤسسات..

ورغم كل ما حدث وما سيحدث فان لا شيء يمكن أن يثني أي صحفي حر في قناة الحوار التونسي  وغيرها من المنابر الإعلامية الحرة علي القيام بمهامه في كشف الحقيقة وفضح فساد المفسدين...

 

ايمن الرزقي           

 

قناة الحوار التونسي      

  الكلمة الحرة قوام الوطن الحر


 

Reporters sans frontières

15 mai 2007 TUNISIE


Violences répétées contre le journaliste Slim Boukhdir

Le journaliste Slim Boukhdir a été agressé à plusieurs reprises dans les rues de Tunis après avoir dénoncé, dans des articles de presse, la responsabilité d’un proche du président Zine el-Abidine Ben Ali dans la bousculade qui a causé la mort de plusieurs adolescents lors d’un concert des artistes de la Star Académie libanaise.

“Slim Boukhdir fait partie d’un groupe restreint de journalistes et militants des droits de l’homme qui n’ont pas baissé les bras et qui continuent de lutter au quotidien pour les libertés civiques en Tunisie. Des policiers en civil le guettent devant son domicile et le suivent dans chacun de ses déplacements”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 3 mai 2007, Journée internationale de la liberté de la presse, Slim Boukhdir a été agressé devant l’immeuble qui abrite le bureau de l’avocate Radia Nasraoui à Tunis. Des policiers en civil ont barré la route du journaliste et s’en sont pris à lui, le frappant à coups de pied, tout en le traitant de “traître” et d’”espion”. Le 15 mai, Slim Boukhdir est de nouveau agressé à la sortie d’un cybercafé par un individu qu’il avait précédemment vu en compagnie des agents chargés de sa surveillance. Il a pu trouver refuge dans les locaux de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques située non loin des lieux de l’agression.

Selon Slim Boukhdir, ces agressions seraient liées à des articles qu’il aurait publiés sur la tragédie de Sfax (270 km au sud de Tunis). Sept personnes ont trouvé la mort le 30 avril 2007 lors d’un concert de la version libanaise de la Star Académie. Il a dénoncé dans ses écrits la négligence de l’organisateur du concert, un membre de la famille de Leïla Ben Ali, la femme du Président. Ce journaliste est victime d’un harcèlement constant. Il avait été bousculé en décembre 2006, en compagnie de Samia Abbou, Moncef Marzouki et Samir Ben Amar alors qu’ils tentaient de se rendre à la prison du Kef où est actuellement détenu l’avocat Mohammed Abbou.

Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.

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Un journaliste condamné en appel à un an et deux mois de prison

SOURCE: Reporters sans frontières (RSF), Paris

**Mise à jour d'une alerte de l'IFEX du 4 décembre 2006**

(RSF/IFEX) - Le journaliste Mohamed Fourati a été condamné, le 9 mars 2007, à un an et deux mois de prison par une cour d'appel de Gafsa (400km au sud de Tunis). Il avait publié, en 2002, dans le journal en ligne Aqlma, un article qui prouverait son appartenance au mouvement d'opposition An Nahda, ainsi qu'un autre concernant une collecte de fonds destinés à la famille d'un prisonnier politique.

"L'acharnement de la justice et des autorités à l'encontre de Mohamed Fourati démontre leur volonté de faire taire les voix dissidentes. Le gouvernement tunisien n'accepte aucune contestation, que ce soit dans la presse traditionnelle ou sur Internet. Le cas du cyberdissident Mohammed Abbou, emprisonné depuis mars 2005 pour des textes critiques envers le Président publiés sur la Toile, est là pour nous le rappeler", a déclaré l'organisation.

En 2002, Mohamed Fourati avait été accusé d'entretenir des liens avec une cellule d'aide aux familles de prisonniers politiques. Il avait publié un article sur une collecte de fonds au profit de la famille de l'un d'eux, d'Abdelhamid Louhichi, sur Aqlma online, une revue électronique traitant du Maghreb.

