Le journaliste Slim Boukhdir entame, depuis sa prison, une nouvelle grève de la faim
La FIJ condamne la vindicative peine de prison prononcée contre un journaliste Tunisien
Le journaliste Slim Boukhdir condamné à un an de prison
IFJ Condemns Relentless Harassment of Al Jazeera Journalist in Tunis
Nouveau report du procès d’Omar Mestiri
Editor of online news website to appear in court
الاعتداء على صحفي أمام مقر الاتحاد
Un journaliste condamné en appel à un an et deux mois de prison
Des médias français censurés pour avoir publié des tribunes du journaliste Taoufik Ben Brik
La FIJ condamne le harcèlement des représentants des journalistes en Tunisie
RAPPORT ANNUEL DU SYNDICAT DES JOURNALISTES TUNISIENS ( en arabe ) 03.05.2005
RAPPORT COMPLET TMG Sept 2005 : Liberté d’expression en Tunisie : le siège s’intensifie
Reporters sans frontières
Information
14 décembre 2007
Tunisie
Le journaliste Slim Boukhdir entame,
depuis sa prison, une nouvelle grève de la faim
Reporters sans frontières dénonce les pressions exercées par l'administration
tunisienne à l'encontre du journaliste indépendant Slim Boukhdir. Condamné à un
an de prison ferme, le journaliste a entamé, le 13 décembre 2007, une nouvelle
grève de la faim.
"Une fois de plus, l'État tunisien montre son intolérance vis-à-vis des citoyens
qui ont le malheur de critiquer sa nature autoritaire. L'affaire Boukhdir prend
la forme d'un règlement de comptes entre le pouvoir et la presse libre. La
rapidité du procès et les conditions de détention du journaliste sont des
preuves de l'acharnement du régime à faire taire tous ses opposants. Nous
appelons la presse internationale à se mobiliser en faveur de Slim Boukhdir", a
déclaré l'organisation.
Incarcéré à la prison de Sfax (231 km au sud de Tunis), Slim Boukhdir a entamé
une grève de la faim pour protester contre ses conditions carcérales. Selon sa
femme, qui a pu lui rendre visite, l'administration pénitentiaire, en le
détenant dans une cellule sans lumière avec deux prisonniers de droit commun, le
surveille indirectement afin de l'empêcher de reprendre ses lectures. Contacté
par Reporters sans frontières, l'avocat du journaliste, Mohammed Abbou, a
expliqué que l'autorité judiciaire, au mépris de la loi, lui a interdit de
rendre visite à son client. L'appel du jugement n'a pas permis la libération du
journaliste. Le mandat de dépôt dont il a fait l'objet rend possible la
prolongation de sa détention.
Reporters sans frontières rappelle que la Tunisie occupe la 145e place sur les
169 pays notés dans son classement mondial de la liberté de la presse établi en
2007.
--
Hajar Smouni
North Africa & Middle-East Desk
Reporters Without Borders
47 rue Vivienne
F - 75002 Paris
Tél : + 33 1 44 83 84 78
Fax : +33 1 45 23 11 51
E-mail : moyen-orient@rsf.org
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"Don't wait to be deprived of news to stand up and fight for it"
N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre.
No espere a que le priven de la libertad de información para defenderla.
La FIJ condamne la vindicative peine de prison prononcée contre un journaliste Tunisien
La Fédération
Internationale des Journalistes (FIJ) a aujourd’hui condamné la sanction
“intolérable et vindicative” prononcée contre le journaliste tunisien Slim
Boukhdir à la suite d’une plainte portée par la police dans le cadre d’une
fouille de taxi collectif. Il s’agit de la dernière attaque ciblée de M.
Boukhdir qui a été fréquemment harcelé par les autorités tunisiennes, a déclaré
la FIJ.
« Les autorités utilisent ces plaintes pour envoyer le message à Slim ainsi qu’à
d’autres journalistes indépendants que leurs écrits les conduiront à des peines
de prison », a dit Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « Il n’a pas
expressément été accusé sur la base de ses travaux, mais il est difficile de
croire le contraire ». C’est le dernier incident d’une campagne intolérable et
vindicative menée contre lui »
M. Boukhdir a été arrêté le 26 novembre dans la ville de Sfax alors qu’il
voyageait vers Tunis dans un taxi collectif. Il a reçu une condamnation totale
d’une année de prison pour attaques verbales contre un agent et atteinte aux
bonnes mœurs ainsi qu’une petite amende pour refus de présenter ses papiers
d’identité.
La FIJ soutient son appel dans le cadre de ces plaintes et appelle le
gouvernement tunisien à cesser la persécution contre Slim Boukhdir, un
journaliste et activiste des droits de l’homme qui a été harcelé sans relâche
ces dernières années.
M. Boukhdir a été attaqué et battu par des agents de police le 3 mai, Journée
Internationale de la Liberté de la Presse, après avoir dénoncé la mort de sept
personnes dans un accident survenu lors d’un concert de la Star Academy
Tunisienne. Plus tard au mois de mai, il fut encore attaqué alors qu’il quittait
les bureaux du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT). M. Boukhdir,
constamment harcelé, a reconnu son agresseur parmi le groupe d’agents de
sécurité qui le suivent souvent.
Il y a seulement quelques semaines, il a procédé à une grève de la faim après
que les autorités ont refusé de lui remettre son passeport. Il renonça à cette
grève lorsqu’on lui a promis de le lui rendre.
Dans les derniers mois, M. Boukhdir a écrit à propos de corruption, en
particulier sur le prêt d’un montant de 1.5 million USD, accordé par le
President à un proche de son épouse pour l’ouverture d’une école spécialisée.
Ses articles ont été publiés dans le magazine américain The Nation, Tunisnews et
plusieurs autres publications et sites web.
Pour plus d’informations,
merci de contacter le + 32 2 235 2207
La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 120 pays dans le monde
Source: Fédération Internationale des journalistes : http://www.ifj.org/default.asp?Index=5570&Language=FR
Le 04.12.2007
Le journaliste Slim Boukhdir condamné à un an de prison
Reporters sans
frontières a appris avec stupeur la condamnation, le 4 décembre 2007, du
journaliste Slim Boukhdir à un an de prison pour “outrage à fonctionnaire dans
l’exercice de ses fonctions”, “atteinte aux bonnes moeurs” et “refus de
présenter ses papiers d’identité” par le tribunal cantonnal de Sakiet Ezzit dans
la banlieue de Sfax (231 km au sud de Tunis). Le journaliste est détenu depuis
son interpellation le 26 novembre.
“En Tunisie, on
emprisonne les journalistes sous des motifs souvent éloignés de leur profession
pour se prémunir de toute accusation de censure. Mais personne n’est dupe, Slim
Boukhdir paye le prix de sa liberté de ton. Banni de la presse officielle
tunisienne pour laquelle il travaillait, harcelé par les forces de l’ordre, ce
journaliste ne s’est jamais découragé et a toujours cherché à dénoncer les
atteintes aux droits de l’homme commises dans le pays du président Zine el-Abidine
Ben Ali”, a déclaré l’organisation.
“Nous lançons un appel aux représentations étrangères en Tunisie afin qu’elles
expriment ouvertement leur soutien à ce journaliste dans les plus brefs délais,
sans quoi le verdict sera confirmé en appel et Slim Boukhdir ne pourra recouvrer
sa liberté. L’espoir, né après la libération en juillet dernier de Mohammed
Abbou, d’assister à une amélioration de la situation de la liberté de la presse
en Tunisie s’est déjà évanoui”, a ajouté Reporters sans frontières.