Depuis 2002, la cour d'appel de Gafsa a prononcé à deux reprises un non-lieu en faveur de Mohamed Fourati. Mais le ministère public, insatisfait de cette décision, s'est pourvu en cassation et a obtenu que le journaliste soit rejugé par une cour d'appel. C'est suite à cet ultime recours que Mohamed Fourati a été condamné le 9 mars dernier.

Mohamed Fourati ne pourra pas être incarcéré car il réside actuellement au Qatar où il travaille pour le quotidien "Al-Sharq". Toutefois, les autorités tunisiennes refusent que sa femme quitte le pays pour le rejoindre.

Il a été le correspondant à Tunis de l'agence de presse Quds Press International, basée à Londres. Il est également secrétaire de rédaction du journal "Al-Mawqif", organe de presse du Parti démocratique progressiste. Il est, par ailleurs, membre de l'Observatoire national de la liberté de la presse et du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), non reconnu par les autorités.

Reporters sans frontières rappelle que l'avocat Mohammed Abbou est emprisonné depuis mars 2005 pour avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un article dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib (consulter des alertes de l'IFEX du 5 mars 2007, 8 décembre, 8 mai, 26 et 21 avril, 15, 6 et 2 mars et 28 février 2006, entre autres).

Pour tout renseignement complémentaire veuillez contacter Hajar Smouni,
RSF, 5, rue Geoffroy Marie, Paris 75009, France, tél: +33 1 44 83 84 84,
téléc: +33 1 45 23 11 51, courrier électronique: moyen-orient@rsf.org,
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Des médias français censurés pour avoir publié des tribunes du journaliste Taoufik Ben Brik



Une édition du quotidien Le Monde, ainsi que deux numéros de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion en Tunisie. Le site du quotidien Libération est, quant à lui, bloqué depuis le 21 février 2007. Ces trois journaux français ont publié des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, très critiques envers le président Zine el-Abidine Ben Ali.

“Après trois ans de silence, Taoufik Ben Brik s’est remis à écrire et, visiblement, cela n’est pas du goût des autorités tunisiennes. Aucun de ses articles n’a pu être diffusé dans le pays. Il faut dire que le régime du président Ben Ali est passé maître dans l’art de filtrer l’information et d’empêcher la circulation de toute critique à son égard”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le Monde en date du 23 février 2007 n’a pas été distribué en Tunisie. Son supplément du vendredi contenait un article de Taoufik Ben Brik, intitulé “Qui écrit encore à Tunis ?”. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, douze éditions du quotidien français ont été censurées en 2006, dans la majorité des cas parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie. Depuis le début de l’année 2007, la distribution du Monde est très irrégulière. Trois éditions ont été censurées en une semaine au cours du mois de février. L’une d’entre elles comportait notamment un entretien avec Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH).

Par ailleurs, les éditions des 8 et 21 février 2007 de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens. Là également, on y trouvait des articles du journaliste, intitulés “Tunis carbure à l’optipessimisme” et “Basta !”.

Enfin, le 21 février, le quotidien Libération a aussi ouvert ses colonnes au journaliste qui a présenté un portrait acerbe du président tunisien dans un article intitulé “En 2009 je « vote » pour Ben Ali”. Conséquence : le site Internet de Libération est bloqué depuis ce jour. Il en est de même pour leblogmedias.com, un blog sur l’actualité des médias publié par Reporters sans frontières et la revue Médias, censuré depuis que Taoufik Ben Brik y tient une chronique régulière.

Plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné. Le quotidien Libération a été interdit de diffusion pour la première fois en 1992. Les autorités ont également pris l’habitude d’autoriser la distibution d’un nombre très faible d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure.

(Source: le site de « Reporters Sans Frontières », le 27 février 2007)
Lien : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21114


Reporters sans frontières

31 décembre 2006

LIBERTE DE LA PRESSE : L'ANNEE 2006 EN CHIFFRES


81 journalistes tués : l'année la plus meurtrière depuis 1994
56 journalistes enlevés, principalement en Irak et dans la bande de Gaza
En 2006 :
- 81 journalistes tués
- 32 collaborateurs des médias tués
- au moins 871 interpellés
- au moins 1 472 agressés ou menacés
- au moins 912 médias censurés
- au moins 56 journalistes enlevés

A titre de comparaison, en 2005 :
- 63 journalistes tués
- 5 collaborateurs des médias tués
- au moins 807 interpellés
- au moins 1 308 agressés ou menacés
- au moins 1 006 médias censurés


L'année la plus meurtrière depuis 1994

En 2006, au moins 81 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier ou pour avoir exprimé leurs opinions, dans vingt et un pays. Il faut remonter à 1994 pour trouver un chiffre plus élevé. Cette année-là, 103 journalistes avaient trouvé la mort dont près de la moitié pendant le génocide au Rwanda, près d'une vingtaine en Algérie, victimes de la guerre civile, et une dizaine en ex-Yougoslavie.

Trente-deux collaborateurs des médias ("fixeurs", chauffeurs, traducteurs, techniciens, agents de sécurité, etc.) ont également été tués en 2006, contre cinq l'an passé.

A la différence d'autres organisations, Reporters sans frontières ne prend en compte que les professionnels des médias dont elle est certaine que leur mort est liée à leur devoir d'informer. Plusieurs dizaines d'autres cas n'ont pas été comptabilisés, car ils sont encore en investigation ou ont été écartés, car ils ne relèvent pas du domaine de la liberté de la presse.
Pour la quatrième année consécutive, l'Irak reste le pays le plus dangereux au monde pour les professionnels des médias : 64 d'entre eux (journalistes et collaborateurs) y ont trouvé la mort en 2006. Au total, depuis le début de la guerre, 139 journalistes ont été tués en Irak, soit plus du double du nombre de journalistes tués pendant les vingt années de la guerre du Viêt-nam (63 tués entre 1955 et 1975). Dans près de 90 % des cas, les victimes sont des journalistes irakiens. Les enquêtes sont rarissimes et n'aboutissent jamais.
 
Deuxième au "palmarès" des Etats les plus dangereux pour les journalistes, le Mexique est devenu le pays le plus meurtrier du continent américain, devançant la Colombie. En 2006, neuf journalistes ont été tués parce qu'ils enquêtaient sur les narcotrafiquants ou couvraient des mouvements sociaux violents. Dans la région d'Oaxaca, secouée par des luttes sociales qui ont parfois dégénéré en affrontements armés, un cameraman américain, Brad Will, a été tué par balle, fin octobre. Plusieurs autres journalistes ont été blessés au cours des mêmes événements. Par ailleurs, le 9 août, le corps sans vie d'Enrique Pera Quintanilla a été retrouvé au bord d'une route, dans l'Etat de Chihuahua, dans le nord du pays. Il était le directeur du mensuel Dos Caras, una verdad (Deux visages, une vérité), spécialisé dans l'information sur les assassinats non élucidés et le trafic de drogue.

Aux Philippines, la situation n'est guère plus réjouissante. Six journalistes ont été assassinés en 2006 (sept en 2005). Fin mai, Fernando Batul, commentateur de la radio dyPR, a été tué par balles alors qu'il se rendait à son travail dans l'île de Palawan (sud-ouest de Manille). Selon les autorités, ce crime est lié aux chroniques du journaliste sur le comportement violent d'un policier. L'agent a été interpellé et devrait être jugé prochainement. Toujours dans l'archipel, les assassins de Marlene Esperat, éditorialiste et militante anti-corruption, tuée en mars 2005, ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Certes, il s'agit uniquement d'hommes de main et les commanditaires courent toujours. Mais, dans un pays où l'impunité est la règle, cette décision de justice a valeur d'exemple à suivre.

En Russie, trois journalistes ont été tués au cours de l'année (soit, au total, 21 depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000). L'assassinat, en octobre, d'Anna Politkovskaïa, reporter de l'hebdomadaire Novaia Gazeta et spécialiste de la Tchétchénie, est venu rappeler que même les journalistes les plus connus et les plus soutenus par la communauté internationale ne sont pas à l'abri de telles violences meurtrières. Une enquête est en cours. Le Kremlin, prié par les Etats démocratiques de tout faire pour identifier et sanctionner les responsables de ce crime, a mis en place une équipe de 150 enquêteurs pour mener à bien les investigations.