Le 4 décembre 2007, le juge Hatem Ouarda, du tribunal cantonal de Sakiet Ezzit,
a condamné Slim Boukhdir à huit mois de prison pour “outrage à fonctionnaire
dans l’exercice de ses fonctions”, quatre mois de prison pour “atteinte aux
bonnes moeurs” et à verser cinq dinars d’amende (l’équivalent de 2,8 euros) pour
“refus de présenter ses papiers d’identité”.
Contactée par
Reporters sans frontières, l’avocate Radia Nasraoui a affirmé qu’il y avait eu
“vice de forme”. Selon Me Nasraoui, le juge n’a pas voulu écouter les arguments
de la défense et a auditionné les témoins à charge sans leur faire prêter
serment. Deux témoins ont ainsi été présentés au tribunal : un chauffeur de taxi
collectif et l’un de ses passagers.
Slim Boukhdir avait été arrêté dans la matinée du 26 novembre 2007 lors d’un
contrôle d’identité des passagers d’un taxi collectif reliant Sfax à Tunis. Le
juge en charge du dossier avait refusé de lui accorder la mise en liberté
provisoire. Le journaliste sera maintenu en détention jusqu’à la date du procès
en appel.
Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres
Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya.
Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews
et Kantara.
Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben
Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.
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Hajar Smouni
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La censure de la presse tunisienne
Un cas d’école depuis vingt ans
Le président Zine el-Abidine Ben Ali fêtera le 7 novembre 2007 son vingtième
anniversaire à la tête de la Tunisie. Les journaux proches du pouvoir, qui
constituent la grande majorité du paysage médiatique tunisien, louent, comme il
est de rigueur, le bilan du “président du changement”. La presse locale ne
retient que le développement économique et social, omettant d’évoquer les
questions des libertés civiques et des droits de l’homme, bafoués depuis vingt
ans.
Sous prétexte qu’il constitue un "rempart contre la menace islamiste", le
président Ben Ali bénéficie des faveurs de la plupart des pays occidentaux. A
l'instar de l'Union européenne dont l'accord d'association signé en 1995 avec la
Tunisie est loin d'être aussi contraignant sur la question des droits de l’homme
que ceux passés avec les pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique.
Si les premières années de son arrivée au pouvoir ont été synonymes de
"décrispation", le président Ben Ali a très vite cherché à prendre en main
l’information. Au début des années 1990, et plus particulièrement au moment de
la première guerre du Golfe, sonnera l’heure de la fin du pluralisme et de la
liberté d’expression en Tunisie. Les journaux indépendants, très actifs à la fin
de la présidence de Habib Bourguiba, ont été fermés les uns après les autres. En
vingt ans, le président Zine el-Abidine Ben Ali a placé sous tutelle tous les
contre-pouvoirs, à commencer par la presse et la justice. Au cours de cette
période, au moins 48 publications ont été visées par des mesures de censure
(saisie, suspension, fermeture, etc), pour la moitié d’entre elles, dès les six
premières années de son mandat.
Durant toutes ces années, le président Ben Ali n’a eu de cesse de faire taire
les voix dissidentes au sein de la presse comme de la société civile. Entre
séduction, intimidation et répression, le pouvoir s’est accaparé les principaux
espaces d’information, aujourd’hui gérés par l’Etat directement ou par des
proches du régime.
A l’approche de ce vingtième anniversaire, une grève de la faim, une de plus
pour défendre la liberté d’expression et d’association, a été menée par des
opposants. En Tunisie, cela semble être l’unique moyen d’être entendu par les
autorités. En 2000 le journaliste Taoufik Ben Brik, en 2002 l’avocate Radhia
Nasraoui, en 2003 le journaliste Hamadi Jebali, en 2005 les journalistes
Abdallah Zouari et Lotfi Hajji, l’avocat Mohammed Abbou et en 2006 le
journaliste Slim Boukhdir, pour n’en citer que quelques-uns, ont eu recours à
cette méthode pour lancer des appels à la communauté internationale. Le 20
septembre 2007, c’était au tour de Maya Jribi, secrétaire générale du Parti
démocratique progressiste (PDP), et de Mohamed Néjib Chebbi, directeur de
l’hebdomadaire Al-Maoukif, organe du parti, d’entamer un jeûne pour protester
contre une procédure judiciaire visant à les expulser de leurs locaux à Tunis.
Le parti d’opposition a accusé le gouvernement d’avoir poussé le propriétaire
des lieux à rompre le bail sous prétexte d’"usage abusif des locaux". Au bout de
trente jours, les deux opposants ont mis un terme à leur grève de la faim après
avoir trouvé un accord avec le propriétaire, suite à l’intervention des
autorités.
Faux-semblant de pluralisme
Al-Maoukif (Le point de vue) continuera donc de paraître, pour le moment. Cet
hebdomadaire arabophone est distribué à 10 000 exemplaires, deux fois plus qu’il
y a deux ans. Cette progression s’est faite en dépit de nombreux obstacles. Le
journal est privé de toute subvention publique. Il est, par ailleurs, boycotté
par l’ensemble des annonceurs privés, sauf un, lui-même en conflit avec les
autorités. "Nos problèmes ne sont pas seulement d’ordre financier", a expliqué à
Reporters sans frontières son rédacteur en chef Rachid Khechana. "Nous
rencontrons de nombreuses difficultés pour accéder à l’information. Les
officiels refusent de répondre à nos questions ou de nous recevoir. Il nous faut
alors trouver d’autres canaux et sources d’information." Toujours selon le
rédacteur en chef d’Al-Maoukif, “les imprimeurs et les diffuseurs de la presse
indépendante subissent d’importantes pressions - fiscales par exemple -, ce qui
les oblige à distribuer le journal avec parfois jusqu’à 48 heures de retard”.
Deux autres publications appartenant à des partis d’opposition - l’hebdomadaire
Mouwatinoun et le mensuel Attariq Aljadid – font face aux mêmes contraintes. Le
Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) a lancé l’hebdomadaire
Mouwatinoun (Citoyens) en janvier 2007, après avoir obtenu, chose extrêmement
rare, une autorisation en moins de six mois. Mustapha Ben Jaafar, le directeur
de la publication, a pourtant confié à Reporters sans frontières que le journal
souffrait d’une véritable discrimination au niveau de la distribution. “Rares
sont les kiosques qui l’exposent. Mouwatinoun est rendu invisible par la volonté
des autorités et la peur des vendeurs”, a-t-il affirmé. Ces entraves ont, bien
entendu, des conséquences financières sur le journal qui a déjà réduit sa
diffusion de 5000 à 3000 exemplaires. Ces journaux de partis ne sont pas à
l’abri de la censure et font parfois l’objet de saisies non officielles. “Il
arrive que des policiers confisquent un numéro dans tous les kiosques sans nous
prévenir ou nous donner une raison”, a expliqué Mustapha Ben Jaafar.
Les publications indépendantes continuent de faire cruellement défaut. Un grand
nombre de demandes de créations de nouveaux titres n’ont jamais abouti. Sihem
Bensedrine a déposé depuis 1999 quatre déclarations pour l’enregistrement et la
parution de l’hebdomadaire bilingue Kalima auprès du ministère de l’Intérieur.