Chez le voisin turkmène, la situation de la liberté de la presse n'a cessé d'empirer au cours de l'année 2006. Le paroxysme de la répression engagée contre la presse indépendante a été atteint en septembre, lorsque la correspondante de Radio Free Europe, Ogoulsapar Mouradova, est morte en prison, certainement des suites des coups qu'elle aurait subis. Malgré les demandes insistantes de l'Union européenne, aucune enquête n'a été menée par les autorités turkmènes pour élucider les circonstances de la mort de la journaliste, emprisonnée depuis trois mois au moment du drame.

Au Liban, pendant la guerre avec Israël, une photographe et un technicien de télévision ont été tués par des bombardements de l'armée israélienne. Au total, une dizaine de journalistes ont été blessés au cours des affrontements, pendant l'été.

Des campagnes électorales particulièrement violentes

Plus de 1 400 cas d'agressions ou de menaces ont été recensés par Reporters sans frontières au cours de l'année 2006. Là encore, il s'agit d'un record. Ces actes violents ont été particulièrement nombreux pendant les multiples campagnes électorales de l'année 2006.

Au Bangladesh, les agressions de journalistes - déjà fréquentes en période normale - étaient quotidiennes en fin d'année, à quelques semaines d'élections législatives cruciales pour le pays. Les forces de l'ordre, mais également des sympathisants de plusieurs partis politiques, sont responsables de ces violences.
Sur le continent américain, une dizaine de pays ont connu des scrutins nationaux d'importance pendant l'année. Au Pérou, début mars, soit un mois avant l'élection présidentielle, Reporters sans frontières avait déjà recensé plus d'une dizaine de cas d'agressions contre des journalistes et autant de menaces. A Marilia, dans le sud du Brésil, les locaux d'un quotidien ont été saccagés par les partisans d'un élu local, le jour même du premier tour des élections générales.

En République démocratique du Congo, les partisans des deux principaux candidats - Joseph Kabila, le président sortant, et son rival Jean-Pierre Bemba - s'en sont régulièrement pris aux journalistes du "camp adverse". En Ouganda comme en Ethiopie, un envoyé spécial étranger a été expulsé en période électorale.
Enfin au Bélarus, quelques jours après la réélection d'Alexandre Loukachenko à la tête du pays, en mars 2006, une vague de répression s'est abattue sur les opposants et les journalistes. Une dizaine de reporters locaux et quelques envoyés spéciaux étrangers ont été agressés, dont Oleg Ulevitch, correspondant du journal Komsomolskaïa Pravda. Le reporter, de nationalité russe, a eu le nez cassé après avoir été battu par des policiers en civil.

La censure et les arrestations, des pratiques toujours abondamment utilisées

Le nombre de cas de censure a légèrement diminué : 912 cas contre 1 006 l'année précédente. En 2005, c'est au Népal que la censure avait été le plus massive. Le cessez-le-feu signé pendant l'été 2006 a permis à la presse de souffler un peu. Les journalistes emprisonnés ont été libérés et les nombreuses radios locales ont pu reprendre librement leur travail.

Cette année, c'est en Thaïlande que le plus grand nombre de cas de censures a été relevé. Au lendemain du coup d'Etat militaire, le 19 septembre 2006, plus de 300 radios communautaires ont été fermées, ainsi que plusieurs sites Internet. La situation est revenue à la normale au bout de quelques semaines.

Il est, par ailleurs, impossible de quantifier la censure en Chine, en Corée du Nord ou en Birmanie par exemple. Dans ces pays, des mesures globales ont été prises contre l'ensemble de la profession, touchant d'un seul coup plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'organes de presse.

Le Web est étroitement contrôlé dans plusieurs pays de la planète. Reporters sans frontières a rendu publique, en novembre, une liste des treize ennemis d'Internet : Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam.

Dans ces Etats, des blogueurs et des cyberdissidents ont été régulièrement emprisonnés pour s'être exprimés librement sur le Net. Des sites ont été fermés, rendus inaccessibles ou filtrés et les forums de discussion ont été épurés des messages les plus critiques.

Au total, pendant l'année 2006, près d'une trentaine de blogueurs ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs semaines, notamment en Chine, en Iran et en Syrie. L' Egypte a, pour la première fois, fait son apparition sur la liste des "ennemis d'Internet" pour sa répression de plus en plus dure à l'égard des blogueurs critiques envers le président Hosni Moubarak ou l'islam.

Au moins 871 journalistes ont été privés de leur liberté en 2006, dans le monde. Certains ont été interpellés quelques heures. D'autres ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Parmi ces derniers, les cas de Zhao Yan et de Ching Cheong, en Chine, ont suscité de fortes réactions au sein de la communauté internationale. Les deux hommes qui collaboraient à des organes de presse étrangers devraient passer respectivement trois et cinq ans en prison. Lors de leur procès en appel, la justice n'a même pas daigné organiser une audience, privant ainsi les condamnés de toute possibilité de se défendre.

Au Turkménistan, le décès, en toute fin d'année, du président à vie Separmourad Niazov pourrait mettre un terme à l'oppression qui pesait jusque-là sur les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme. Deux d'entre eux - Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khajiev - ont été condamnés, en juin, à des peines de six et sept ans de prison pour avoir aidé une journaliste étrangère qui réalisait un reportage sur leur pays.

En Birmanie, le célèbre journaliste et militant de la cause démocratique, Win Tin, a entamé sa dix-huitième année derrière les barreaux. Il a reçu le prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2006 pour son combat en faveur de la liberté d'expression.

Une inquiétude supplémentaire : les enlèvements de journalistes

Pour la première fois, Reporters sans frontières a recensé, de manière précise, le nombre de journalistes enlevés dans le monde.

Au moins 56 journalistes ont été kidnappés en 2006 dans une dizaine de pays. Les deux zones les plus risquées sont l'Irak, où dix-sept professionnels de la presse ont été enlevés depuis le début de l'année 2006, et la bande de Gaza, où six reporters ont été kidnappés. Si, dans les Territoires palestiniens, ces enlèvements se sont tous terminés par des libérations, en Irak, six professionnels des médias ont été exécutés par leurs ravisseurs.
Reporters sans frontières a rencontré, fin 2006, le chef de l'Etat irakien, Jalal Talabani, pour l'exhorter à prendre des mesures mettant fin à ces pratiques. L'organisation s'est également rendue à Gaza, pour demander au président Mahmoud Abbas et aux responsables des principales factions palestiniennes d'user de leur influence pour appeler leurs partisans et l'ensemble de la population à ne plus s'en prendre aux professionnels de la presse.

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La FIJ exprime sa « vive inquiétude » face à la mise au ban d’un journaliste en Tunisie

La Fédération Internationale des Journalistes a exprimé aujourd’hui sa vive inquiétude quant au sort du journaliste tunisien Slim Boukhdhir, qui a annoncé aujourd’hui une grève de la faim.

« Les autorités tunisiennes poussent les quelques journalistes indépendants dans leurs derniers retranchements, au prix d’une pression individuelle inconcevable » a déclaré Bertrand Ginet, responsable de Programme à la FIJ. « Ces individus font face à une campagne de harcèlement orchestrée méthodiquement et systématiquement, qui menace leur sécurité et leur intégrité physique et les empêche d’accomplir convenablement leur mission ».

Slim Boukhdhir, ancien journaliste à Akhbar El Joumhouria, et à Essarih, se voit depuis plusieurs mois contraint et forcé de vivoter au gré des piges ou en faisant des passages éclairs dans différents organes de presse. Le journaliste a été le correspondant d'Alarabya.net. Il travaille actuellement au quotidien Al Shouroukh, après un bref passage forcé par l’hebdomadaire Al Hadeth.

« J’ai été progressivement mis au ban de mon quotidien, aucun de mes articles n’ayant été publié depuis novembre 2005 ; mon salaire est gelé depuis février 2006 mais on refuse de me signifier officiellement mon licenciement » a indiqué M. Boukhdir. « Mon passeport a été confisqué et on me refuse l’attribution d’une carte de presse ».