Chaque fois, les autorités ont refusé de lui délivrer le récépissé qui seul
autorise un imprimeur à mettre un journal sous presse. Le site Internet du
journal est inaccessible dans le pays, obligeant la rédaction à le diffuser sous
forme de newsletter, envoyée par courrier électronique.
Le reste de la presse privée adopte dans son ensemble une ligne éditoriale
progouvernementale teintée de prosélytisme. Elle est devenue le principal
support des attaques orchestrées contre les opposants au régime, qu’il s’agisse
de journalistes, de grévistes, d’intellectuels ou d’hommes politiques. Les
journalistes de ces rédactions, comme ceux qui travaillent pour les médias
publics, ont pour consigne de ne traiter que les informations émanant de
l'agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP), placée sous le contrôle du
ministère de l’Intérieur. De l'aveu de l'Association des journalistes tunisiens
(AJT), "les sujets qu'il est permis de couvrir sont ceux contenus dans les
prévisions de la TAP, et la plupart du temps il s'agit d'activités officielles.
Toute initiative supplémentaire n'est pas la bienvenue".
Les journalistes de la presse officielle – les deux journaux gouvernementaux, La
Presse et El-Sahafa et les deux organes du RCD (parti du président Ben Ali) Le
Renouveau et El Houria - ne disposent d’aucune marge de man¦uvre et s’en
tiennent rigoureusement à cette directive. Ils remplissent clairement le rôle
d’outil de propagande. Parfait exemple de cette langue de bois : "En ce 20e
anniversaire du Changement que les Tunisiens, toutes catégories et tous âges
confondus, ont l’insigne fierté de célébrer, les dividendes du parcours
économique, politique et social initié et promu par le président Ben Ali se
succèdent pour nous conforter dans la conviction que l’expérience tunisienne en
matière de développement constitue, bel et bien, un modèle à suivre", pouvait-on
lire, le 4 novembre 2007, dans les colonnes de La Presse, premier quotidien
tunisien en langue française.
Le secteur de l'audiovisuel est encore plus uniforme. Les télévisions d’Etat
(Canal 7 et Canal 21) ne diffusent que des informations favorables à la
politique gouvernementale. Il existe bien quelques télévisions et radios
privées, mais elles appartiennent toutes à des personnalités proches du pouvoir.
A titre d'exemple, le ministre des Affaires étrangères est le plus gros
actionnaire de Mosaïque FM, tandis qu'Hannibal TV, inaugurée un 7 novembre, est
la propriété d'un membre de la famille de la femme du président tunisien. Une
seule chaîne de télévision privée - Al-Hiwar Attounsi (Le Dialogue tunisien) -
vient diversifier le paysage audiovisuel tunisien, mais ses retransmissions sont
limitées à une heure par jour pour des questions de moyens. Son directeur, Tahar
Ben Hassine, n’a jamais obtenu les autorisations nécessaires pour lancer la
chaîne dans son pays. Al-Hiwar Attounsi diffuse ses programmes depuis 2002 à
partir de l’Italie via satellite. "Le flou le plus total entoure les critères de
distribution des licences audiovisuelles. Les refus ne sont jamais motivés. La
décision est directement soumise à l’agrément du président Ben Ali", a déclaré
Tahar Ben Hassine à Reporters sans frontières.
Pas de traitement de faveur pour la presse étrangère
"Si vous êtes invités en Tunisie et que vous souhaitez remercier vos hôtes de
leur hospitalité, apportez-leur la dernière édition d’un journal censuré dans
leur pays." Cette phrase d’un journaliste tunisien résume le déficit
d’information de ses concitoyens, privés d’un grand nombre de publications
étrangères interdites. Le Canard enchaîné, Al Hayat, Charlie Hebdo, entre
autres, ne sont plus disponibles dans le pays. De nombreuses autres publications
sont occasionnellement interdites d'entrée sur le territoire, de manière
arbitraire, ou retardées pendant plusieurs jours à la frontière. Ces saisies ne
sont pas effectuées au hasard. Elles sont, dans la plupart des cas, liées à la
publication d'articles sur les dirigeants du pays, à commencer par le président
Ben Ali.
La chaîne de télévision qatarie Al-Jazira a, elle aussi, un lourd contentieux
avec les autorités tunisiennes. Ces dernières refusent d'accréditer son
correspondant, Lotfi Hajji, et empêchent la chaîne d’ouvrir un bureau. En
octobre 2006, la Tunisie avait même décidé de fermer son ambassade au Qatar pour
protester contre la "campagne hostile" d’Al-Jazira suite à la diffusion d'une
interview de l'opposant tunisien Moncef Marzouki.
Les journalistes étrangers ne rencontrent généralement pas de difficultés
majeures pour se rendre en Tunisie. Mais une fois sur place, ils sont soumis à
la surveillance de policiers en civil qui ne les empêchent pas de travailler
mais intimident, par leur présence même, ceux qui voudraient leur parler.
L'activité des correspondants locaux de médias étrangers est étroitement
contrôlée et parfois interdite.
Encore récemment, la journaliste Flore Dussey et son cameraman, de la Télévision
Suisse Romande (TSR), ont pu se rendre en Tunisie le 2 novembre 2007, mais il ne
leur pas été permis d’interroger la population dans le cadre de leurs
reportages. "Nous avons été constamment suivis tout au long de notre séjour dans
le pays. Nous avons demandé une autorisation de tournage à l’ATCE (Agence
tunisienne de communication extérieure) qui ne nous a pas été accordée. Au lieu
de cela, un fonctionnaire de l’agence nous a accompagnés pendant tous nos
déplacements. Notre chaperon a refusé la présence d’un collaborateur d’Al-Hiwar
Attounsi qui devait nous accompagner sur un lieu de tournage", a déclaré la
journaliste suisse à Reporters sans frontières.
Fait rare, en novembre 2005, l'envoyé spécial du quotidien Libération,
Christophe Boltanski, a reçu un coup de poignard dans le dos, sous le regard
passif de policiers. Le journaliste préparait un reportage sur la situation des
droits de l'homme en Tunisie en marge du Sommet mondial sur la société de
l’information (SMSI) organisé à Tunis par les Nations unies.
Quand les autorités jouent au chat et à la souris sur la Toile
L’Internet n’échappe pas non plus au contrôle des autorités. Les cybercafés sont
surveillés, en province les internautes doivent parfois produire une pièce
d'identité avant d'accéder à un ordinateur, et il n’est pas rare que leurs
propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites, jugés
“subversifs”, pour leur éviter des ennuis. Il est vrai que selon la loi
tunisienne, ils sont responsables des activités de leurs clients. Le régime
tunisien met ainsi à contribution les gérants de cybercafés dans sa politique de
répression et de contrôle. Pour tout téléchargement ou ajout de pièce jointe à
un e-mail, le client doit passer par le serveur central, à savoir l'ordinateur
du gérant. Par ailleurs, grâce à l’adoption en 1998 d’un Code de la poste,
toujours en vigueur, les autorités tunisiennes peuvent contrôler à tout moment
les messageries électroniques des internautes. Cette loi autorise en effet
l’interception de tout courrier pouvant "porter atteinte à l’ordre public et à
la sécurité nationale". Le ministère de la Communication opère ainsi une
surveillance méticuleuse des informations qui s’échangent sur la Toile.
Les blogueurs et les responsables des sites indépendants n’échappent pas aux
sanctions. L’avocat Mohammed Abbou a passé 28 mois en prison pour ses écrits
publiés sur des sites d’opposition. Depuis sa sortie de prison, le 24 juillet
2007, l’avocat s’est vu interdire, à deux reprises, de quitter le territoire
tunisien. Dans l’un des cas, il devait se rendre à Londres pour enregistrer une
émission sur les droits de l’homme.
Comme ceux de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et médias
étrangers, le site Internet de Reporters sans frontières n’est pas accessible en
Tunisie. Les autorités bloquent et débloquent régulièrement l'accès à certains
sites afin de se prémunir d'accusations de censure. Les connexions privées de
certains journalistes et opposants sont coupées pour "des problèmes techniques"
ou alors, leur débit est diminué afin d'augmenter le temps de téléchargement des
pages Internet et réduire ainsi leur possibilité de consulter des sites. S’il
existe aujourd’hui en Tunisie près d’une douzaine de fournisseurs privés d’accès
Internet, l’opérateur Planet.tn, propriété de l’une des filles du président Ben
Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché.
Au pouvoir depuis 1987, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est
considéré par Reporters sans frontières comme l’un des 34 prédateurs de la
liberté de la presse dans le monde. La Tunisie occupe la 145e place sur 169 du
classement mondial de la liberté de la presse, établi par Reporters sans
frontières en octobre 2007.
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IFJ Condemns Relentless Harassment of Al Jazeera Journalist in Tunis
The International Federation of Journalists today condemned the relentless
harassment of Al Jazeera correspondent Lotfi Hajji who has been physically
intimidated on five occasions in the past week.
"Lotfi Hajji has been singled out by the authorities determined to bully and
intimidate him for his journalism," said Aidan White, IFJ General Secretary. "It
is unacceptable treatment and must cease immediately."
Hajji has been denied access to report on the hunger strikes taking place in the
offices of the Progressive Democratic Party following the decision to close the
party. The latest incident occurred yesterday, 2nd October. Hajji explained to
IFJ representatives that plainclothes officers insulted and threatened him as
they physically removed him from the building.
Lotfi Hajji has been refused a press card and prevented from establishing an Al
Jazeera office in Tunisia. He is also the President of the Syndicat des
Journalistes Tunisiens (SJT) affiliated to the IFJ. The SJT has also been
waiting for almost a year for authorisation to hold its congress within the UGTT,
the Tunisian National Trade Union Centre.
For more information contact the IFJ at + 322 235 22 00
The IFJ represents over 600,000 journalists in 114 countries worldwide
Nouveau report du procès d’Omar Mestiri, directeur de Kalima :
Reporters sans frontières dénonce l’instrumentalisation de la justice
« Le procès d’Omar Mestiri est en train de se transformer en mascarade après ce
nouveau report. La défense a été convoquée à 9 heures du matin, mais l’audience
s’est ouverte 17 heures et n’a duré que quelques minutes. Les avocats du
plaignant n’ont eu à fournir aucune information pour obtenir du magistrat ce
report inattendu.Ce procès est une nouvelle preuve que les autorités tunisiennes
instrumentalisent la justice pour punir une publication indépendante. Nos
craintes sont d’autant plus vives que cette affaire a été confiée au juge qui a
condamné Maître Mohammed Abou en 2004 dans les conditions d’impartialité que
l’on connaît», a déclaré Reporters sans frontières, dont une représentante était
présente à l’audience.
Le tribunal correctionnel de première instance de Tunis a décidé, le 16 août
2007, de reporter le procès du directeur de publication du journal en ligne
Kalima, Omar Mestiri, au 28 août, à la demande des avocats du plaignant.A la
sortie du tribunal, la tension était vive entre les avocats du journaliste et du
plaignant.
Le 2 août, le procès avait été reporté une première fois au 16 août, à la
demande de l’avocat du plaignant.
Les avocats de la défense dénoncent les vices de procédure qui ont entaché les
poursuites judiciaires contre Omar Mestiri. Ils remettent en cause la légitimité
même de la plainte. Selon eux, le délai de prescription légale pour toute
plainte en diffamation contre la presse ne doit pas dépasser trois mois de la
date de parution de l’article. Les avocats ont ajouté que la plainte aurait dû
être jugée irrecevable car le site Internet Kalima n’est pas accessible en
Tunisie, après avoir été bloqué en 2000.
Selon Sihem Bensedrine, journaliste à Kalima, les observateurs tunisiens et
internationaux n’avaient pas été autorisés à entrer dans la salle lors de la
première audience, précisant que la publicité d’un débat est l’un des critères
d’un procès équitable.
Une plainte en « diffamation » a été déposée en mars 2007 par Mohammed Baccar,
en raison d’un article, publié le 5 septembre 2006, dans lequel Omar Mestiri a
dénoncé la réhabilitation de cet avocat tunisien qui avait été, dans le passé,
radié du barreau de Tunis, pour « faux et escroqueries ».
Omar Mestiri est le directeur de rédaction de Kalima depuis 2004. Ce journal,
qui n’a pas été autorisé à paraître en Tunisie, existe en version électronique
depuis 2000. Le site est hébergé en France.
Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben
Ali, au pouvoir depuis 1987, est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la
presse. En outre, la politique du régime envers la circulation de l’information
sur Internet est l’une de plus liberticides de la planète, ce qui lui vaut
d’être classé parmi "les ennemis d’Internet" par l’organisation, aux côtés de
douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée du Nord.
Reporters sans frontières - Communiqué de presse / Press Release
Jeudi 16 août 2007
Les membres de l'IFEX-TMG appellent à l'abandon des charges pesant contre le journaliste Omar Mestiri
SOURCE: Le Groupe d'observation de la Tunisie au sein de l'IFEX (IFEX TMG)
- 15 Août 2007
**Mise à jour d'une alerte de l'IFEX du 2 avril
2007**
(IFEX-TMG) - Ci-dessous, une déclaration commune des membres de l'IFEX-TMG:
A la veille du procès du journaliste tunisien Omar Mestiri qui aura lieu le
jeudi 16 août 2007 à Tunis, les membres du Groupe de l'IFEX (l'Échange
international de la liberté d'expression) chargé de l'observation de la Tunisie
(TMG) appellent à l'abandon des charges qui pèsent contre lui et à la fin des
violations du droit à la liberté d'expression. Mestiri, rédacteur en chef du
magazine en ligne "Kalima", est poursuivi pour diffamation. Les charges qui
pèsent contre lui pourraient le conduire à une peine de prison de 3 ans.
Le Président du TMG, Carl-Morten Iversen, déclare: "Ce procès politique agit
comme une piqûre de rappel en ce sens que les autorités tunisiennes semblent
déterminées à continuer d'avoir recours à la police et aux tribunaux afin de
harceler et de faire taire les journalistes et les démocrates".
La libération, le 24 juillet dernier, de l'avocat et activiste des droits de
l'Homme Mohamed Abbou et d'une vingtaine d'autres prisonniers politiques a été
bien accueillie par les membres du TMG. Malheureusement, alors que les
violations constantes persistent, ces libérations ne peuvent pas être vues comme
une étape franchie par le gouvernement tunisien dans la bonne direction, celle
qui viserait à mettre un terme aux attaques visant les libertés d'expression et
d'association.