La FIJ exprime sa profonde inquiétude quant à la réaction des autorités face à cette nouvelle grève de la faim, qui résume de manière dramatique l’évolution des pressions contre les journalistes depuis la fin du sommet mondial sur la société de l’information. Elle s’alarme des multiples pressions et menaces enregistrées contre des journalistes et leurs représentants au cours des derniers mois.

M. Boukhdir demande aujourd’hui le droit à la liberté d’expression, le droit au travail et le droit d’association.

La FIJ appelle les autorités tunisiennes à satisfaire ces demandes fondamentales et à permettre à Slim Boukhdir de reprendre son travail. Elle demande aux autorités de cesser le harcèlement continu des journalistes et de respecter les conventions internationales, et en premier lieu celles relatives à la liberté de la presse.
 

Paris le 05/04/2006
Pour plus d’information, veuillez contacter: +32 2 235 22 06
La FIJ représente plus de 500.000 journalistes dans plus de 110 pays.

 


 

Les autorités saisissent deux hebdomadaires


SOURCE: Reporters sans frontières (RSF), Paris

(RSF/IFEX) - Le 20 janvier 2006, les autorités tunisiennes ont saisi dans tous les kiosques du pays les éditions des hebdomadaires "Al Maoukif" et "Akhbar Al Joumhouria".

"Cette saisie prouve que l'abrogation du dépôt légal - utilisé auparavant comme moyen de contrôle du contenu des publications - est une mascarade. Le ministère de l'Intérieur peut saisir les journaux à tout moment. Ce qui entraîne des préjudices financiers considérables pour la presse et prouve, une fois de plus, la volonté du président Ben Ali de museler les professionnels des médias. Nous appelons les autorités tunisiennes à mettre un terme à cette pratique," a déclaré Reporters sans frontières.

"Al-Maoukif" est publié par le parti démocratique progressiste (opposition). L'hebdomadaire est vendu dans le pays et fait preuve d'une indépendance de ton qui surprend au milieu d'une presse particulièrement monotone. Sa diffusion reste cependant restreinte avec moins de 5, 000 exemplaires.

Contacté au téléphone par Reporters sans frontières, Maître Néjib Chebbi, secrétaire général du Parti démocratique progressiste et directeur de publication d'"Al Maoukif", a déclaré ne pas avoir été informé de la saisie par les autorités. Il a ajouté que l'hebdomadaire ne contenait aucune information "illégale" ou "diffamante". Maître Chebbi a également affirmé faire l'objet d'une campagne de diffamation dans la presse gouvernementale.

L'hebdomadaire "Akhbar Al Joumhouria" a été saisi pour avoir publié un article sous forme de lettre ouverte au président Ben Ali, évoquant une affaire de corruption relative à l'attribution des concessions Ford et Isuzu et dans laquelle des personnes proches du chef de l'Etat seraient impliqués.

Pour tout renseignement complémentaire veuillez contacter Lynn Tehini, RSF, 5, rue Geoffroy Marie, Paris 75009, France, tél: +33 1 44 83 84 84, téléc: +33 1 45 23 11 51, courrier électronique: moyen-orient@rsf.org, Internet: http://www.rsf.org

 

 


 

SYNDICAT DES JOURNALISTES TUNISIENS (SJT)

 

Tunis, le 12 novembre 2005

 

COMMUNIQUE

 

 

Notre confrère Christophe Boltanski, envoyé spécial du quotidien français « Libération », a été sauvagement agressé, vendredi 11 novembre, en fin de soirée en plein centre de Tunis, à 30 mètres de son lieu de résidence, l’hôtel Ariha (Jericho).

 

Quatre inconnus l’ont immobilisé à l'aide d'une bombe lacrymogène et l’ont blessé au dos avec arme blanche avant de prendre la fuite avec son sac qui contenait tous ses papiers et documents.

 

Le Syndicat des Journalistes Tunisiens (SJT) exprime sa profonde indignation et dénonce avec la plus grande fermeté cet acte odieux et inqualifiable, qui constitue une première et un précédent gravissime.