Des centaines de Tunisiens restent en prison suite à des procès injustes et
politiques ayant suscité au cours des années écoulées des protestations de la
part d'organisations nationales et internationales des droits humains. Par
ailleurs, on refuse toujours le droit aux ex-prisonniers politiques de gagner
leur vie. La liberté de mouvement de ces derniers est, de plus, sévèrement
contrôlée. L'un des cas les plus remarquables est celui d'Abdallah Zouari,
ex-reporter de l'hebdomadaire islamiste "Al Fajr", aujourd'hui défunt. Zouari a
passé 11 ans en prison et plus de cinq années en résidence surveillée à
pratiquement 500 kilomètres de sa femme et de ses enfants. En juin dernier, le
Ministère de l'intérieur a prolongé de 26 mois le bannissement arbitraire et la
surveillance policière constante de Zouari dans les environs de la ville de
Zarzis.
Les membres de l'IFEX-TMG sont satisfaits du fait que Me Abbou, depuis sa
libération, ait été en mesure de donner des interviews aux journalistes et de
parler librement de sa détermination à continuer à exercer son droit à la libre
expression et son droit de critiquer le gouvernement. Nous appelons le
gouvernement tunisien à poursuivre dans la voie du non harcèlement de Me Abbou
et de sa famille.
D'une certaine manière, le cas de Mestiri est similaire à celui de Me Abbou. En
effet, les deux ont été poursuivis pour des articles critiques postés en ligne
sur des sites web bloqués par les autorités tunisiennes. Et dans les deux cas,
les poursuites reposent sur des plaintes déposées par des avocats proches des
autorités. Nous avons cru comprendre que les avocats de Mestiri avaient demandé
à la cour le 2 août dernier le report du procès en raison des vacances de
l'année judiciaire ordinaire qui durent jusqu'à la mi-septembre. Les membres de
l'IFEX-TMG remettent en question la validité d'un procès basé sur des
accusations apparemment dénuées de tout fondement.
Le procès de Mestiri a été intenté par un avocat connu du nom de Mohammed Baccar.
Ce dernier a déjà été une fois rayé du barreau tunisien après avoir été reconnu
coupable de fraude et d'usage de faux. Baccar a poursuivi Mestiri en justice
suite à un article de "Kalima" en date du 5 septembre 2006 critiquant la
décision du barreau tunisien de le réintégrer.
Les membres de l'IFEX-TMG réitèrent leur appel au Président Ben Ali, au moment
ou le pays célèbre le cinquantième anniversaire de la République Tunisienne afin
qu'il améliore le bilan de la Tunisie en matière de liberté d'expression de
manière à ce qu'il soit conforme à ses engagements en tant que signataire du
Pacte international sur les droits civils et politiques.
L'article 19 de ce pacte garantit la liberté d'expression.
Signataires
Les membres de l'IFEX-TMG:
Réseau d'information arabe des droits de l'Homme (HRinfo), Egypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Organisation égyptienne pour les droits de l'Homme (EOHR), Egypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques
(IFLA), Pays-Bas
International Press Institute (IPI), Autriche
Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
Journalistes en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
Centre PEN norvégien, Norvège
Association mondiale des radio-diffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Association mondiale des journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), Etats-Unis
Comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), Royaume-Uni
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter le Président du
TMG, Carl Morten Iversen, Centre PEN norvégien, tél: +47 2247 9220 courrier
électronique: cmivers@online.no, pen@norskpen.no, Internet:
http://campaigns.ifex.org/tmg/fr
L'IFEX-TMG est responsable de toute information contenue dans cette action
commune. En citant cette information, prière de bien vouloir l'attribuer à
l'IFEX-TMG.
_____________________________________________________________
DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,
L'ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407
Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada
tél: +1 416 515 9622 téléc: +1 416 515 7879
courrier électronique: alerts@ifex.org boîte générale: ifex@ifex.org
site Internet: http://www.ifex.org/
Editor of online news website to appear in court
Reporters Without Borders today criticised as
“groundless” charges of libel against Omar Mestiri, editor of the online news
website Kalima, who is due to appear in a Tunis court tomorrow (2 August) in a
lawsuit filed by pro-government lawyer Mohammed Baccar.
“The charges are invalid because the article in question cannot be read online
inside Tunisia as the website is censored by the authorities,” the worldwide
press freedom organisation said. “However, the 18-month prison sentence passed
in April 2005 on human rights activist Mohammed Abbou for an article posted on
the website Tunisnews shows that such a charge can be severely punished, so we
are very concerned about this latest case.”
Mestiri is charged under articles 42, 50, 51, 53, 72 and 78 of the press law for
publishing an article on 5 September last year expressing surprise at the
rehabilitation of Baccar, who was struck off by the national bar council in 2003
after being convicted on several counts of fraud. The journalist was summoned by
the state prosecutor’s office on 29 March this year for questioning about his
source for saying Baccar had been rehabilitated. The facts were not contested.
Mestiri told Reporters Without Borders that his trial had been scheduled even
though the courts were in summer recess and that he faced six months in prison
if convicted.
Kalima has been sued and legally hounded before. The Tunis appeals court on 28
February 2004 upheld an eight-month suspended prison sentence and 1,200 dinars
(€800) fine imposed on reporter Om Zied (under her real name of Neziha Rejiba)
for violating customs and currency exchange laws. Her lawyers denounced the
trial as politically-motivated and boycotted the proceedings.
Access to Kalima offices and the National Council for Liberties in Tunisia (CNLT)
was blocked for nearly six weeks in May this year by a large number of police.
Tunisia’s president for the past 20 years, Zine el-Abidine Ben Ali, is on the
Reporters Without Borders worldwide list of 34 “predators of press freedom.” The
government is one of the most repressive towards the free flow of online
information and the organisation has classified it as an “enemy of the
Internet,” along with 12 other countries, such as Belarus and North Korea.
Reporters sans frontières
Communiqué
1er août 2007
TUNISIE
Le directeur de publication de Kalima devant les tribunaux
Le directeur de publication du journal en ligne Kalima, Omar Mestiri, doit
comparaitre le 2 août 2007 devant le tribunal correctionnel de première instance
de Tunis, suite à une plainte pour "diffamation" déposée par Mohammed Baccar, un
avocat proche du pouvoir.
"La plainté formulée contre Omar Mestiri est sans fondement puisque l'accès à
l'article incriminé est impossible en Tunisie, le site du journal Kalima étant
filtré par les autorités. Cependant, la condamnation de Mohammed Abbou, en avril
2005, à un an et demi de prison, pour un article publié sur le site Tunisnews, a
prouvé qu'une telle plainte pouvait entraîner une lourde peine. Ce qui nous
incite à prendre cette affaire très au sérieux", a déclaré Reporters sans
frontières.
Omar Mestiri est poursuivit, en vertu des articles 42, 50, 51, 53, 72 et 78 du
code de la presse, pour la publication d'un texte, le 5 septembre 2006, dans
lequel il s'étonnait de la réhabilitation de Mohammed Baccar, un avocat radié du
Conseil de l'ordre en 2003, après avoir été condamné à plusieurs reprises pour
"faux et escroquerie". Le journaliste a été convoqué par le substitut du
procureur de la République, le 29 mars 2007, pour être interrogé sur la source
qui l’avait informé de cette réhabilitation. La véracité des faits n'a pas été
contestée.
Joint par Reporters sans frontières, Omar Mestiri a dénoncé le "caractère
exceptionnel" de son procès maintenu malgré la fermeture estivale des tribunaux.
Le journaliste a précisé qu'il encourrait six mois de prison.
Ce n'est pas la première fois que les journalistes du magazine Kalima font
l'objet de poursuites judiciaires et de tentatives d'intimidation. Le 28 février
2004, la cour d’appel de Tunis avait confirmé la condamnation en première
instance de la journaliste Om Zied, de son vrai nom Néziha Réjiba, à huit mois
de prison avec sursis et à une amende de 1 200 dinars tunisiens (environ 800
euros), pour infraction à la législation du change et du code de la douane. Ses
avocats avaient alors dénoncé le caractère politique du procès, auquel ils
avaient refusé de participer.
En mai 2007, l'accès aux locaux du magazine ainsi qu'à ceux du Conseil national
pour les libertés en Tunisie (CNLT) avait été bloqué pendant près de six
semaines par un important dispositif d'agents de police.
Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, est
considéré par Reporters sans frontières comme l'un des 34 prédateurs de la
liberté de la presse dans le monde. En outre, la politique du régime envers la
circulation de l'information sur Internet est l'une de plus liberticides de la
planète, ce qui lui vaut d'être classé parmi "les ennemis d'Internet" par
l'organisation, aux côtés de douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée
du Nord.
North Africa & Middle-East Desk
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عودة الميليشيات إلى اتحاد الشغل
الاعتداء على صحفي أمام مقر الاتحاد
ذلك ما تعرضت له صبيحة يوم السبت 28 جويلية 2007 في البهو الخارجي للمقر المركزي للاتحاد الشغل في نهج محمد علي بالعاصمة .فعند وصولي الى مبني الاتحاد لتغطية الندوة الصحفية المتعلقة بموضوع تجريد مجموعة النقابيين من مهامهم النقابية هاجمني عدد من حراس المبنى وأعوان الاستقبال ممن تعودوا على الاعتداء على بعض العمال أثناء تحركانهم وأنطلقو في دفعي وسبي ولطمي أمام أعين بعض النقابيين الذين لم يحركوا ساكنا ورغم الكلام المهين الذي تلقيته من هذه" الميليشيا النقابية"الذين تمادوا في توجيه الإهانة لي ولكل الصحفيين غير النضاميين ، طلبت تفسيرا من الأعوان الذين أجابو بكل فظاظة ورقاعة أن منعي جاء وفقا لتعليمات تلقوها من المركزية النقابية على خلفية تغطية قناة الحوارالتونسي لتحركات العمال وتدخلاهم التي تستنكر دائما تواطؤ المركزية مع السلطات ، هذا ولم يتورع أحد أفراد" العصابة النقابية" على القول لي وهو يدفعني بكل عنجهية:"باش تذبحنا باللي صورتوالمرة اللي فاتت على المعلمين...؟في أشارة إلى تغطيتنا لتجمع المعلمين الاحتجاجي نتيجة تلاعب الوزارة بحركات النقل
ومن المفارقات العجيبة أن هذا الاعتداء الهمجي المتخلف يأتي في الوقت الذي يسعى فيه اتحاد الشغل إلى احتضان نقابة للصحفيين ، فإذا كان حراس المنظمة يتصرفون بهذا الهمج الأمني فما موقف الهياكل العليا للاتحاد..؟. كما يأتي هذا الاعتداء بعد يوم من تصريح السيد محمد سعد عضو المكتب التنفيذي لاتحاد الشغل خلال الجلسة الافتتاحية لمؤتمر التجديد بأن :"الاتحاد متمسك بمساندته اللا مشروطة لحرية الإعلام والصحافة"..وحتما وقفت اليوم على حقيقة شعارات المركزية النقابية..ويجدر القول أن ذهابي لتغطية الندوة الصحفية جاء تلبية لاستدعاء رسمي وجه للقناة من طرف كاتب عام لأحد نقابات التعليم الذي علق بالقول بعد أن رويت له الحادثة:"الله غالب هاذيكا بلادنا " ..بلد الأمن والأمان والقانون والمؤسسات..
ورغم كل ما حدث وما سيحدث فان لا شيء يمكن أن يثني أي صحفي حر في قناة الحوار التونسي وغيرها من المنابر الإعلامية الحرة علي القيام بمهامه في كشف الحقيقة وفضح فساد المفسدين...
ايمن الرزقي
قناة الحوار التونسي
الكلمة الحرة قوام الوطن الحر
Reporters sans frontières
15 mai 2007 TUNISIE
Violences répétées
contre le journaliste Slim Boukhdir
Le journaliste Slim Boukhdir a été agressé à plusieurs reprises dans les rues de
Tunis après avoir dénoncé, dans des articles de presse, la responsabilité d’un
proche du président Zine el-Abidine Ben Ali dans la bousculade qui a causé la
mort de plusieurs adolescents lors d’un concert des artistes de la Star Académie
libanaise.
“Slim Boukhdir fait partie d’un groupe restreint de journalistes et militants
des droits de l’homme qui n’ont pas baissé les bras et qui continuent de lutter
au quotidien pour les libertés civiques en Tunisie. Des policiers en civil le
guettent devant son domicile et le suivent dans chacun de ses déplacements”, a
déclaré Reporters sans frontières.
Le 3 mai 2007, Journée internationale de la liberté de la presse, Slim Boukhdir
a été agressé devant l’immeuble qui abrite le bureau de l’avocate Radia Nasraoui
à Tunis. Des policiers en civil ont barré la route du journaliste et s’en sont
pris à lui, le frappant à coups de pied, tout en le traitant de “traître” et
d’”espion”. Le 15 mai, Slim Boukhdir est de nouveau agressé à la sortie d’un
cybercafé par un individu qu’il avait précédemment vu en compagnie des agents
chargés de sa surveillance. Il a pu trouver refuge dans les locaux de
l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques située non
loin des lieux de l’agression.
Selon Slim Boukhdir, ces agressions seraient liées à des articles qu’il aurait
publiés sur la tragédie de Sfax (270 km au sud de Tunis). Sept personnes ont
trouvé la mort le 30 avril 2007 lors d’un concert de la version libanaise de la
Star Académie. Il a dénoncé dans ses écrits la négligence de l’organisateur du
concert, un membre de la famille de Leïla Ben Ali, la femme du Président. Ce
journaliste est victime d’un harcèlement constant. Il avait été bousculé en
décembre 2006, en compagnie de Samia Abbou, Moncef Marzouki et Samir Ben Amar
alors qu’ils tentaient de se rendre à la prison du Kef où est actuellement
détenu l’avocat Mohammed Abbou.
Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben
Ali est l’un des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.
--
Maghreb & Middle-East Desk
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Un journaliste condamné en appel à un an et
deux mois de prison
SOURCE: Reporters sans frontières (RSF), Paris
**Mise à jour d'une alerte de l'IFEX du 4 décembre 2006**
(RSF/IFEX) - Le journaliste Mohamed Fourati a été condamné, le 9 mars 2007, à un
an et deux mois de prison par une cour d'appel de Gafsa (400km au sud de Tunis).
Il avait publié, en 2002, dans le journal en ligne Aqlma, un article qui
prouverait son appartenance au mouvement d'opposition An Nahda, ainsi qu'un
autre concernant une collecte de fonds destinés à la famille d'un prisonnier
politique.