 

Au nom de tous ses adhérents, le SJT assure notre confrère Christophe Boltanski de sa solidarité agissante et lui exprime ses vifs sentiments de sympathie.

 

Il exige des autorités tunisiennes l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire sérieuse pour élucider les circonstances et arrêter les auteurs de cette inquiétante et regrettable bavure qui jette un un grave discrédit et porte un énorme préjudice à notre pays et à notre profession.

 

Pour le comité constitutif

Le secrétaire général

Mahmoud Dhaouadi

 

Peut-on être Journaliste Indépendant en Tunisie?

Patriote 2005

 

Dans un message de soutien adressé aux grévistes de la Faim, M. Aidan White, secrétaire général de la Fédération Internationale des journalistes (FIJ), écrit, en substance : « c’est un réel sentiment de désespoir qui a conduit notre confrère Lotfi Hajji à s’engager dans un mode d’action aussi drastique ».

 

Dans les pays démocratiques, la grève de la faim est, en effet, un mode d’action inhabituel dans le milieu syndical et les instances internationales spécialisés ne cautionnent pas, généralement, ce mode d’action. Si la FIJ et son secrétaire général se sont sentis dans l’obligation d’exprimer leur solidarité avec Lotfi Hajji, c’est qu’ils ont dû tenir compte de « l’exception tunisienne ».

La singularité du modèle tunisien en la matière réside, principalement, dans le fait que, selon une conception perverse et anachronique de la démocratie, le pouvoir politique en Tunisie ne se contente pas de traiter ses opposants, même ceux qui sont légalement reconnus, de traîtres et de « non patriotes », mais il considère, d’une manière quasi mécanique, que tous ceux qui réclament et revendiquent leur indépendance sont aussi des opposants, donc des traîtres et des « non patriotes ».

Qu’il s’agisse des avocats, des ingénieurs, des enseignants, des écrivains, des artistes ou des journalistes, il n’y a pas, en Tunisie, de place pour les indépendants.
Etre indépendant, en Tunisie, c’est manger et se taire, et ne pas s’occuper de la chose publique, même si votre champ d’action, comme c’est le cas pour les journalistes, est précisément la vie de la cité.

Beaucoup de professionnels, réellement indépendants, ont fini par s’exiler, au sens propre comme au figuré. Inutile de citer des noms, au risque d’en oublier quelques uns ou d’écorcher certains Ego, mai s tous les tunisiens les connaissent et mesurent, chaque jour davantage, le haut degré de cécité de ce régime débile qui fait fuir ou condamne au silence autant de compétences.

Ceux qui n’ont pas eu la chance de partir, y compris parmi les thuriféraires les plus zélés du régime, ne rêvent qu’à une chose. Saisir la première occasion pour déguerpir.

Les adhérents du Syndicat des Journalistes Tunisiens, qui sont aujourd’hui dans le collimateur du régime, sont, dans leur majorité, des journalistes indépendants qui n’aspirent à rien d’autre qu’à exercer leur métier dans la dignité et le respect des principes déontologiques. Ils ne demandent qu’à jouer leur rôle naturel dans la société. Celui d’observateurs, de médiateurs, d’agitateurs d’idées et de faiseurs d’opinion, au service de leur pays et non d’un régime politique déterminé.

Beaucoup d’entre eux sont des anciens de l’AJT. Ils ont été contraints et forcés de déserter cette prestigieuse association, au début des années 90, depuis que le parti au pouvoir, le RCD, a jeté son dévolu sur cette structure professionnelle qu’il a transformée en véritable cellule politique du parti.

L’AJT est, en effet, théoriquement, une association indépendante. Mais tous les deux ans, à l’occasion de son congrès, le parti au pouvoir organise un grand cirque électoral et sort son artillerie lourde pour s’assurer de la majorité absolue au sein du comité directeur, renforcer son emprise et perpétuer son hégémonie sur cette association.

Tous les moyens matériels et humains sont alors mobilisés et les artifices les plus ingénieux sont utilisés: réquisition de véhicules publics pour assurer des rotations ente les lieux de travail et celui du congrès, hébergement, aux frais de la princesse, des congressistes venus de