"L'acharnement de la justice et des autorités à l'encontre de Mohamed Fourati
démontre leur volonté de faire taire les voix dissidentes. Le gouvernement
tunisien n'accepte aucune contestation, que ce soit dans la presse
traditionnelle ou sur Internet. Le cas du cyberdissident Mohammed Abbou,
emprisonné depuis mars 2005 pour des textes critiques envers le Président
publiés sur la Toile, est là pour nous le rappeler", a déclaré l'organisation.
En 2002, Mohamed Fourati avait été accusé d'entretenir des liens avec une
cellule d'aide aux familles de prisonniers politiques. Il avait publié un
article sur une collecte de fonds au profit de la famille de l'un d'eux,
d'Abdelhamid Louhichi, sur Aqlma online, une revue électronique traitant du
Maghreb.
Depuis 2002, la cour d'appel de Gafsa a prononcé à deux reprises un non-lieu en
faveur de Mohamed Fourati. Mais le ministère public, insatisfait de cette
décision, s'est pourvu en cassation et a obtenu que le
journaliste soit rejugé par une cour d'appel. C'est suite à cet ultime recours
que Mohamed Fourati a été condamné le 9 mars dernier.
Mohamed Fourati ne pourra pas être incarcéré car il réside actuellement au Qatar
où il travaille pour le quotidien "Al-Sharq". Toutefois, les autorités
tunisiennes refusent que sa femme quitte le pays pour le rejoindre.
Il a été le correspondant à Tunis de l'agence de presse Quds Press
International, basée à Londres. Il est également secrétaire de rédaction du
journal "Al-Mawqif", organe de presse du Parti démocratique progressiste. Il
est, par ailleurs, membre de l'Observatoire national de la liberté de la presse
et du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), non reconnu par les autorités.
Reporters sans frontières rappelle que l'avocat Mohammed Abbou est emprisonné
depuis mars 2005 pour avoir publié sur le site Tunisnews, en août 2004, un
article dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers
politiques en Tunisie aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib
(consulter des alertes de l'IFEX du 5 mars 2007, 8 décembre, 8 mai, 26 et 21
avril, 15, 6 et 2 mars et 28 février 2006, entre autres).
Pour tout renseignement complémentaire veuillez contacter Hajar Smouni,
RSF, 5, rue Geoffroy Marie, Paris 75009, France, tél: +33 1 44 83 84 84,
téléc: +33 1 45 23 11 51, courrier électronique:
moyen-orient@rsf.org,
Internet:
http://www.rsf.org
RSF est responsable de toute information contenue dans cette mise à jour.
En citant cette information, prière de bien vouloir l'attribuer à RSF.
Des médias français censurés pour avoir publié des tribunes du journaliste Taoufik Ben Brik
Une édition du quotidien Le Monde, ainsi que deux numéros de l’hebdomadaire Le
Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion en Tunisie. Le site
du quotidien Libération est, quant à lui, bloqué depuis le 21 février 2007. Ces
trois journaux français ont publié des articles du journaliste tunisien Taoufik
Ben Brik, très critiques envers le président Zine el-Abidine Ben Ali.
“Après trois ans de silence, Taoufik Ben Brik s’est remis à écrire et,
visiblement, cela n’est pas du goût des autorités tunisiennes. Aucun de ses
articles n’a pu être diffusé dans le pays. Il faut dire que le régime du
président Ben Ali est passé maître dans l’art de filtrer l’information et
d’empêcher la circulation de toute critique à son égard”, a déclaré Reporters
sans frontières.
Le Monde en date du 23 février 2007 n’a pas été distribué en Tunisie. Son
supplément du vendredi contenait un article de Taoufik Ben Brik, intitulé “Qui
écrit encore à Tunis ?”. Selon les informations recueillies par Reporters sans
frontières, douze éditions du quotidien français ont été censurées en 2006, dans
la majorité des cas parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie.
Depuis le début de l’année 2007, la distribution du Monde est très irrégulière.
Trois éditions ont été censurées en une semaine au cours du mois de février.
L’une d’entre elles comportait notamment un entretien avec Mokhtar Trifi,
président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH).
Par ailleurs, les éditions des 8 et 21 février 2007 de l’hebdomadaire français
Le Nouvel Observateur ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens. Là
également, on y trouvait des articles du journaliste, intitulés “Tunis carbure à
l’optipessimisme” et “Basta !”.
Enfin, le 21 février, le quotidien Libération a aussi ouvert ses colonnes au
journaliste qui a présenté un portrait acerbe du président tunisien dans un
article intitulé “En 2009 je « vote » pour Ben Ali”. Conséquence : le site
Internet de Libération est bloqué depuis ce jour. Il en est de même pour
leblogmedias.com, un blog sur l’actualité des médias publié par Reporters sans
frontières et la revue Médias, censuré depuis que Taoufik Ben Brik y tient une
chronique régulière.
Plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont
les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné. Le quotidien Libération a
été interdit de diffusion pour la première fois en 1992. Les autorités ont
également pris l’habitude d’autoriser la distibution d’un nombre très faible
d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure.
(Source: le site de « Reporters Sans Frontières », le 27 février 2007)
Lien :
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21114
Reporters sans frontières
31 décembre 2006
La FIJ exprime sa « vive
inquiétude » face à la mise au ban d’un journaliste en Tunisie
La Fédération Internationale des Journalistes a exprimé aujourd’hui sa vive
inquiétude quant au sort du journaliste tunisien Slim Boukhdhir, qui a annoncé
aujourd’hui une grève de la faim.
« Les autorités tunisiennes poussent les quelques journalistes indépendants dans
leurs derniers retranchements, au prix d’une pression individuelle inconcevable
» a déclaré Bertrand Ginet, responsable de Programme à la FIJ. « Ces individus
font face à une campagne de harcèlement orchestrée méthodiquement et
systématiquement, qui menace leur sécurité et leur intégrité physique et les
empêche d’accomplir convenablement leur mission ».
Slim Boukhdhir, ancien journaliste à Akhbar El Joumhouria, et à Essarih, se voit
depuis plusieurs mois contraint et forcé de vivoter au gré des piges ou en
faisant des passages éclairs dans différents organes de presse. Le journaliste a
été le correspondant d'Alarabya.net. Il travaille actuellement au quotidien Al
Shouroukh, après un bref passage forcé par l’hebdomadaire Al Hadeth.
« J’ai été progressivement mis au ban de mon quotidien, aucun de mes articles
n’ayant été publié depuis novembre 2005 ; mon salaire est gelé depuis février
2006 mais on refuse de me signifier officiellement mon licenciement » a indiqué
M. Boukhdir. « Mon passeport a été confisqué et on me refuse l’attribution d’une
carte de presse ».
La FIJ exprime sa profonde inquiétude quant à la réaction des autorités face à
cette nouvelle grève de la faim, qui résume de manière dramatique l’évolution
des pressions contre les journalistes depuis la fin du sommet mondial sur la
société de l’information. Elle s’alarme des multiples pressions et menaces
enregistrées contre des journalistes et leurs représentants au cours des
derniers mois.
M. Boukhdir demande aujourd’hui le droit à la liberté d’expression, le droit au
travail et le droit d’association.
La FIJ appelle les autorités tunisiennes à satisfaire ces demandes fondamentales
et à permettre à Slim Boukhdir de reprendre son travail. Elle demande aux
autorités de cesser le harcèlement continu des journalistes et de respecter les
conventions internationales, et en premier lieu celles relatives à la liberté de
la presse.
Paris le 05/04/2006
Pour plus d’information, veuillez contacter: +32 2 235 22 06
La FIJ représente plus de 500.000 journalistes dans plus de 110 pays.
Les autorités saisissent deux hebdomadaires
SOURCE: Reporters sans frontières (RSF), Paris
(RSF/IFEX) - Le 20 janvier 2006, les autorités tunisiennes ont saisi dans
tous les kiosques du pays les éditions des hebdomadaires "Al Maoukif" et "Akhbar
Al Joumhouria".
"Cette saisie prouve que l'abrogation du dépôt légal - utilisé auparavant
comme moyen de contrôle du contenu des publications - est une mascarade. Le
ministère de l'Intérieur peut saisir les journaux à tout moment. Ce qui
entraîne des préjudices financiers considérables pour la presse et prouve,
une fois de plus, la volonté du président Ben Ali de museler les
professionnels des médias. Nous appelons les autorités tunisiennes à mettre
un terme à cette pratique," a déclaré Reporters sans frontières.
"Al-Maoukif" est publié par le parti démocratique progressiste (opposition).
L'hebdomadaire est vendu dans le pays et fait preuve d'une indépendance de
ton qui surprend au milieu d'une presse particulièrement monotone. Sa
diffusion reste cependant restreinte avec moins de 5, 000 exemplaires.
Contacté au téléphone par Reporters sans frontières, Maître Néjib Chebbi,
secrétaire général du Parti démocratique progressiste et directeur de
publication d'"Al Maoukif", a déclaré ne pas avoir été informé de la saisie
par les autorités. Il a ajouté que l'hebdomadaire ne contenait aucune
information "illégale" ou "diffamante". Maître Chebbi a également affirmé
faire l'objet d'une campagne de diffamation dans la presse gouvernementale.
L'hebdomadaire "Akhbar Al Joumhouria" a été saisi pour avoir publié un
article sous forme de lettre ouverte au président Ben Ali, évoquant une
affaire de corruption relative à l'attribution des concessions Ford et Isuzu
et dans laquelle des personnes proches du chef de l'Etat seraient impliqués.
Pour tout renseignement complémentaire veuillez contacter Lynn Tehini, RSF,
5, rue Geoffroy Marie, Paris 75009, France, tél: +33 1 44 83 84 84, téléc:
+33 1 45 23 11 51, courrier électronique: moyen-orient@rsf.org, Internet:
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SYNDICAT DES JOURNALISTES TUNISIENS (SJT)
Tunis, le 12 novembre 2005
COMMUNIQUE
Notre confrère Christophe Boltanski, envoyé spécial du quotidien français « Libération », a été sauvagement agressé, vendredi 11 novembre, en fin de soirée en plein centre de Tunis, à 30 mètres de son lieu de résidence, l’hôtel Ariha (Jericho).
Quatre inconnus l’ont immobilisé à l'aide d'une bombe lacrymogène et l’ont blessé au dos avec arme blanche avant de prendre la fuite avec son sac qui contenait tous ses papiers et documents.
Le Syndicat des Journalistes Tunisiens (SJT) exprime sa profonde indignation et dénonce avec la plus grande fermeté cet acte odieux et inqualifiable, qui constitue une première et un précédent gravissime.
Au nom de tous ses adhérents, le SJT assure notre confrère Christophe Boltanski de sa solidarité agissante et lui exprime ses vifs sentiments de sympathie.
Il exige des autorités tunisiennes l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire sérieuse pour élucider les circonstances et arrêter les auteurs de cette inquiétante et regrettable bavure qui jette un un grave discrédit et porte un énorme préjudice à notre pays et à notre profession.
Pour le comité constitutif
Le secrétaire général
Peut-on être Journaliste Indépendant en Tunisie?
Patriote 2005
Dans un message de soutien adressé aux grévistes de la Faim, M. Aidan White, secrétaire général de la Fédération Internationale des journalistes (FIJ), écrit, en substance : « c’est un réel sentiment de désespoir qui a conduit notre confrère Lotfi Hajji à s’engager dans un mode d’action aussi drastique ».
Dans les pays démocratiques, la grève de la
faim est, en effet, un mode d’action inhabituel dans le milieu syndical et les
instances internationales spécialisés ne cautionnent pas, généralement, ce mode
d’action. Si la FIJ et son secrétaire général se sont sentis dans l’obligation
d’exprimer leur solidarité avec Lotfi Hajji, c’est qu’ils ont dû tenir compte de
« l’exception tunisienne ».
La singularité du modèle tunisien en la matière réside, principalement, dans le
fait que, selon une conception perverse et anachronique de la démocratie, le
pouvoir politique en Tunisie ne se contente pas de traiter ses opposants, même
ceux qui sont légalement reconnus, de traîtres et de « non patriotes », mais il
considère, d’une manière quasi mécanique, que tous ceux qui réclament et
revendiquent leur indépendance sont aussi des opposants, donc des traîtres et
des « non patriotes ».
Qu’il s’agisse des avocats, des ingénieurs, des enseignants, des écrivains, des
artistes ou des journalistes, il n’y a pas, en Tunisie, de place pour les
indépendants.
Etre indépendant, en Tunisie, c’est manger et se taire, et ne pas s’occuper de
la chose publique, même si votre champ d’action, comme c’est le cas pour les
journalistes, est précisément la vie de la cité.
Beaucoup de professionnels, réellement indépendants, ont fini par s’exiler, au
sens propre comme au figuré. Inutile de citer des noms, au risque d’en oublier
quelques uns ou d’écorcher certains Ego, mai s tous les tunisiens les
connaissent et mesurent, chaque jour davantage, le haut degré de cécité de ce
régime débile qui fait fuir ou condamne au silence autant de compétences.
Ceux qui n’ont pas eu la chance de partir, y compris parmi les thuriféraires les
plus zélés du régime, ne rêvent qu’à une chose. Saisir la première occasion pour
déguerpir.
Les adhérents du Syndicat des Journalistes Tunisiens, qui sont aujourd’hui dans
le collimateur du régime, sont, dans leur majorité, des journalistes
indépendants qui n’aspirent à rien d’autre qu’à exercer leur métier dans la
dignité et le respect des principes déontologiques. Ils ne demandent qu’à jouer
leur rôle naturel dans la société. Celui d’observateurs, de médiateurs,
d’agitateurs d’idées et de faiseurs d’opinion, au service de leur pays et non
d’un régime politique déterminé.
Beaucoup d’entre eux sont des anciens de l’AJT. Ils ont été contraints et forcés
de déserter cette prestigieuse association, au début des années 90, depuis que
le parti au pouvoir, le RCD, a jeté son dévolu sur cette structure
professionnelle qu’il a transformée en véritable cellule politique du parti.
L’AJT est, en effet, théoriquement, une association indépendante. Mais tous les
deux ans, à l’occasion de son congrès, le parti au pouvoir organise un grand
cirque électoral et sort son artillerie lourde pour s’assurer de la majorité
absolue au sein du comité directeur, renforcer son emprise et perpétuer son
hégémonie sur cette association.
Tous les moyens matériels et humains sont alors mobilisés et les artifices les
plus ingénieux sont utilisés: réquisition de véhicules publics pour assurer des
rotations ente les lieux de travail et celui du congrès, hébergement, aux frais
de la princesse, des congressistes venus de